mercredi 28 janvier 2026

7) Sur les auteurs des ouvrages de référence et les rapporteurs Chiites Imâmites

Nombreux sont les auteurs d’ouvrages de référence Chiites Imâmites ainsi que leurs rapporteurs à avoir été déclarés ou considérés comme Da’if (Faible), Majhûl (Inconnu), Kadh-dhab (Menteur), Fâssiq (Pervers) ou suivant des voies autres que celle du Chiisme Imâmite Duodécimain. Et malgré cela, leurs ouvrages et récits sont approuvés et servent de justification et d’argument ! Le Maître du groupe, Cheikh al-Tâ’ifah al-Tûssî écrit clairement :

كثيرا من مصنفي أصحابنا وأصحاب الأصول ينتحلون المذاهب الفاسدة ، وإن كانت كتبهم معتمدة
« Nombreux sont les auteurs, parmi nos compagnons ou parmi les auteurs des Ussûl (Fondements), qui suivaient des voies/écoles [madhâhib] égaré(e)s, et [pourtant] leurs ouvrages sont approuvés1. »

Plus encore, beaucoup de rapporteurs dans ces ouvrages étaient faibles ou inconnus. Al-Hurr al-’Amilî écrit :

ومن المعلوم – قطعا – أن الكتب التي أمروا عليهم السلام بها كان كثير من رواتها ضعفاء ومجاهيل وكثير منها مراسيل
« Et il est connu et dûment établi que les livres sur lesquels ils [les Imams] nous ont ordonné de nous baser [pour œuvrer], contiennent de nombreux rapporteurs faibles ou inconnus et [contiennent également] de nombreux [Hadith] interrompus (Marâssîl)2. »

Et concernant les rapporteurs considérés comme fiables, nombreux sont ceux qui rapportèrent d’après des rapporteurs menteurs, inconnus et faibles alors qu’ils connaissaient pertinemment leur condition (de menteurs). En dépit de cela, ils acceptaient leurs récits et attestaient même de leur authenticité ! Al-Hurr al-’Amilî écrit :

ومثله يأتي في رواية الثقات، الأجلاء – كأصحاب الإجماع، ونحوهم – عن الضعفاء والكذابين،  والمجاهيل، حيث يعلمون حالهم ويروون عنهم ويعملون بحديثهم ويشهدون بصحته
« Et de la même façon, pour les récits des [rapporteurs] fiables, al-Ajillâ’ comme les Gens du Consensus (Ashâb al-Ijmâ’)3 et d’autres – d’après les faibles, les menteurs et les inconnus, sachant qu’ils connaissent leur condition [de faibles, menteurs ou inconnus] et néanmoins rapportent d’eux, et œuvrent d’après les Hadith qu’ils rapportent et témoignent quand même de l’authenticité de ces Hadith4. »

Al-Charîf al-Murtadhâ fait ce triste constat et rejette tous les récits Chiites en déclarant que les récits rapportés dans les ouvrages des Gens (Ashab) du Hadith Chiites Imâmites ne peuvent pas être considérés comme étant des arguments ! Il écrit :

ودعنا من مصنفات أصحاب الحديث من أصحابنا ، فما في أولئك محتج ، ولا من يعرف الحجة ، ولا كتبهم موضوعة للاحتجاجات
« Et ne nous parle pas des ouvrages des gens du Hadith parmi nos compagnons, car aucun d’eux n’est un argumentateur (expert dans l’argumentation) ni ne connait l’argumentation, et leurs livres ne sont pas appropriés à l’argumentation5. »

Et cela sans compter le fait que l’axe de la « méthodologie » des savants Imamites dans leurs avis et opinions pour juger de la faiblesse ou la fiabilité des rapporteurs se basaient sur l’intuition et la conjecture (al-Dhânn) ! Le savant Imamite al-Wahîd al-Bahbahânî écrit :

والمدار في التعديل على ظنون المجتهد
« L’axe [pour juger] de l’agrément [d’un rapporteur] repose sur les conjectures (Dhanûn) du savant6. »

Alors que la doctrine Chiite interdit pourtant catégoriquement de juger et œuvrer sur la base de conjectures ! L’Ayatollah Al-Khô’î écrit :

قد ثبت بالأدلة الأربعة حرمة العمل بالظن
« Il a été prouvé par les quatre preuves  l’interdiction d’œuvrer par la conjecture (al-Dhann)7. »

Et d’ailleurs, c’est Allah Lui même qui interdit une telle façon de procéder :

۞يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا اجْتَنِبُوا كَثِيرًا مِنَ الظَّنِّ إِنَّ بَعْضَ الظَّنِّ إِثْمٌ۞

۞Ô vous qui avez cru, évitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché8.۞

۞وَمَا لَهُمْ بِهِ مِنْ عِلْمٍ إِنْ يَتَّبِعُونَ إِلَّا الظَّنَّ وَإِنَّ الظَّنَّ لَا يُغْنِي مِنَ الْحَقِّ شَيْئًا۞

۞Alors qu’ils n’en ont aucune science; ils ne suivent que la conjecture alors que la conjecture ne sert à rien contre la vérité9.۞

6) Conséquences de l’introduction de la Science du Hadith

L’application stricte des règles de la Science du Hadith nouvellement introduites aurait frappé de nullité la quasi-totalité des récits Chiites Imamites, il fallait donc « adapter » ce cadre pour qu’il puisse entrer en accord avec les croyances et le référentiel du groupe Chiite. On aboutit donc à un système totalement contradictoire et incohérent. Al-Faydh al-Kachânî décrit l’inextricabilité de la  situation et le malaise :

فإن في الجرح والتعديل وشرائطه اختلافات وتناقضات واشتباهات لا تكاد ترتفع بما تطمئن إليه النفوس كما لا يخفى على الخبير بها
« Il y a dans [la science Imamite] de la critique et de l’agrément (al-Jarh wa al-Ta’dil) et ses conditions, des différences, des contradictions et des ambiguïtés qui ne peuvent être enlevées de telle sorte que les gens puissent avoir la tranquillité d’esprit, et ceci est bien connu de l’expert10. »

Le résultat de l’application de la Science du Hadith sur les récits Chiites Imamites, si elle avait été appliquée rigoureusement, aurait pour conséquences directes d’une part le rejet de tous les récits Chiites Imamites, et d’autre part de considérer que l’ensemble de la secte (Chiite Imamite) était dans l’erreur et le fourvoiement à l’époque des Imams !

C’est ce qu’affirment clairement les savants Chiites Imamites, al-Hurr al-Amilî par exemple, l’écrit explicitement :

الاصطلاح الجديد يستلزم تخطئه جميع الطائفة المحققة في زمن الأئمة عليهم السلام ، وفي زمن الغيبة كما ذكره المحقق في أصوله
« La nouvelle terminologie implique que l’ensemble du groupe (Imamite), aussi bien à l’époque des Imams qu’à l’époque de l’occultation (du Mahdi), étaient dans l’erreur, comme cela a été cité par al-Muhaqqiq (al-Hillî) dans ses fondements (son ouvrage « Les fondements »).11« 

Quant au rejet de tous les récits Chiites Imamites, suite à l’application de ces nouvelles règles, c’est la conséquence directe de la définition même du Hadith authentique chez les Chiites Imamites. En effet, la définition du Hadith authentique pour les Chiites Imamites s’exprime ainsi :

ما اتصل سنده إلى المعصوم بنقل العدل الضابط عن مثله في جميع الطبقات
« [Un hadith authentique est] un hadith dont la chaîne de transmission est ininterrompue et remonte jusqu’à l’[Imam] Infaillible, en étant composée de rapporteurs droits (‘Adl), précis (Dhâbit) à tous les niveaux [de la chaîne de transmission].12« 

Mais voilà, le problème c’est qu’aucun de leurs premiers savants (al-Mutaqaddimun) n’a fait mention de la droiture d’un rapporteur. Pire que cela, ils ne donnaient aucune importance ni considération a cette notion. Résultat : aucun rapporteur n’a fait l’objet d’un jugement ou avis quant à sa droiture par les anciens savants. Et pourtant comme la définition l’indique, la droiture est une condition fondamentale du hadith authentique.

Le savantissime al-Majlissî écrit :

ثم اعلم أن المتأخرين من علمائنا اعتبروا في العدالة الملكة ، وهي صفة راسخة في النفس تبعث على ملازمة التقوى والمروة ، ولم أجدها في النصوص ، ولا في كلام من تقدم على العلامة من علمائنا ، ولا وجه لاعتبارها
« Et sache que les contemporains parmi nos savants ont établi que la droiture est une qualité, une caractéristique fermement établie chez l’individu et qui le pousse à rechercher la piété et la moralité [dans ses œuvres]. Et je n’ai trouvé nul texte à ce sujet [sur la notion de droiture] et nul propos de nos savants parmi ceux qui ont précédés alAllamah (Ibn Mutahar al-Hillî) et ils ne lui ont accordé aucune considération.13« 

Al-Hur al-‘Amilî confirme les propos d’al-Majlissî, il écrit :

 لم ينصوا على عدالة أحد من الرواة، إلا نادرا، وإنما نصوا على التوثيق، وهو لا يستلزم العدالة قطعا بل بينهما عموم من وجه، كما صرح به الشهيد الثاني وغيره
« Or, [les spécialistes] n’ont établi la droiture (‘Adâla) d’aucun rapporteur, sauf dans des cas rares,  ne se prononçant uniquement que sur la fiabilité (Tawthîq), laquelle n’implique en aucun cas la droiture, bien au contraire, puisqu’il y a entre les deux des points de divergence comme l’a attesté al-Chahîd al-Thânî et d’autres.14« 

Face à ce constant accablant, al-Hurr al-‘Âmili fait part des conséquences : L’application de la Science du Hadith sur les récits Chiites implique automatiquement le rejet de tous ces récits !

Il écrit en effet :

فيلزم من ذلك ضعف جميع أحاديثنا لعدم العلم بعدالة أحد منهم إلا نادرا
« Et par conséquent, il s’ensuivrait [de tout cela] que nous devrions affaiblir [classer comme faible, da’îf] tous nos Hadiths, du fait que l’on n’a que rarement connaissance de la droiture de l’un d’entre eux [rapporteurs Imamites].15« 

Yûssuf al-Bahrânî quant à lui, fait  le triste avoeu suivant :

والواجب إما الأخذ بهذه الأخبار – كما هو عليه متقدمو علمائنا الأبرار – أو تحصيل دين غير هذا الدين وشريعة أخرى غير هذه الشريعة لنقصانها وعدم تمامها لعدم الدليل على جملة من أحكامها
« Et de deux choses l’une, soit nous prenons tous ces récits [en les considérant fiables] comme l’ont fait les prédécesseurs parmi nos savants, soit nous prenons une religion (Din) autre que celle-ci [Le Chiisme Imamite] et une Voie (Chari’âh) autre que celle-ci, cela en raison de sa déficience et de son incomplétude, ainsi que de l’absence de preuves sur un ensemble de ses règles juridiques (Ahkâm).16« 

Des savants Chiites Imamites postérieurs (al-Muta’akh-khirun) ont essayé de masquer cette forfaiture en expliquant que le terme fiable désignait à la fois la droiture et la précision (al-Dhâbt). Alors que dans le même temps, ces même savants et les anciens savants (alMutaqaddimûn) n’hésitaient pas à déclarer des rapporteurs comme fiables tout en sachant qu’ils étaient pervers et mécréants ! Des caractéristiques en totale opposition à la notion de droiture !

Al-Hurr al-’Amilî pointe cette incohérence flagrante et déclare :

ودعوى بعض المتأخرين: أن الثقة بمعنى العدل، الضابط  ممنوعة، وهو مطالب بدليلها. وكيف ؟ وهم مصرحون بخلافها حيث يوثقون من يعتقدون فسقه، وكفره وفساد مذهبه
« Et la prétention de certains contemporains sur le fait que « Fiable » (Thiqa) signifierait « Droit » (‘Adl) et « Précis »[dans ce qu’il rapporte] (Dhâbit) est irrecevable et il leur incombe d’en fournir la preuve. Comment donc, alors qu’ils disent explicitement le contraire, puisqu’ils jugent [parfois] fiable quelqu’un tout en connaissant sa perversité, sa mécréance et l’hérésie de son école/ses avis.17« 

Al-Wahîd al-Bahbahânî fait le constat que pas même un centième du Fiqh Imamite ne repose sur des récits authentiques ! Pire encore, les rares hadiths authentiques existants sont contradictoires et présentent de nombreuses déficiences. Il écrit :

لا شبهة في أن عشر معشار الفقه لم يرد فيه حديث صحيح ، و القدر الذي ورد فيه الصحيح لا يخلو ذلك الصحيح من اختلالات كثيرة بحسب السند ، وبحسب المتن ، وبحسب الدلالة ، ومن جهة التعارض بينه وبين الصحيح الاخر ، أو القرآن ، أو الاجماع ، أو غيرهما
« Il ne fait aucun doute que le dixième du dixième (un centième) du Fiqh ne se base sur un hadith authentique18, et [même] le taux du Fiqh qui se baserait sur un hadith authentique ne serait pas épargné par les nombreuses déficiences : sur l’Isnad (la chaîne), sur le Matn (le texte), sur le sens, du point de vue de la contradiction vis-à -vis d’autres Hadiths authentiques ou du Coran ou du consensus (alIjma‘) ou d’autres encore.19« 

5) L’intérêt de la chaîne de transmission chez les Chiites Imamites

Comme nous avons pu le mentionner dans le chapitre précédent, la science du Hadith chez les Chiites Imamites ne fut introduite que par réaction aux critiques des Sunnites vis-à-vis de l’inexistence de la moindre méthodologie pour filtrer les récits. Quand on lit que le savantissime al-Majlissî déclare qu’il ne cite les chaines de transmission que pour imiter les anciens (dans cette pratique) et en tirer la bénédiction… L’on reste perplexe, et cela d’autant plus qu’on le voit dans le même temps faire le Tahqiq15 de l’ouvrage al-Kâfî17 ! Il déclare sans ambages  :

فكما أنّا لا نحتاج إلى سند لهذه الأُصول الأربعة، وإذا أوردنا سنداً فليس إلّا للتيمّن والتبرّك والاقتداء بسنّة السلف
« Comme nous n’avons nul besoin de nous baser sur les chaines de transmission [des récits] dans les quatres ouvrages de référence (al-Kâfî, Man la Yahduruhu al-Faqîh, al-Istibsâr et al-Tahdhîb), et si nous mentionnons ces chaînes de transmission, ce n’est que pour tirer une bénédiction, une bonne augure et suivre la sunnah (pratique) des anciens (à citer les chaines de transmission).20« 

Al-Hurr al-‘Âmilî, élève d’al-Majlissî, confirme les propos de son Maître et écrit :

والفائدة في ذكره مجرد التبرك باتصال سلسلة المخاطبة اللسانيّة ، ودفع تعيير العامة الشيعة بأن أحاديثهم غير معنعنة ، بل منقولة من أصول قدمائهم
« L’intérêt de la citer (la chaine de transmission) ne réside que dans le Tabaruk (la recherche de bénédiction) de la continuité de la chaîne de la conversation orale, et de réfuter les critiques et les railleries des Sunnites envers les Chiites qui disent que leurs Hadiths sont dépourvus de chaînes de transmission, alors qu’ils sont plutôt rapportés des Ussuls (fondements) de leur ancêtres21. »

Le grand Ayatollah al-Khô’î rapporte également les propos de son Cheikh, le grand Ayatollah Na’înî, à propos des chaînes des Hadith de l’ouvrage al-Kâfî :

وقد ذكر غير واحد من الاعلام أن روايات الكافي كلها صحيحة ولا مجال لرمي شئ منها بضعف سندها وسمعت شيخنا الأستاذ الشيخ محمد حسين النائيني قدس سره في مجلس بحثه يقول إن المناقشة في إسناد روايات الكافي حرفة العاجز
« Plus d’un savant a attesté de l’authenticité de toutes les narrations dans al-Kâfî, et il n’y a pas de place pour rejeter le moindre récit contenu dans ce livre en raison d’une faiblesse de sa chaîne de transmission. Et J’ai entendu mon maitre, le professeur, le Cheikh Muhammad Hussain al-Na’înî (qas) dire lors d’une assise : « En vérité, discuter les chaînes de transmission des narrations d’al-Kâfî est le métier de l’incompétent22. »

Al-Cha’rânî, dans son introduction de l’ouvrage d’al-Mazandarânî, affirme que la plupart des Hadiths dans Ussûl al-Kâfî (les deux premiers tomes qui traitent des fondements de la doctrine Imamite : l’Imamat, l’infaillibilité, le Mahdi…) sont faibles du point de vue de leur chaîne, mais étant donné qu’ils sont en accord avec la doctrine Imamite alors il faut les prendre tels quels sans même regarder leurs chaînes. Il écrit :

أكثر أحاديث الأصول في الكافي غير صحيحة الإسناد ومع ذلك أورده الكليني – رحمه الله – معتمدا عليها لاعتبار متونها وموافقتها للعقائد الحقة ولا ينظر في مثلها إلى الإسناد .

« La plupart des Hadiths dans Ussûl al-Kâfî ne sont pas authentiques du point de vue de leurs chaînes, et malgré cela, al-Kulaynî (ra) les a rapportés en se basant sur celles-ci, par considération pour leurs Matns (le texte du Hadith) et pour leur accord avec les croyances véridiques, et on ne regarde pas, pour ce genre [de transmission], la chaîne des rapporteurs [des récits contenus dans leurs ouvrages]23. »

Ce qui se traduit par la logique suivante : Les Chiites Imamites croient d’abord aux 12 Imams puis ils authentifient les récits suivant ce postulat (cette croyance). Ils croient d’abord que Aichâ a trompé le Prophète  puis ils authentifient les récits en accord avec cette « vérité ». Ils croient d’abord que Omar a violenté Fatima et causé la mort de son enfant puis ils authentifient les récits qui corroborent ce mythe qui est pourtant l’un des piliers de leur dogme… d’où, entre autres, l’aversion qu’ils ont pour Omar . Tout cela sans se soucier des chaînes de transmission puisque ces récits sont en accord avec leurs croyances, inventées et prédéfinies par leurs prédécesseurs. C’est le principe de poser d’abord un postulat, puis ensuite d’inventer les « preuves » et « arguments » qui le corroborent.

4) Une vaste entreprise de plagiat

Ce n’est un secret pour personne que de dire que les Imamites ont copié leur Science du Hadith à partir des ouvrages Sunnites puisque eux-même le déclarent ouvertement. Al-Hur al-Amilî dit à propos d’al-Chahîd al-Thânî (Zayn al-Din al-‘Amilî) :

وهو أول من صنف من الإمامية في دراية الحديث ، لكنه نقل الاصطلاحات من كتب العامة ، كما ذكره ولده وغيره
« Et il est le premier à avoir rédigé dans la science du hadith, mais il a copié la terminologie à partir des ouvrages Sunnites comme cela a été révélé par son fils et d’autres24. »

Al-Hurr al-Amilî confirme cette réalité dans un autre ouvrage où il écrit :

طريقة المتقدمين مباينة لطريقة العامة ، والاصطلاح الجديد موافق لاعتقاد العامة واصطلاحهم ، بل هو مأخوذ من كتبهم
« La voie des anciens est différente de celle des Sunnites et la nouvelle terminologie est en accord avec la croyance des Sunnites et leur terminologie, d’ailleurs elle est tirée de leurs ouvrages25. »

Al-Gharawî va même plus loin en avouant que toutes les disciplines du savoir religieux ont été copiées chez les Sunnites, il écrit :

أن المسائل والفروع في تصانيف الشيعة قلدوا بها أهل السنة، وأول من فعل ذلك الطوسي، حينما صنف كتاب المبسوط، والخلاف، والعدة، والتهذيبين، والنهاية وغيرها، وتبعه من جاء بعده
« Certes, les matières (sciences religieuses) et les disciplines dans les ouvrages Chiites sont des imitations [celles des] Sunnites. Al-Tûssî est le premier à l’avoir fait lorsqu’il a rédigé les livres al-Mabsût, al-Khilâf, al-‘uddat, les deux Tahdhîb, al-Nihâya et d’autres encore. Les autres (savants) qui sont venu après lui l’ont suivi26. »

Pourtant dans la doctrine Imamite il est bien connu que c’est un devoir, pour les Imamites, de se différencier des Musulmans Sunnites, en effet selon les Chiites, l’Imam Ja’far al-Sâdiq aurait dit :

عن أبي عبد الله عليه السلام قال : ما أنتم والله على شئ مما هم فيه ، ولا هم على شئ مما أنتم فيه ، فخالفوهم
D’après Abu Abdullah(as) : »Par Allah vous n’avez rien en commun avec eux et ils n’ont rien en commun avec vous, alors différenciez vous d’eux27. »

Al-Hurr al-‘Âmilî rappelle ce principe et fait part de son amertume en critiquant le fait que cette science a été dupliquée des Musulmans Sunnites et écrit :

وقد أمرنا الأئمة عليهم السلام باجتناب طريقة العامة
« Et les Imams nous ont [pourtant] ordonné de nous écarter de la voie des Sunnites (al-‘Amma)28. »

Et pour donner une idée de ce vaste plagiat (des définitions et de la terminologie), nous citerons l’exemple de Ja’far al-Sabhânî qui écrit au sujet de la définition de ‘Ilm al Rijâl :

علم يبحث فيه عن أحوال الرواة من حيث اتصافهم بشرائط قبول أخبارهم وعدمه
« C’est une science qui s’intéresse aux caractéristiques des rapporteurs en ce qui concerne leur qualification à remplir les critères d’acceptabilité de leurs récits ou non29. »

Cette définition a été copiée quasiment mot pour mot à partir des ouvrages Sunnites, al-Khatîb al-Baghdâdî écrivait il y a environ un millénaire :

علم يبحث في أحوال الرواة من حيث قبول رواياتهم أو ردها
« C’est une science qui s’intéresse aux caractéristiques des rapporteurs en ce qui concerne l’acceptabilité de leur récit ou non30. »

3) Pourquoi les Imamites se sont-ils intéressés à la science du Hadith ?

Il est bien connu que les Chiites Imamites ont commencé à investir le champs de la science du Hadith suite aux critiques formulées par les Musulmans Sunnites à leur égard, notamment la critique incisive exprimée par Ibn Taymiyya (ra) dans son ouvrage Minhâj al-Sunnah, où il réfute les allégations de Ibn Mutahir al-Hillî (son contemporain) et son livre Minhâj al-Karâma. Ibn Mutahir al-Hillî, dont nous avons vu précédemment qu’il avait été le premier à évoquer un début de classification du Hadith.

Ibn Taymiyya écrit :

و هذا علم عظيم من اعظم علوم الإسلام و لا ريب أن الرافضة اقل معرفة بهذا الباب و ليس في أهل الأهواء و البدع اجهل منهم
« Et ceci (la science du Hadith) est une science grandiose, parmi les plus grandes sciences de l’Islam, et il ne fait aucun doute que les Rafidhi (les Imamites) sont ceux qui ont le moins de connaissance dans ce domaine et il n’y a pas plus ignorant qu’eux parmi les gens de la passion et de l’innovation31. »

Et il ajoute encore:

بخلاف الرافضة فإنهم من أجهل الطوائف بالمنقول والمعقول
« À l’opposé des Rafidhites qui sont les plus ignorants en matière de transmission (des récits) et de raisonnement (logique) parmi les [autres] groupes32. »

C’est suite à ces critiques qu’Ibn Mutahir al-Hillî imitera la terminologie des Musulmans Sunnites en matière de classification du Hadith. Il classera le Hadith en quatre catégories dans son livre Muntahâ al-Matlab fî Tahqîq al-Madhhab. Le savant Imamite Haydar Hubbullah écrit :

كانت الولادة الرسمية للمصطلح الجديد، والإعلان الرسمي لتقسيم الحديث في كتاب « منتهى المطلب في تحقيق المذهب »  للعلامة الحلي
« La naissance officielle de la nouvelle terminologie et la déclaration officielle de la subdivision du Hadith apparurent dans le livre « Muntahâ al Matlab fi Tahqîq al-Madhhab’’ du savantissime al-Hillî33.

Mais il faut préciser comme nous l’avons déjà dit, que cet ouvrage d’al-Hillî est un traité de jurisprudence et non pas un ouvrage sur la Science du Hadith car comme déjà mentionné auparavant, le premier à avoir rédigé un ouvrage en la matière est al-Chahîd al-Thâni qui est venu trois siècles après al-Hillî. Et al-Hillî n’a fait qu’introduire les notions relatives à la subdivision du Hadith, notions qu’il plagia sur les Musulmans Sunnites en adaptant leurs définitions aux exigences de la doctrine Imamite (par exemple : une condition du Hadith Sahih étant que le rapporteur devait être Chiite Imamite Duodécimain). Cette innovation introduite par al-Hillî provoqua la colère de nombre de ses confrères à son encontre, à tel point qu’il a été dit à son sujet :

هدم الدين مرتين إحداهما يوم ولد العلامة الحلي الذي اخترع هذا الاصطلاح
« La religion a été démolie à deux reprises, l’une d’elles, le jour de la naissance du savantissime al-Hillî qui a inventé cette terminologie34. »

Ce qui était supposé initier une démarche scientifique pour filtrer les récits Imamites, dont un nombre considérable était forgé, ne fut en réalité qu’une tentative de rénovation de façade dont la seule et véritable motivation ne visait que la parade aux critiques et railleries des Musulmans Sunnites.
En effet, alors qu’il fut l’instigateur embryonnaire de cette démarche, al-Hillî lui-même suivait la voie des anciens, les Ikhbarites, qui ne se posaient pas de question et croyaient en l’authenticité de tous les récits rapportés dans les ouvrages de traditions imamites, notamment des quatre ouvrages majeurs35.

Al-Hurr al-‘Âmilî relève ce point :

أن أول من قرر الاصطلاح الجديد العلامة وأنه كثيرا ما يسلك مسلك المتقدمين هو وغيره من المتأخرين
« Le premier qui a introduit la nouvelle terminologie est al-‘Allamah (surnom d’al-Hillî) alors que lui-même suivait dans beaucoup de cas la voie des anciens, lui et d’autres parmi les [savants] plus récents36. »

2) L’apparition de la science du Hadith (‘Ilm al-Dirayah)

Cette science du Hadith et sa terminologie sont apparus très tôt chez les Musulmans Sunnites, mais dans la forme cela était éparpillé dans les ouvrages de Fiqh, de Hadith et autres. A l’exemple d’al-Châfi’î (d 204H) qui dans son ouvrage al-Rissâla évoque les conditions du Hadith authentique et du rapporteur faisant preuve de droiture (‘Âdil) ou évoque l’interruption (Inqitâ’) dans la chaîne de transmission, traite également du hadith Mursal ainsi que duTadlîs. Ou bien l’Imam Muslim (d 261H) dans son ouvrage al-Tamyîz ainsi que dans l’introduction de son Sahîh où il parle de la terminologie du hadith (à titre d’exemple, il évoque le cas du Hadith Munkar) ainsi que de la classification des récits et des générations des rapporteurs. Ou bien encore, al-Tirmidhî (d 279H) dans ses deux ouvrages : al-‘Ilal al Saghir et al-Jâmi’ al-Kabîr, etc…

Mais le premier qui a véritablement formalisé et posé les fondations de cette science et l’a instituée comme une science à part entière, c’est le savant al-Hassan ibn ‘Abdurahman ibn khellâd plus connu sous le nom d’al-Râmahurmuzî (d 360H), à travers son ouvrage al-Muhadith al-Fâssil bayna al-Râwî wa al-Wâ’î.
Il fut suivi en cela par :
– al-Hâkim al-Naysabûrî (d 405H) avec son livre Ma’rifat ‘Ulûm al-Hadith
– al-Khatîb al-Baghdâdî (d 463H) qui a composé plusieurs ouvrages, parmi ceux-ci on retiendra al-Kifâya fi ‘Ilm al-Riwâya
– al-Qâdhî ‘Iyyâdh (d 544H) et son livre al-‘Ilmâ’ fî Dhabt al-Riwâya wa Taqyîd al-Asmâ’
– Ibn al-Salâh (d 643H) et son ouvrage ‘Ulûm al-Hadith plus connu sous le nom de Muqadimat Ibn al-Salâh.

Par contre chez les Chiites Imamites, pour la terminologie relative à la classification du Hadith (Sahih, Hassan, Da’if) il a fallu attendre le 7ème siècle de l’hégire avec [al-Hassan] Ibn Mutahhar al-Hillî (d 726H) et son maitre Jamaluddin Ahmed ibn Tawûs (d 673H) pour qu’elle n’apparaisse.

Tandis que pour la science du Hadith, ‘Ilm al-Dirâya37, il faut atteindre le 10ème siècle (soit il y a moins de 500 ans à peine !) pour voir un savant Chiite Imamite composer un premier ouvrage en la matière ! En effet, le tout premier savant Chiite Imamite à rédiger un tel ouvrage était al-Hassan ibn Zinuddin al-‘Amilî (d 965H) plus connu sous le nom al-Chahîd al-Thânî et son ouvrage Bidâyat al-Dirâyat. Suivi par Hussein Ibn Abdussamad al-‘Amilî (d 984H) et son livre Wussûl al-Akhyâr Ila Ussûl al-Akhbâr, et de son fils Muhammed connu sous le nom al-Cheikh al-Bahâ’î et son ouvrage al-Wajîza fî ‘Ilm al-Dirâya.

Le savant Imamite Hussein al-‘Alami al-Hâ’irî écrit :

ومن المعلومات التي لا يشك فيها أحد أنه لم يصنف في دراية الحديث من علمائنا قبل الشهيد الثاني وإنما هو من علوم العامة

« Parmi les informations dont personne ne doute c’est qu’aucun de nos savants n’a rédigé [un ouvrage] dans la science du Hadith avant al Chahîd al-Thânî, mais plutôt c’est [une science] parmi les sciences [propre] à al-‘Âmah (les Sunnites)38. »

De son côté, al-Hurr al-‘Amilî (d 1104H) écrit :

 أن هذا الاصطلاح مستحدث ، في زمان العلامة ، أو شيخه ، أحمد ابن طاوس ، كما هو معلوم ، وهم معترفون به
« Cette terminologie a été inventée, comme on le sait, à l’époque d’al-Allâmah (Ibn Mutahar al-Hillî) ou à celle de son maitre Ahmed Ibn Tawûs, et eux même (les Usulites Imamites) l’admettent39. »

1) L’apparition de la science de la Critique et de l’Agrément (‘Ilm al-Rijâl)

L’objet de cette science est l’étude de la condition et des caractéristiques des rapporteurs et transmetteurs de Hadith. C’est le résultat de cette étude qui permet de décider de l’acceptation ou du rejet du Hadith et de son rapporteur, et ceci en tenant compte de plusieurs facteurs et critères : la moralité, la droiture, la fiabilité (le rapporteur est-il digne de foi ou est-il menteur ?), la capacité à retenir (par cœur ou par écrit) le Hadith (le texte et la chaîne de transmission) et à le retransmettre fidèlement (sans erreur), le niveau de renommée (rapporteur connu ou inconnu ?), la doctrine professée et la tendance suivie, la génération (l’époque à laquelle a vécu le rapporteur), etc.

Cette branche de la science du Hadith est devenue une science indépendante dés la fin du deuxième siècle avec la compilation de plusieurs ouvrages spécialisés uniquement sur l’étude et la classification des rapporteurs. On peut ainsi trouver de nombreux intitulés d’ouvrages du genre : Les fiables, les faibles, les rejetés, les critiqués… comme par exemple : al-Du’afâ’ (les faibles) d’al-Bukhârî (256 h), al-Jarh wa al-Ta’dîl de Abu Hâtim al-Râzî (277 h), al-Du’afâ’ wa al-Matrûkîn d’al-Nassâ’î (303 h), al-Majrûhîn min al-Ruwât de Ibn Hibbân (354 h). Le savant Imamite Majid al-Gharbâwî écrit :

أما من تكلم بالجرح والتعديل أو كتب في ذلك عند السنة . فقد تكلم ابن عباس (۹٦ ه‍) ، وأنس بن مالك (۹۳ ه) ، والشعبي ( ۱۰۶ ه‍)، وابن سيرين (۱۱۰ ه‍) ، والأعمش (۱٤۸ ه‍) ، وشعبة (۱٦۰ ه) ، ومالك (۱۷۹ ه‍) ، وابن المبارك (۱۸۱ ه‍) ، وابن عيينة (۱۹۷ ه‍) ، ويحيى بن معين (۲۳۳ ه‍) ، وأحمد بن حنبل (۲٤۱ ه‍) . ومن الكتب الجامعة : تواريخ ثلاثة للبخاري (۲٥٦ ه‍) وعلي بن المديني (۲۳٤ ه) وكتاب أوهام أصحاب التواريخ في معرفة الثقات والضعفاء والمجاهيل لابن حبان (۲٥٤ ه)
Et en ce qui concerne ceux qui ont parlé ou rédigé dans le domaine de la critique et de l’agrément (al-Jarh wa al-Ta’dîl) chez les Sunnites, ce sont : Ibn Abbas (96 h), Anas Ibn Mâlik (93 h), al-Cha’bî (104 h), Ibn Sirîn (110 h), al A’mach (148 h), Chu’bah (160 h), Ibn al Mubârak (181 h), Ali Ibn al-Madînî (197 h), Yahya Ibn Ma’în (233 h), Ahmed Ibn Hanbal (241 h). Et parmi les ouvrages : les trois Târîkh de Bukhârî (256 h), [le Tarikh en 10 volumes de] Ali Ibn al-Madînî (234 h) et le livre Awhâm Ashâb al-Tawârîkh fi ma’rifat al-Thiqât wa al-Dhu’afâ’e wa al-Majâhîl de Ibn Hibbân (254 h)40.

Chez les Chiites Imamites, la quasi-totalité des anciens livres de rapporteurs qu’ils mentionnent dans leurs ouvrages et index41 sont « inexistants » à ce jour ou bien ont « disparu », comme le livre Rijâl al-Chi’a d’ali Ibn al-Hakam, le savant Imamite Mâjid al-Gharbâwî écrit à ce sujet :

فمن كتب في القسم الأول : أ – من الشيعة : ۱ – كتاب الرجال لعبد الله بن جبلة الكناني (المتوفى ۲۱۹ ه‍) .۲ – كتاب الرجال للحسن بن فضال (المتوفى ۲۲٤ ه‍) .۳ – كتاب الرجال لعلي بن الحسن بن فضال (ولادته ۲۰٦ ه‍) .٤ – كتاب الرجال لأحمد بن محمد بن خالد البرقي (۲۸۰ ه‍). ٥ – كتاب الرجال لابن عقدة (۲٤۹ – ۳۳۳ ه‍) .٦ – تاريخ الرجال لأحمد بن علي العلوي العقيقي (المتوفى ۲۸۰ ه‍).
Parmi les livre Chiites de la première catégorie (‘Ilm al-Rijâl) : 1- Le livre al-Rijâl de Abdallah Ibn Jibla al-Kinânî (décédé le 219 h), le livre al-Rijâl d’al-Hassan Ibn fudhâl (décédé le 224 h), 3- le livre al-Rijâl d’ali Ibn al-Hassan Ibn Fudhâl (né le 206 h), 4- le livre al-Rijâl de Ahmed Ibn Muhammed al-Barqî (décédé le 280 h), 5- le livre al-Rijâl de Ibn ‘Uqda (né le 249 h et décédé le 333 h), 6- Târîkh al-Rijâl de Ahmed Ibn Ali al-Alawî al-‘Aqîqî (décédé le 280 h)42

Mais cette énumération d’ouvrages n’est citée qu’à des fins de propagande puisque la totalité de ces ouvrages sont de toute façon « inexistants » ! En effet, Ja’far al-Sabhânî déclare :

وألف عبد الله بن جبلة الكناني ( المتوفي عام ۲۱۹) وابن فضال وابن محبوب وغيرهم في القرن الثاني إلى أوائل القرن الثالث ، كتبا في هذا المضمار ، واستمر تدوين الرجال إلى أواخر القرن الرابع . ومن المأسوف عليه ، أنه لم تصل هذه الكتب إلينا ، وإنما الموجود عندنا وهو الذي يعد اليوم أصول الكتب الرجالية  ما دون في القرنين الرابع والخامس
Abdallah Ibn Jibla al-Kinânî (d. 219h), Ibn Fudhâl, Ibn Mahbûb et d’autres ont rédigé des livres dans ce domaine durant le deuxième siècle et au début du troisième siècle, et la compilation [sur la biographie] des rapporteurs a continué jusqu’a la fin du quatrième siècle. Et malheureusement, aucun de ces ouvrages ne nous est parvenu, mais ce dont nous disposons aujourd’hui et que nous comptons comme les Ussûl al-Kutub al-Rijâliya (les piliers des ouvrage de Rijâl) c’est ce qui a été composé durant les quatrième et cinquième siècles de l’hégire43.

Et même pour ceux qui nous sont parvenus, leur auteur se contentait, dans la majorité des cas, de rapporter les récits sans donner d’avis, de critique(s) ou d’agrément(s) concernant le rapporteur du récit. Ces ouvrages étaient donc davantage de simples ouvrages de compilation de rapporteurs, des listings comme on dirait aujourd’hui, que des ouvrages consacrés à la Critique et à l’Agrément (Jarh wa Ta’dîl). Le savant Imamite Ibn al-Chahîd écrit :

وأكثر الكتب المصنفة في الرجال لمتقدمي الأصحاب اقتصروا فيها على ذكر المصنفين، وبيان الطرق إلى رواية كتبهم
Et la plupart des premiers ouvrages concernant les rapporteurs, se contentaient de citer les auteurs [d’ouvrages] et de montrer les voies [chaînes de transmission] menant à leurs ouvrages44.

La raison précise pour laquelle les Imamites ont commencé à rédiger des ouvrages dans ce domaine n’est motivée que par la réaction aux critiques des savants Musulmans Sunnites comme le déclare le savant Imamite Baqir al-Ayrawânî :

والسببُ في تأليف النجاشي لكتابه هذا تعيير جماعة من المخالفين للشيعة بانه لا سلف لهم ولا مصنف
La raison pour laquelle al-Najâchî a rédigé son ouvrage (Rijâl al-Najâchî) sont les railleries d’un groupe parmi les opposants aux Chiites quant au fait qu’ils n’ont ni prédécesseurs (salaf) ni ouvrages [dans ce domaine]45.

Quatre ouvrages sont considérés par les savants Chiites Imamites comme étant les piliers ou les fondements de cette science, à savoir :
Rijâl al-Kachî de Muhammed Ibn Omar al-Kachî (d 350H)
Rijâl al-Tûssî, rédigé par le maître de la branche chiite Abu Ja’far al-Tûssî (d 460H)
Al-Fihrist écrit également par Abu Ja’far al-Tûssî (d 460H)
Rijâl al-Najâchî de Ahmed Ibn Ali al-Najâchî (d 450H)

Pourtant en matière d’authenticité, l’Ayatollah Ali Khâmeneï, le guide suprême de la révolution iranienne, affirme qu’aucune copie authentique de ces livres n’est parvenue à cette époque, et plus encore, il déclare que ces copies ont toutes fait l’objet de falsification ! Alors que dire des autres ouvrages secondaires, moins importants que ces quatre là ! Ali Khâmeneï dit en effet :

بناء على ما ذكره الكثير من خبراء هذا الفن ، ان نسخ كتاب الفهرست كأكثر الكتب الرجالية القديمة المعتبرة الاخرى مثل كتاب الكشي والنجاشي والبرقي والغضائري قد ابتليت جميعاً بالتحريف والتصحيف ،ولحقت بها الاضرار الفادحة ، ولم تصل منها لابناء هذا العصر نسخة صحيحة
En se basant sur ce qu’ont mentionné les nombreux experts de cet art (discipline), [nous pouvons dire que] les copies du livre al Fihrist, tout comme la plupart des autres anciens livres sur les rapporteurs (al-Rijâl) comme le livre d’al-Kachî ou d’al-Najâchî ou d’al-Burquî ou d’al-Ghadâ’irî, ont été tous fait l’objet de falsifications et d’erreurs de transcription (Tashîf). Et elles (les copies du livre al-Fihrist] ont subi des dégâts énormes et aucune copie authentique ne nous est parvenue a cette époque46.

D’autres savants Imamites mentionnent cinq autres livres qui sont :
Rijâl al-Barquî d’al-Barquî
Rissâlat Abu Ghâlib al-Zarârî de Abu Ghâlib al-Zarârî (décédé le 368 h)
Machyakhat al-Tûssî d’al-Tûssî (ce livre en réalité est une partie de son ouvrage Tahdhîb al-Ahkâm, l’un des quatre ouvrages fondamentaux dans le Hadith Imamites)
Rijâl Ibn al-Ghadhâ’irî de Ibn al-Ghadâ’irî
Machyakhat al-Faqîh de Ibn Bâbawîh al Qummî.

Ces cinq livres ci-dessus, ajoutés aux quatre autres mentionnés précédemment constituent donc les neuf livres fondamentaux de la science de la Critique et de l’Agrément chez les Chiites Imamites. Nous y reviendrons en détail dans un prochain chapitre.

Al-Fayd al-Quds fî Tarjamah al-‘Allâmah al-Majlissî47 est un ouvrage écrit par le célèbre savant Chiite al-Nûrî al-Tabarsî consacré à la biographie du non moins célèbre savant Imamite al-Allâmah al-Majlissî. On ne présente plus al-Nûrî al-Tabarsî, savant Imamite de référence, qui a compilé notamment un des huit ouvrages de référence de traditions Imamites et qui fut l’auteur du fameux ouvrage Fasl al-Khitâb fî Ithbât Tahrîf Kitâb Rab al-Arbâb48. Dans l’ouvrage al-Fayd al-Quds fî Tarjamah al-‘Allâmah al-Majlissî« , al-Nûrî al-Tabarsî rapporte une anecdote concernant un savant Imamite reconnu49, du nom de al-Mawla Haydar Ali al-Chirwânî. C’est cette anecdote que nous vous proposons de découvrir dans cet article.
Mais avant d’en prendre connaissance, arrêtons nous un instant sur ce personnage : Il est sans nul doute, un savant renommé et reconnu chez les Imamites, notamment pour son ouvrage Manâqib Ahl al-Bayt (Mérite des gens de la Demeure [Prophétique]), ce qui lui a valu d’ailleurs de voir son portrait au panthéon des savants Imamites sur le site al-shia.org qui recense les plus grands savants, toute époque confondue, du Chiisme Imamite.

Son père Mîrzâ50 Muhammad ibn al-Hassan al-Chirwânî (décédé en 1098 ou 1099 de l’hégire), surnommé al-Mudaqqiq (le méticuleux), était l’élève et le gendre de Muhammad Taqî al-Majlissî (décédé en 1070 de l’hégire), savant Imamite et père du célèbre Muhammad Bâqir al-Majlissî, surnommé al-Allâmah, l’auteur de la fameuse encyclopédie Bihâr al-Anwâr51.

L’homme dont il est question ici est non seulement un savant reconnu chez les Imamites, mais il est également intimement lié à la famille des Majlissî. De par le mariage de son père avec la fille de son professeur, il était donc le petit-fils de Muhammad Taqî al-Majlissî et le neveu de al-Allâmah [Muhammad Bâqir fils de Muhammad Taqî] al-Majlissî. Mais plus que cela, il était aussi le gendre de al-Allâmah al-Majlissî, car il a épousé sa cousine et fille de son oncle al-Allâmah al-Majlissî. Il était donc à la fois le petit-fils de Majlissî père, mais également neveu et gendre de Majlissi fils (le plus connu des Majlissi, l’auteur du Bihâr al Anwâr).

Dans l’introduction de son ouvrage Manâqib Ahl al-Bayt, le commentateur et vérificateur Imamite (Muhammad al-Hassun) écrit :

هو المولى حيدر علي ابن الشيخ المولى ميرزا محمد بن الحسن الشرواني، صهر  المجلسي الثاني على ابنته التي كانت له من أخت أبي طالب خان النهاوندي. والشرواني نسبة إلى شروان

C’est le Mawlâ Haydar Alî ibn Cheykh al-Mawlâ Mîrzâ Muhammad ibn al-Hassan al-Chirwânî, gendre de al-Majlissî, le deuxième (i.e Muhammad Bâqir, le fils), de par sa fille qu’il a eu avec la soeur de Abî Tâlib Khân al-Nahâwandî. Et al-Chîrwânî est tiré du nom de la région Chirwân52.

On devine donc le personnage qu’il était et le statut qu’il avait. Figurez-vous que ce Cheikh Haydar Ali al-Chîrwânî avait un passe-temps des plus originaux, nous vous proposons sans plus tarder de le découvrir dans cet extrait :

shirwani

مولانا حيدر علي ابن المولى ميرزا الشيرواني كان فاضلا معظما وعالما مفخما كما علمناه من تعليقاته على المسالك وغيرها فانها وإن كانت قليلة إلا أنها تدل على فضل محررها، وبالجملة إنه من أهل الفضل مع أنه كان من أهل الزهد والتقوى أيضا إلا أنه ظهر منه أقوال مختصة به ينكر ذلك عليه وأن كان لبعضها قائل به من غيره، سمعت استادنا واستنادنا الفاضل الأعز والعالم الأكبر مولانا علي اصغر – ره – يحكي أنه كان يلعن جميع العلماء إلا السيد المرتضى ووالده العلامة. وقد تحقق منه أنه كان يضيف أهل السنة إلى بيته ويصبر عليهم إلى أن تحصل له الفرصة ويتمكن مما يريد فيأخذ المدية بيده المرتعشة لكونه ناهزا في التسعين، فيضعها في حلق أحدهم فيقتله بنهاية الزجر. والحيدرية المنسوبة إليه كانوا يصومون فيريدون أن يفطروا بالحلال فيمشون إلى دكاكين أهل السنة أو بيوتهم فيسرقون شيئا ويفطرون به، ومن آرائهم عدم رجحان صوم يوم الاثنين أو حرمته، وإن وافى يوم الغدير، ومنها حكمهم بخروج غير الامامية من دين الاسلام، والحكم بنجاستهم، وكذا من شك في ذلك إلى غيرها من الآراء، ورأيت منه رسالة حكم فيها بوجوب الاجتهاد على الأعيان كما هو رأى علماء حلب، وأشبع الكلام في ذلك لكنه مزيف.

Notre Maître (Mawlâ) Haydar Ali ibn al-Mawla Mirza [Muhammed] al-Chîrwânî : Il était vertueux, vénéré et un grand savant, comme on a pu le voir d’après ses commentaires sur [l’ouvrage] al-Massâlik et d’autres. Et quand bien même ils (ses commentaires) étaient peu nombreux, ils montrent la valeur de son auteur.
En résumé, il faisait parti des gens nobles (vertueux), et comptait également parmi les gens de l’ascétisme et la piété. Il a certes pu professer des paroles [propres à lui] qu’on peut lui reprocher, mais d’autres ont pu tenir également ces mêmes propos.
J’ai entendu notre professeur et référence le grand savant, notre Maître (Mawla) Ali Asghar qui racontait qu’il (al-Chîrwânî) maudissait tous les savants à l’exception de Sayyid al-Murtadâ et son père al-‘Allamah.
Et il a pu être attesté à son propos, qu’il invitait les gens de la Sunnah (Sunnites) chez lui, et qu’il patientait jusqu’à ce qu’il trouve une occasion et puisse [réaliser] ce qu’il voulait. Il prenait alors un couteau de sa main tremblante, parce qu’il approchait les quatre vingt-dix ans, et l’enfonçait dans la gorge de l’un d’eux et il le tuait après l’avoir fait souffrir [jusqu’à la mort].
Et le [nom du groupe des] Haydariyah fait référence à lui. [Quand] ils jeûnaient et voulaient rompre le jeûne de façon licite (Halal), ils se rendaient dans les boutiques des Gens de Sunnah (Sunnites) ou dans leurs maisons et leur volaient quelque chose pour rompre le jeûne.
Et parmi leurs opinions [à ce groupe] : le caractère non souhaitable de jeûner le lundi53 même s’il coïncide avec le jour de Ghadir [Khumm].
Et leur opinion juridique (Hukm) selon laquelle les non-Imamites sortent du cercle de l’Islam et qu’il sont impuretés (Najassah), ainsi que pour ceux qui doutent de cela et d’autres avis [parmi les avis proférés par ce groupe].
Et j’ai vu de lui un pamphlet (Rissâlah) dans lequel il exprime un avis juridique (Hukm) concernant l’obligation de pratiquer l’effort scientifique religieux (al-Ijtihâd) pour les élites (al-A’yân), à l’image des savants de Alep [qui sont du même avis], et il a débordé de propos sur cela [cette question] mais cela [son avis] n’est pas correct54.

 

Voilà donc la particularité, l’adoration à laquelle s’adonnait ce savant Imamite dont ses pairs, y-compris parmi les contemporains, disent de lui qu’il fut un homme plein de vertu et de savoir. L’on peut également remarquer non sans étonnement, une certaine nonchalance dans l’évocation du parcours de ce savant de la part de Cheikh Nûri al-Tabarsi car en effet, il raconte la manière avec laquelle Haydar Ali al-Chîrwânî assassinait des Sunnites ou la manière avec laquelle ses partisans, qui pour rompre leur jeûne de façon « licite » volaient des Sunnites, et poursuit le plus tranquillement du monde la biographie en parlant d’un avis juridique concernant le jeûne du lundi de la part des adeptes de Haydar Ali al-Chîrwânî. Aucun blâme, aucun désaveu ni de la part de al-Tabarsî (sauf concernant l’avis juridique lié à l’Ijtihad de l’élite qui ne serait pas correct selon lui) ni même d’autres savants puisque l’on peut lire les éloges suivantes de la part de :

– Sayed al-Khawansârî qui écrit sur lui, dans son livre Rawdât al-Jannât :

المولى الفاضل ، المشتهر بالمولى حيدر علي

« Le Maître (al-Mawlâ), le vertueux, connu (célèbre) sous le nom de al-Mawlâ Haydar Ali55.

– Cheikh Abd al-Nabî al-Qazwânî qui écrit à son sujet dans son livre Tatmîm Amal al-Âmal :

كان فاضلاً معظماً وعالماً مفخماً … ، وهو من أهل الفضل مع أنّه كان من أهل الزهد والتقوى أيضاً .

« Il était vertueux, vénérable, grand savant respecté… Il faisait parti des gens vertueux, des ascètes et des pieux56. »

– Et enfin de Sayed Muhçin al-Âmîn (Un savant Chiite libanais mort en 1952, pourtant présenté comme un réformiste adepte du rapprochement avec les Sunnites) qui dit de lui, dans son encyclopédie des grandes personnalités Imamites A’yân al-Chî’ah :

كان عالماً فاضلاً

« Il était un savant émérite57. »

۞Et ils jurent par Dieu qu’ils sont vraiment des vôtres; alors qu’ils ne le sont pas58۞

Le mois de Ramadan constitue pour les Musulmans l’un des cinq piliers de leur religion, durant lequel ils doivent s’abstenir de manger et de boire, ils doivent aussi s’éloigner plus encore qu’à l’accoutumée des choses nuisibles pour leur foi telles que les conflits, disputes ou rassemblements pour y manger la « chair de son frère mort »,  et d’autre part ils doivent multiplier les actes  d’adoration comme la prière surérogatoire, l’invocation d’Allah, multiplier les aumônes, en somme les Musulmans doivent se rapprocher le plus possible de leur Seigneur.
Dans le Chiisme Imâmite également, le croyant est appelé à se rapprocher de son Seigneur durant ce mois béni… c’est ainsi que nous allons passer une journée avec Abdelhossein, un jeune Chiite ayant certes peu de connaissances mais ô combien désireux d’apprendre les subtilités de sa religion et de goûter aux délices de la foi.
Attention : Le récit que vous allez lire ci-après est un récit purement fictif mais sa trame est construite autour des récits et fatawi prononcés par les savants Imamites et en ce sens il est « imamitement correct » sur le plan du Fiqh Imamite, c’est-à-dire que le déroulement d’un tel scénario dans la réalité ne contreviendrait en rien au Fiqh Imamite sur le mariage temporaire.
Et c’est précisément pour illustrer ces hérésies que nous vous proposons de découvrir ce Fiqh imamite au sujet du mariage temporaire, sous une forme « ludique ».
13 heures, harassé par la dureté de son travail Abdelhossein rentra chez lui. En se dirigeant vers sa chambre, il entendit des rires dans la pièce voisine, sa petite sœur Amatuzahra âgée de quatorze ans était avec le Cheikh al-Farsi, un enseignant renommé de la hawza de sa ville Qom qui flirtait tout bonnement avec sa petite sœur dans son lit.

– Abdelhossein choqué, s’écria : « Cheikh al-Farsi que fais-tu ici ? »
– Al-Farsi lui répondit : « Je suis dans la maison de mon beau-père! »
– Abdelhossein hors de lui, dit à son Cheikh : »Tu es complètement malade ô Cheikh ! Que fais-tu dans la chambre de ma petite sœur ?! »
– Sa petite sœur Amatuzahra répondit avec une pudeur qui se lisait sur son visage : »C’est mon mari. »
– Abdelhossein lui répondit : « Comment ça ton mari ? Qui vous a mariés ? Après notre défunt père, je suis devenu ton tuteur. »
– Al-Farsi : « Qu’as-tu donc ? N’as-tu pas entendu l’Imam Jaafar As-Sâdiq dire :

عن أبي عبد الله (عليه السلام) قال: لا بأس بتزويج البكر إذا رضيت من غير اذن أبويها
D’après Abu Abdillah (as) : « Il est permis d’épouser la vierge si elle est d’accord sans demander l’accord de son père56. »

– Abdelhossein : »Ô Cheikh, n’as-tu pas déjà quatre épouses ? Comment peux-tu donc en épouser une cinquième ?
– Al-Farsi répondit : »Ô toi qui ignore notre Religion, n’as-tu pas entendu notre Imam Jaafar As-Sâdiq dire :

عن أبي عبد الله (عليه السلام) قال: ذكرت له المتعة أهي من الاربع؟ فقال: تزوج منهن ألفا فإنهن مستأجرات
On évoqua devant Abu Abdillah (as) la question de la femme que l’on épouse dans le cadre d’un mariage temporaire : ‘ »Fait elle partie des 4 [femmes]57 ? Il répondit : « Épouse mille d’entre elles59. »

– Abdelhossein abasourdi s’adressa à sa sœur : « Honte à toi ma sœur, qui était témoin à ton mariage ? »
– Amatuzahra, les joues rouges de honte : « Cheikh al-Farsi m’a dit que Jaafar As-Sâdiq a dit :

عن أبي عبد الله (عليه السلام) – في حديث المتعة – قال: وصاحب الاربع نسوة يتزوج منهن ما شاء بغير ولي ولا شهود.
D’après Abu Abdillah (as) : « Il épouse qui il veut sans tuteur, ni témoin60. »

– Amatuzahra continua : « Pourquoi es-tu fâché ô mon frère ? Tu vois c’est une parole du Ma’soum [l’Infaillible]. »
– Abdelhossein fou de rage dit : « Quand ce mariage va-t-il se terminer ? »
– Amatuzahra : « Ne sois pas inquiet mon frère, le Cheikh al-Farsi respectera notre accord et s’en ira de la maison.
Cheikh al-Farsi : « Oui ne t’inquiètes donc pas, je ne serai pas long, je ne vais rester que la moitié de ce qui avait été convenu. »
– Abdelhossein : « Que veux-tu dire par la moitié de ce qui avait été convenu ô Cheikh ? »
Le Cheikh ne sachant comment s’expliquer sur ce propos se tut.
– Amatuzahra dit : « Q’as-tu mon frère ? Le Cheikh est digne de confiance et il va appliquer le Hadith de notre Imam Jaafar As-Sâdiq :

عن زرارة قال: قلت له: هل يجوز أن يتمتع الرجل بالمرأة ساعة أو ساعتين؟ فقال: الساعة والساعتان لا يوقف على حدهما ولكن العرد والعردين واليوم واليومين والليلة وأشباه ذلك
Zurara rapporte qu’il a interrogé l’Imam Jaafar As-Sâdiq : « Est-il permis à l’homme de jouir d’une femme une heure ou deux ? » Jaafar répondit : une heure ou deux on connait pas leur limites mais une fois61 ou deux et une journée ou deux62

– Abdelhossein frappant des mains dit : »Mâcha Allah ! »
– Amatuzahra lui dit : « Sais-tu ô mon frère que je recevrai une grande récompense de la part d’Allah comme le Cheikh me l’a affirmé. »
– Cheikh al-Farsi baissant sa tête par souci de montrer sa crainte d’Allah dit : « L’Imam Jaafar as-Sâdiq a dit :

عن أبي عبد الله (عليه السلام) قال: ما من رجل تمتع ثم اغتسل إلا خلق الله من كل قطرة تقطر منه سبعين ملكا يستغفرون له إلى يوم القيامة ويلعنون متجنبها إلى أن تقوم الساعة
D’après Abu Abdillah : « Chaque homme qui prend un bain après avoir jouit [temporairement] d’une femme, Allah lui créera de chacune de ces gouttes [d’eau] soixante-dix anges qui imploreront le pardon d’Allah pour ses péchés jusqu’au Jour de la Résurrection. Ces Anges maudissent ceux qui ne la (la Mut’ah) pratiquent pas63. »

– Abdelhossein : « As-tu perdu la raison ? »
Cheikh al-Farsi : « pourquoi ? »
– Abdelhossein enragé dit : « Mais nous sommes en plein mois de Ramadan et il est 14h !! Comprends-tu ? Il est 14h et le mois c’est Ramadan !! »
– Sa sœur Amatuzahra répondit toujours avec pudeur qui se voyait sur son visage : « Subhana Allah mon frère, je lui ai fait avant le mariage la même remarque car je suis très soucieuse d’obéir aux règles strictes de ma religion mais Cheikh al-Farsi m’a répondu immédiatement comme d’habitude, mâcha Allah sur lui, avec les preuves et bien sûr il m’a cité la référence que voici :

عنه عن بعض الكوفيين يرفعه إلى ابي عبد الله عليه السلام قال: في الرجل يأتي المرأة في دبرها وهي صائمة قال: لا ينقض صومها وليس عليها غسل.
On interrogea Jaafar as-Sâdiq à propos de l’homme qui sodomise la femme en état de jeûne. Jaafar répondit : « Son jeûne est valide et il n’y a pas de Ghusl (bain rituel) la concernant64. »

– Amatuzahra continua : « Comme tu vois mon frère moi je suis les dires de nos Infaillibles et al-Hamdoulillah je n’ai pas à prendre de bain et mon jeûne est correct. »
– Abdelhossein : « Pauvre fille, tu es encore vierge et cet imposteur ne t’a pas dit que la Mut’ah ne concerne que les divorcées et celles qui ont perdu leur mari ?? »
Cheikh al-Farsi répliqua aussitôt en clignant ses sourcils : « Ton ignorance de la religion des partisans de Ahl al-Bayt est flagrante ! Car en effet, écoute ceci :

عن أبي عبد الله (عليه السلام) قال: سألته عن التمتع بالابكار ؟ فقال: هل جعل ذلك إلا لهن فليستترن وليستعففن.
l’Infaillible (Abu Abdullah as) fut interrogé sur la jouissance des vierges : « N’est–elle (la Mut’ah) pas faite que pour elles (les vierges) et ainsi leur permettre de protéger leur pudeur et leur chasteté ?65« 

– Amatuzahra : « al-Hamdoulillah, as-tu vu mon frère la facilité qui existe dans notre Religion ! »
Cheikh al-Farsi : « s’il te plait Abdelhossein, j’ai beaucoup de chose à faire alors laisse nous finir notre contrat. »
– Abdelhossein ne sachant quoi faire car Cheikh al-Farsi n’était pas digne de confiance, il dit : « Je ne bougerai pas d’ici. »
– Amatuzahra : Cheikh al-Farsi, s’il te plait trouve lui une fatwa qui va le dissuader, je veux continuer avec toi afin de prendre la totalité de la récompense divine. »
Cheikh al-Farsi : « D’accord, Abdelhossein voici une fatwa de notre référence Al-khu’ï, prends-la et mets-la en pratique dans n’importe quel endroit de la maison mais laisse-nous tranquille. »
– Abdelhossein : « Vais-je en tirer une récompense d’Allah ? »
– Amatuzahra : « Bien sûr puisque le Cheikh ne ment jamais. »
Cheikh al-Farsi: « Écoute mon fils, la référence, le savant et l’imam Al-khu’i (qadassa Allahou sirah) fut interrogé de cette manière :

س : هل يجوز التمتع بالخادمة الكتابية المخصصة لتنظيف المنزل وغسل الملابس وطهي الطعام أم لا ؟
. ج : أما الازدواج مع الكتابية فجائز حتى دائميا
Question : Est ce qu’il est permis de jouir temporairement de la servante, chrétienne ou juive, employée pour le nettoyage de la maison,
du nettoyage du linge et de la préparation des repas ?
Réponse : Pour ce qui est du mariage [temporaire] avec une femme du Livre (juive ou chrétienne), cela est permis, et même dans le cadre d’un mariage permanent66.

– Maintenant mon fils va prendre le ‘Ajr (la récompense d’Allah) auprès de la servante. »
– Abdelhossein hésitant : « Mais mon Cheikh, notre servante ne connait rien de l’Islam et de la religion de Ahl al-bayt, mon mariage temporaire avec elle n’aura aucun sens. »
Cheikh al-Farsi : « Son intérêt sera de gagner de l’argent. Aller va maintenant et applique. »

Après ces preuves irréfutables présentes dans les ouvrages de référence imâmites, Abdelhossein était dorénavant convaincu du bien-fondé de l’acte de sa sœur avec le Cheikh  et il alla donc lui aussi profiter des bienfaits de cette Religion avec la servante de leur maison.
Une heure après avoir bénéficié de la totalité de la récompense d’Allah, Abdelhossein bien plus désireux encore d’apprendre sa Religion qu’il ignorait totalement jusqu’à ce jour, demanda au Cheikh al-Farsi de lui enseigner les secrets de cette Religion.
Le Cheikh al-Farsi accepta donc et le ramena chez lui, en chemin al-Farsi récupéra son bébé de la garderie du quartier et une fois arrivés à la maison, le Cheikh confia son enfant à Abdelhossein et sorti pour aller donner son cours de 16h. Al-Farsi était responsable de la classe des garçons de 12 ans, le cour du jour était  « comment faire du Coran notre parole quotidienne ».
Le Cheikh avait eu la bonne idée de commencer la séance théorique en citant un passage du grand savant imâmite Yusuf al-Bahrani67.

– Al-Farsi : « Mes chers enfants notre grand savant a rapporté un récit plein de pudeur et de crainte d’Allah, dans lequel il nous montre comment les gens pieux ont fait du Coran leurs paroles quotidiennes et voici l’histoire telle qu’elle se trouve dans son ouvrage al-Kachkul 68:

في الأثر أن أبا نواس مر على باب مكتب فرأى صبيا حسنا فقال :
تبارك الله أحسن الخالقين.
فقال الصبي :
لمثل هذا فليعمل العاملون.
فقال أبونواس :
نريد أن نأكل منها وتطمئن قلوبنا ونعلم أن قد صدقتنا ونكون عليها من الشاهدين.
فقال الصبي الأمرد :
لن تنالوا البر حتى تنفقوا مما تحبون.
فقال أبو نواس :
اجعل بيني وبينك موعدا لاا نخلفه نحن ولا انت مكانا سوى.
فقال الصبي :
موعدكم يوم الزينة وان يحشر الناس ضحى.
فصبر أبو نواس الى يوم الجمعة فلما أتى وجد الصبي يلعب مع الغلمان .
فقال أبو نواس :
والموفون بعهدهم اذا عاهدوا.
فمشى الصبي مع أبو نواس الى مخدع خفي !!! فناوله دينارا في ورقة فظن الصبي انه درهم فقال: 
ما قدروا الله حق قدره
فقال أبو نواس:
إنها بقرة صفراء فاقع لونها تسر الناظرين
فعلم الصبي أنه دينار
فاستحى أبو نواس أن يقول للصبي نم ؟؟؟
فقال أبو نواس :
ان الذين يذكرون الله قياما وقعودا وعلى جنوبهم .
فقام الصبي وحل سراويله وقال :
اركبوا فيها بسم الله مجريها ومرساها.
فركب أبو نواس على الصبي . فأوجعه !!!!!!!!!!
فقال الصبي :
إن الملوك إذا دخلوا قرية أفسدوها وجعلوا أعزة أهلها أذلة.
وكان قريبا منهم شيخ يسمع كلام الصبي وأبو نواس ويرى ما يفعلون. فقال يخاطب أبو نواس :
فكلوا منها واطعموا البائس الفقير .
فقال الصبي :
لا يكلف الله نفسا إلا وسعها

Dans un récit, Abu Nawas passa devant la porte principale d’une librairie, il vit un beau garçon et dit alors :
Gloire à Allah le Meilleur des Créateurs !69
Le garçon lui répondit : ۞C’est pour une chose pareille que doivent œuvrer ceux qui œuvrent70۞
Abu Nawas : ۞Nous voulons en manger, rassurer ainsi nos cœurs, savoir que tu nous as réellement dit la vérité et en être parmi les témoins71۞
Le garçon :  ۞Vous n’atteindrez la (vraie) piété, que si vous faites largesses de ce que vous chérissez72۞
Abu Nawas : ۞Fixe entre nous et toi un rendez-vous auquel ni nous ni toi ne manquerons, dans un lieu convenable73۞
Le Garçon : ۞Votre rendez-vous, c’est le jour de la fête. Et que les gens se rassemblent dans la matinée74۞
Abu Nawas patienta jusqu’au vendredi et quand il arriva, il trouva le garçon en train de jouer avec ses amis, alors Abu Nawas dit : ۞Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés75۞
Le garçon rejoignit Abu Nawas et s’isolèrent dans un coin, il lui donna un dinar caché dans un morceau de papier, le garçon croyant que c’était un dirham dit : ۞Ils n’ont pas estimé Allah à sa juste valeur76۞
Abu Nawas lui répondit : ۞C’est une vache jaune, de couleur vive et plaisante à voir77۞
Le garçon comprit alors que c’était un dinar.
Abu Nawas timide voulut lui dire de se coucher : ۞Qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allah78۞
Le garçon commença à se déshabiller et dit : ۞Montez dedans. Que sa course et son mouillage soient au nom d’Allah79۞
Abu Nawas monta sur le garçon et il lui fit mal, alors ce dernier lui dit : ۞Quand les rois entrent dans une cité ils la corrompent, et font de ses honorables citoyens des humiliés80۞
Près d’eux se trouvait un vieillard qui entendit la conversation d’Abu Nawas et du jeune garçon. Il dit en s’adressant à Abu Nawas : ۞Mangez-en vous-mêmes et faites-en manger le besogneux misérable.81۞
Le garçon répliqua : ۞Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité82۞

La séance théorique terminée, Cheikh al-Farsi passa à la pratique et l’on pouvait entendre des cris d’enfants jusqu’au bout de la rue…
Le cours terminé, le Cheikh rentra chez lui et à sa grande surprise, il trouva Abdelhossein entrain de flirter avec son bébé et alla jusqu’à placer son sexe entre les cuisses de ce bébé.
– Cheikh
al-Farsi enragé dit : « Mais que fais-tu espèce d’animal ? C’est un bébé ?? »
– Abdelhossein souriant, regarda le Cheikh et lui dit avec une totale confiance : « Maître, j’ai profité de ton absence pour lire un livre de l’un de nos grands imams contemporains, Rûhullah al-Khomeyni et j’ai trouvé ceci »

لا يجوز وطء الزوجة قبل إكمال تسع سنين، دواما كان النكاح أو منقطعا. وأمّا سائر الاستمتاعات – كاللمس بشهوة والضمّ والتفخيذ – فلا بأس بها حتّى في الرضيعة.
« il n’est pas permis de pénétrer l’épouse tant qu’elle n’a pas atteint l’âge de 9 ans, que ce soit en contrat de mariage permanent ou en contrat temporaire, cependant les différentes jouissances telles que : toucher avec intention de se procurer du plaisir (bi chahwah), attirer et presser contre sa poitrine, placer son sexe entre ses cuisses, il n’y a aucun mal à cela même dans le cas d’un nourrisson (radî’ah)83.

La journée d’abdelhossein se termina ainsi, durant laquelle il avait pu découvrir les secrets de sa foi et pu savourer certains délices de sa religion qui, cachés dans les livres des bibliothèques, ne demandaient qu’à être dévoilés et mis en lumière aux yeux du monde.

Dans le cadre de leur propagande, les Imamites citent souvent des personnes qu’ils déclarent être des grands savants Sunnites alors qu’en réalité ce sont de parfaits Chiites, parmi eux Ibn Abi al-Hadid, et font croire à leurs interlocuteurs qu’il s’agit là d’un savant sunnite qui témoigne en leur faveur. Et bien entendu, ils jurent à qui veut bien les croire que :

Vous savez ce que vous diront les Sunnites? Oui mais Ibn Abi Alhadid est Chiite! Ce qui est faux! En effet, Ibn Abi Al-Hadîd est un Mo’tazilte et n’a jamais dit qu’il était Chiite. Il fait partie de Ahl Al-Sunna, mais comme il dérange, alors on le qualifie de Chiite afin de le discréditer.84

Qu’en est il réellement ? Qui est véritablement Ibn Abi al-Hadid ? Cet article se propose de vous apporter des éléments de réponse. Continuer la lecture…

se connecter

s'inscrire

Reset Your Password