mercredi 28 janvier 2026

L’un des arguments les plus frappant dévoilant l’inconsistance argumentaire concernant le pilier du dogme Chiite Imamite, c’est-à-dire l’Imamat des douze Imams Infaillibles, est l’absence d’un verset coranique explicite à propos de la priorité du compagnon Ali à succéder au noble Prophète après sa mort.

En effet, dans le Chiisme Imamite la terre ne saurait être vide d’un Imam Infaillible qui aurait pour rôle principal de guider l’Humanité car à défaut d’une telle présence, elle courrait à sa perte. C’est pour cela que les savants Imamites déclarent qu’en l’absence d’un Prophète, un Imam est toujours présent pour guider les êtres humains. Ces Imams sont supérieurs aux Prophètes de part leur statut lié à l’Imamat et le fait de ne pas adhérer à cette croyance qui constitue le pilier fondamental du Chiisme Imamite rend mécréant.

Une croyance aussi importante devrait normalement apparaitre dans le Coran de manière significative et explicite or il n’en est rien, pas même les noms des douze Imams n’apparaissent dans le Coran alors que les noms de nombreux Prophètes apparaissent qui, pour rappel, ont un statut inférieur à celui des douze Imams, ou le nom d’un compagnon Zayd 1 ou même le nom d’Abu Lahab l’ennemi du Prophète apparaissent également.

La question a été posée à l’Ayatollah al-Sistani et voici sa réponse :

الـســؤال: لماذا لم يذكر اسم الامام علي (ع) و الائمة المعصومين (ع) في القرآن الكريم نصّا ؟

الـجــواب: الله اعلم بوجه الحكمة فلعله لإفتتان الناس و لعله كإن يعلم إنّ ذلك كان يبعث باعدائه للتشكيك في كتاب الله و خدش إحترامه و كرامته كما صنعوا بأحاديث الرسول (ص) .

Question :Pourquoi ne trouve-t-on pas le nom de l’Imam Ali (as) et des Imams (as) dans le Saint Coran ?

Réponse : Allah sait le mieux, sur le plan de la sagesse; peut être qu’il s’agit de mettre à l’épreuve les gens ou bien peut être comme s’Il savait [qu’en citant nommément les Imams] que cela allait inciter ses ennemis à faire douter [les gens] sur le Livre d’Allah, discréditer sa vénération, sa considération comme ils ont pu le faire à l’égard du Hadith du Prophète (en falsifiant les hadith du Prophète)2.

Cette réponse hors du commun vient de l’un des plus importants savants Chiites actuels, il déclare d’une part qu’il s’agit peut-être de mettre à l’épreuve le Croyant en ne l’informant pas clairement d’un des piliers de sa foi, ce qui parait surprenant puisqu’il existe de nombreux versets coraniques qui déclarent que les Prophètes ont été envoyés afin qu’aucun humain ne dise au Jour Dernier « Il ne nous est venu ni annonciateur ni avertisseur3. », aux gens Muhammad récitait ces versets :

۞قُلْ يأَيُّهَا النَّاسُ إِنَّمَآ أَنَاْ لَكُمْ نَذِيرٌ مُّبِينٌ۞

۞Dis : « Ô hommes ! Je ne suis pour vous, en vérité, qu’un avertisseur explicite4

Le second argument de l’Ayatollah al-Sistani est de déclarer tout bonnement que si ces noms avaient été cités explicitement, alors les « ennemis » de Ali et des Imams, c’est-à-dire les Compagnons, auraient pu faire douter les gens sur le Livre d’Allah lui-même comme ils ont pu le faire sur les paroles et actes du Prophète .

Dans les deux cas, l’Ayatollah al-Sistani insulte clairement le Tout-Puissant puisqu’Il déclare que Son Livre qui est l’argument explicite et tranchant pour celui à qui il fut révélé, le Prophète Muhammad , ne contient rien de clair au point de mettre à l’épreuve les gens, pas même les noms des Imams n’apparaissent dans Ses versets alors que d’autres personnages moins importants au regard du dogme Imamite apparaissent nommément dans le Coran, le sens des priorités ne serait donc pas respecté par Allah au regard de la croyance Imamite.

De plus ce savant ajoute que si ces noms avaient été cités, alors les Compagnons auraient pu faire douter les gens sur ce Livre et son importance comme ils l’ont fait sur le Hadith d’après eux. C’est donc que le Créateur est Lui-même dominé par certaines de Ses créatures au point de « mettre à l’épreuve » (au point d’égarer, pour être plus clair) le reste de Ses créatures ? N’est-ce pas là une parole très grave à l’encontre du Seigneur des levants et des couchants ?

Ces propos effleurent de près l’accusation de nombreux savants Chiites Imamites qui déclarent sans scrupules que les Compagnons ont falsifié le Coran.

Le Grand Ayatollah Sayyed Muhammed al-Hakim dit exactement la même chose dans sa réponse à la question suivante :

Q [18]  How can we prove Imamate from the Quran? If Imamate is such a backbone for Shia Islam and we believe that if one doesn’t accept the Wilayah of Imam Ali (peace be upon him), he is a looser, then why did not Allah mention this directly in the Holy Quran, thus major disputes could be avoided? How do we answer the objection that there is no proof about the Imamate of Imam Ali (peace be upon him) being essential?

Q [18] : Comment prouver l’Imamah à partir du Coran ? Si l’Imamat est la colonne vertébrale du Chiisme Imamite et que nous croyons que celui qui n’accepte pas la Wilayah de l’Imam Ali (paix sur lui), est compté parmi les perdants, alors pourquoi Allah ne mentionne pas cela explicitement dans le Saint Coran, afin d’éviter des divergences majeures ? Comment répond-on à l’objection consistant à dire qu’il n’existe aucune preuve à propos de l’Imamat de l’Imam Ali (paix sur lui) comme étant un élément essentiel ?5

Dans sa tentative de réponse à cette question ô combien importante, l’ayatollah conclut en disant ceci :

From this, one can conclude the reason why the name of Imam Ali (peace be upon him) was not mentioned in the Holy Book, Almighty Allah knew that there were some people who wanted to rule and were ready to disobey Allah and His Messenger in an open way, and they had their supporters who were willing to help and encourage them. If the Holy Quran was to mention Imam Ali’s name then they would doubt the Holy Book in the same way as they have doubted the Messenger of Allah. This would result in the rejection of the Holy Book, which would then not be Allah’s continuous proof.

Traduction : A partir de cela, nous pouvons conclure que la raison pour laquelle le nom de l’Imam Ali (paix sur lui) n’est pas mentionné dans le Saint Coran, est qu’Allah le Tout-Puissant savait qu’il existait certaines personnes qui voulaient gouverner et étaient prêtes à désobéir à Allah et Son Messager de manière frontale, et qu’ils avaient leurs partisans qui étaient prêts à les aider et les encourager. Si le Saint Coran avait mentionné le nom de l’Imam Ali, alors ils auraient douté du Livre Saint de la même manière qu’ils ont douté du Messager d’Allah. Cela aurait eu pour résultat, le rejet du Livre Saint, qui n’aurait donc pas servi de preuve divine perpétuelle.6

Ces paroles loin d’être isolées, sont par exemple reprises sans sourciller par l’un des administrateurs d’un forum chiite francophone qui déclare d’une part que rien dans le Coran n’est explicite vis-à-vis de la croyance en l’Imamat des 12 Imams (une croyance fondamentale qui rend mécréant celui qui n’y adhère pas), d’autre part il affirme que si les noms des 12 Imams avaient figuré dans le Coran, celui-ci « aurait certainement subi des modifications !! »

Azd1

Plus loin, dans la même discussion il réaffirme son propos et déclare que cette façon de procéder (ne pas nommer les 12 Imams dans le Saint Coran) a été fait afin de protéger le Coran de toute altération, au point même qu’il ne donne pas cher de sa peau pour que le corpus coranique subisse à son tour des altérations si les noms avaient été inscrits dans le Livre Saint :

Azd2

Loin de s’arrêter là, il déclare encore :

Azd3

Nous sommes face à une conception étonnamment curieuse de la part de ces gens vis-à-vis de leur Seigneur, puisque par sagesse et miséricorde pour les humains mêlée à une crainte d’un groupe d’humains, Allah n’a pas daigné exprimer clairement dans Sa dernière Révélation, la croyance fondamentale qui tranche entre le vrai et le faux, qui sépare le bon grain (le vrai croyant qui a la walayah des 12 Imams) de l’ivraie (« l’Ecole des Califes »).

۞فَلْيَتَّقُواّ اللَّهَ وَلْيَقُولُواْ قَوْلاً سَدِيداً۞

۞qu’ils redoutent donc Dieu et qu’ils prononcent des paroles justes.7۞

L’un des compagnons à propos duquel les Chiites Imamites ne se gênent pas pour exprimer leur haine publiquement se nomme Mu’awiyah ibn Abi Sofiyan . Leur dogme leur recommandant de cacher leur haine des Compagnons tel que Abu Bakr ou Omar c’est donc Mu’awiyah qui cristallise toute cette rancœur qui habite les Chiites Imamites, il représente le Cheval de Troie qui leur permet d’attaquer sous l’angle historique, l’édifice Musulman (Sunnite). D’ailleurs, al-Hafidh Abul Qassim ibn Asakir rapporte dans son Tarikh Dimachq qu’on interrogea l’Imam al-Nasa’ï à propos de Mu’awiyah , et sa réponse fut la suivante :

« L’Islam est comme une maison avec une porte. La porte de l’Islam est représentée par les Compagnons. Quiconque dénigre les Compagnons ne souhaite par là que s’attaquer à l’Islam, tout comme celui qui frappe à une porte pour entrer dans une maison. Concernant Mu’awiyah (raah), quiconque le dénigre ne souhaite en fait que trouver un moyen de dénigrer les Compagnons en général6. »

L’objectif de cet article n’est pas de reprendre les multiples griefs que lui font les Imamites, ce qui se fera dans un prochain article mais plutôt de montrer le statut de ce compagnon chez les Musulmans Sunnites, en effet dans leur propagande les Chiites essaient d’isoler ce Compagnon en faisant croire que seuls les « Wahabites » défendent son honneur et sa mémoire à l’inverse des autres groupes se réclamant du Sunnisme qui, comme les Chiites, le dénigreraient et l’accuseraient de tous les maux, or ceci comme souvent est faux. Pour le prouver, nous avons trouvé intéressant de traduire un article8 tiré du site anglophone Islamqa.org9 dont les hommes de sciences répondent en fonction de leur École de jurisprudence (Hanafite et Chafi’ite) mais aussi par rapport à la doctrine dont ils se réclament et qui est celle de l’Imam Abu al-Hassan al-Ach’ari (ra), et dont la ligne éditoriale est totalement opposée au Wahabisme. D’ailleurs dans une autre de ses réponses, le Cheikh Amjad Rasheed développe la question des « différences entre les croyances des Sunnites et celle des Salafis »10, ce qui est à tout du moins, une preuve que l’auteur n’est pas Wahabi ou Salafi.

Dans cet article, l’auteur Amjad Rasheed11 répond à deux questions qui sont :

– Que disent les savants à propos de Mu’awiyah ?
– Qu’en est-il de celui qui le considère égaré ou incroyant ?

Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux le Très-Miséricordieux,

La position de nos Imams de l’Ecole Sunnite Ash’arite est que Sayiduna Mu’awiyah est considéré comme faisant partie des Compagnons du Prophète ﷺ. Tous les Compagnons sont d’un rang élevé, ayant eu l’honneur d’avoir rencontré notre noble Messager d’Allah ﷺ, et le Prophète ﷺ est mort en étant satisfait d’eux tous. Il est vrai que les rangs des Compagnons se distinguent par leur vertu, en fonction de l’entrée en Islam, si celle-ci s’est faite dans les premiers temps, et aussi en fonction de la propension des Compagnons à servir la religion par leur personne et leurs biens. [Voir : Taftazani, Charh al-Aqa’id al-Nasafiya et ses commentaires; Laqani, Jawharat al-Tawhid, et ses commentaires par Bajuri, Sawi, Tattan, et d’autres].

La position de l’Islam Sunnite est que les différents et disputes qui ont eu lieu entre les Compagnons durant leur période de désaccord ne nous permet pas de les décrier ou de parler en mal d’eux. Ceci s’applique autant à Ali qu’à Mu’awiyah ainsi qu’à ceux qui les ont suivis. D’autant plus mauvais serait le fait de considérer l’un d’eux comme étant égaré ou (à Allah ne plaise) un mécréant, excepté pour ceux dont l’apostasie a clairement été établie.

Avoir une bonne opinion des nobles Compagnons du Prophèteﷺ implique que s’ils ont commis un péché, ils se sont hâtés vers le repentir, et qu’à travers la bénédiction d’avoir été proche du Messager d’Allahﷺ, ils furent honoré par la mort en étant Musulman et dans le meilleur état qui puisse être.

Il existe un consensus des savants de l’Islam Sunnite que Sayiduna Ali  était dans son droit dans les différents qui existaient entre lui et Sayiduna Mu’awiyah , et que ces différents ne sont pas apparus à cause de désirs personnels ou caprices mais plutôt à travers l’exercice de leur réflexion personnelle (Ijtihad). Sayiduna Mu’awiyah a certes fait erreur, mais il recevra la récompense de son Ijtihad, et il n’était pas pêcheur à cause de cette erreur.

Ceci a été déclaré explicitement par l’Imam reconnu dans le domaine des croyances de l’Islam Sunnite, Sayiduna Abu al-Hassan al-Ach’ari , dans son Maqalat, et ce fut la position d’autres après lui. Ce qui a été attribué faussement à l’Imam al-Ach’ari qu’il considérait  Mu’awiyah comme étant un pêcheur et un égaré est simplement une erreur d’attribution. [Comme Cheikh Amjad l’a prouvé dans un traité qu’il a rédigé à ce sujet, il s’agit d’un cas délibéré de corruption de texte].

Notre devoir est de rester silencieux à propos des disputes qui ont eu lieu entre les Compagnons, et d’avoir une bonne opinion d’eux tous. Et l’Imam al-Ghazali  a considéré les discussions futiles (Khawd) sur ce qui s’est passé entre les Compagnons comme discussions vaines dans le Batil  (le Faux) et ceci est interdit (Muharram) comme cela est rapporté dans al-Ihya.

Concernant les quelques narrations dans lesquelles certains d’entre eux (les Compagnons) se sont mal parlés, ces narrations sont soit très faibles [ou dans certains cas fabriquées] ou peuvent être interprétées convenablement. L’Imam al-Haramayn al-Juwayni [le maître d’al-Ghazali] a dit concernant l’explication correcte de ces différents : “Un homme de religion (qui a un minimum de connaissance religieuse) le ferait aisément (c’est à dire qu’il expliquerait aisément que ces « narrations dans lesquelles certains Compagnons se sont mal parlés entre eux » sont soit faibles ou clairement explicables).

Concernant celui qui déclare Mu’awiyah  égaré ou mécréant, une telle personne est considérée comme un innovateur (Mubtadi’). Le déclarer mécréant est bien plus dangereux : cela pourrait le conduire à la mécréance lui-même, car le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Si l’un d’entre vous déclare son frère mécréant, alors certainement l’un d’entre vous deux est mécréant.”

Nous vous proposons de visionner cette vidéo d’un orateur francophone, Cheikh Moncef Zenati qui réfute quelques accusations diffusées sur le web francophone à l’encontre de Mu’awiyah , par des individus sans scrupule.


Et c’est Allah qui accorde le succès.

 

 

 

 

Né en 1838/1254H à Mazandaran en Iran et mort en 1902/1320H à Najaf en Irak où il est enterré dans le Mausolée d’Ali près du tombeau de ce dernier.

Nûri al-Tabarsi est une référence incontournable dans le Hadith de l’École Chiite, il est par exemple l’auteur du Mustadrak al-Wasa’il wal Mustanbat al-Masa’il l’un des principaux livres de Hadiths utilisés par les Chiites Imamites, comptant plus de 23000 Hadiths. Ce livre indissociable de l’oeuvre Wasa’il al-Chia du Cheikh Muhammad ibn al-Hassan al-Hurr al-Amili mort en 1684. L’Ayatollah al-Khomeyni et d’autres savants contemporains citent très souvent cet ouvrage dans leurs livres car le Cheikh Nûri al-Tabarsi en compilant ce livre a apporté une amélioration considérable au livre Wasa’il al-Chia du Cheikh al-Hurr al-Âmili.L’ayatollah al-Khomeyni décrit d’ailleurs le Cheikh Nûri al-Tabarsi de la manière suivante :

المولى العالم الزاهد العابد الفقيه المحدث الميرزا حسين النوري نور الله مرقده الشريف

« le maître, le savant, l’ascète, l’adorateur, le Faqih, le Mouhaddith, al-Mirza Hossein al-Nûri, qu’Allah illumine son mausolée béni12

Cheikh Nûri al-Tabarsi a aussi rédigé son livre polémique Fasl al-Khitab Fi Ithbat Tahrif Kitab Rabb al-Arbab13 dans lequel il s’assigne l’objectif de prouver que le Coran a été falsifié par les Compagnons, particulièrement les Califes qui ont usurpé le Califat à l’Imam Ali .

Nûri al-Tabarsi a étudié à Téhéran, Najaf, Kerbala sous l’autorité de maîtres comme Cheikh Abdelhossein al-Tehrani, Cheikh Murtada al-Ansari l’un des plus grands savants Imamites de son temps, ou encore Cheikh Abderrahim Boroujerdi. Parmi ses élèves l’on peut citer Cheikh Muhammad al-Kashani, Cheikh Abbas al-Qommi auteur du livre d’invocations Chiites Mafatih al-Jinane, Cheikh Agha Bozorg al-Tehrani auteur de l’immense ouvrage bio-bibliographique al-Dhari’a Illa Tasanif al-Chia, Sayed Abdelhossein Charafeddin al-Musawi auteur de l’ouvrage (fictif) de propagande « Les Correspondances » (al-Murajaat).

L’ayatollah al-Milani déclare à propos de Nuri al-Tabarsi :

صحيح أن الميرزا نوري من كبار المحدثين إننا نحترم الميرزا النوري الميرزا النوري رجل من كبار علمائنا ولا نتمكن من الاعتداء عليه بأقل شئ ولا يجوز وهذا حرام إنه محدث كبير من علمائنا

« Il est vrai que Mirza se trouve parmi les grands savants du Hadith et nous respectons Mirza Nûri. Mirza Nûri est un de nos grands savants, et il n’est possible pour nous d’être le moins du monde hostile envers lui, et il n’est pas permis de l’être. Faire ceci est haram ! En vérité, il est un expert dans le Hadith parmi nos savants14

L’ayatollah Cheikh Agha Bozorg al-Tehrani connu pour son ouvrage bibliographique al-Dharî’a ilâ Tasânîf al-Chî’a  et qui fut élève du Cheikh Nûri al-Tabarsi dit de son maître :

إمام أئمّة الحديث والرجال في الأعصار المتأخّرة ، ومن أعاظم علماء الشيعة ، وكبار رجال الإسلام في هذا القرن

» L’Imam des Imams du Hadith et (de la science) des hommes (transmetteurs de hadith) de ces derniers siècles, parmi les plus éminents savants Chiites et les plus importants Hommes de l’Islam de cette époque15

Le Cheikh Sayed Muhsin al-Amîn le grand savant Damascène de son époque dit de lui dans son œuvre A’iyan al-Chîa :

كان عالماً فاضلاً محدّثاً متبحّراً في علمي الحديث والرجال ، عارفاً بالسير والتاريخ ، منقباً فاحصاً ناقماً على أهل عصره عدم اعتنائهم بعلمي الحديث والرجال ، زاهداً عابداً لم تفته صلاة الليل ، وكان وحيد عصره في الإحاطة والاطلاع على الأخبار والآثار والكتب الغربية ، وجمع من نفائس المخطوطات كتباً كثيرة

« Il était le savant, le noble, le Muhaddith, Mutabahiran16 dans la science du Hadith et des Hommes, connaisseur dans la Sirah et l’Histoire, chercheur, investigateur, mécontent à l’encontre des personnes de son époque qui n’ont pas considéré comme il se doit la science du Hadith et des Hommes, dévot, adorateur, il ne manquait aucune prière de la nuit, il était unique à son époque dans la maitrise et la connaissance des traditions et des récits, et des livres occidentaux, et d’un ensemble d’ouvrages et manuscrits de valeur17

Le récit que vous allez découvrir, ci-après, est un récit purement fictif mais sa trame est construite autour de récits et fatawa prononcés par les savants Imamites et en ce sens il est « imamitement correct » sur le plan du Fiqh de cette secte. Rien sur le plan du Fiqh Imamite du mariage temporaire ne viendrait s’opposer au déroulement d’un tel scénario dans la réalité. Et c’est précisément pour illustrer ces hérésies que nous vous proposons de découvrir le Fiqh Imamite du mariage temporaire, sous une forme « ludique ». Nous vous demandons de lire le récit qui va suivre avec beaucoup d’attention, et de bien noter tous les détails…et rendez-vous juste après…

Il était une fois…Zulikha, une femme pieuse qui vivait dans la crainte de Dieu, entourée d’un mari aimant et de charmants enfants. Cette femme était connue dans le quartier pour sa piété et sa générosité, serviable envers ses voisins, charitable avec les pauvres. Elle prenait un soin particulier à donner une éducation religieuse à ses enfants.
Quelques années plus tard, son mari mourut d’un accident de la circulation. Zulikha, avait atteint un certain âge, celui de la ménopause, mais elle avait gardé un charme certain et paraissait beaucoup plus jeune que son âge. Ses enfant étaient devenus aujourd’hui de jeunes hommes. Ceux-ci d’ailleurs fréquentaient la Hawza17 de la capitale, et par conséquent ils avaient à supporter des frais importants.
Zulikha, se résolut donc à trouver un travail pour subvenir aux besoins de toute la famille. Suite à une discussion avec sa voisine, elle trouva la façon dont elle pourrait à la fois gagner sa vie et faire acte d’œuvre pieuse : le mariage temporaire.
Elle avait lu et entendu ici et là, durant les conférences de savants, toutes les vertus et tous les mérites de cette pratique mais jamais elle n’avait eu l’occasion de pratiquer cette adoration.
C’était aujourd’hui l’occasion de se consacrer à cette adoration tout en subvenant aux besoins de sa famille. Appliquée, Zulikha se renseigna auprès de son Marja, pour connaître les éléments essentiels de cette pratique. Son Marja, l’informa que la concernant, elle n’aurait pas à attendre une période de viduité, en raison de sa ménopause. Zulikha fut réjouie de l’apprendre, cela lui permettait de multiplier la pratique de cette œuvre pieuse sans attendre une quelconque période de viduité.
Elle commenca donc à proposer ses services à ses voisins.
Cette activité lui permit dans un premier temps de renflouer les caisses du ménage et ensuite de lui constituer une petite somme rondelette pour lui permettre de déménager et rejoindre ses enfants dans la capitale.
Zulikha choisit de s’installer dans une modeste maisonnette pas très loin de la Hawza où étudiait son aînée.
Elle savait que les étudiants en science de la Hawza affectionnaient particulièrement la pratique pieuse du mariage temporaire.

Femme d’expérience, elle pouvait non seulement permettre à ces jeunes étudiants de s’épanouir dans l’adoration de Dieu mais de leur enseigner certaines choses de la vie intime d’un couple.
Elle ne se trompa pas sur ce calcul, les étudiants de la Hawza, commencèrent à apprécier tout particulièrement Zulikha.
Certains groupes d’étudiants se rendaient maintenant régulièrement chez Zulikha.
Pour les recevoir convenablement, Zulikha avait aménagé une salle d’attente, où les jeunes hommes, autant de futurs maris temporaires, pouvaient attendre leur tour en trouvant lecture et boisson chaude.
Avec le temps, les groupes d’étudiants venaient de plus en plus nombreux et Zulikha ne pouvait pourvoir à la demande de ce flux considérable. Elle en éprouvait une certaine peine, de dispenser ainsi ces jeunes hommes de la récompense divine liée à la pratique de cette œuvre pieuse. Elle eut donc l’idée de trouver d’autres femmes dans sa situation et de louer une maison plus vaste pour y installer la toute nouvelle compagnie.

Elles formaient désormais un groupe de dix femmes, d’âge mûr, ayant toute atteint l’âge de la ménopause mais conservant cependant un charme et une silhouette de jeune fille. Elles désignèrent Zulikha à la tête du groupe, c’est elle qui organiserait l’activité de la troupe. Zulikha prit la situation en main et elle se trouva être une excellente gérante. Elle prit soin d’aménager la maison pour y recevoir ses futurs époux temporaires et ceux de ses amies. Elles décidèrent, pour multiplier les œuvres pieuses, de se consacrer une demi-heure ni plus ni moins, à chacun de leurs époux temporaires. Elles décidèrent d’un commun accord de fixer la même dot.

La maison fut baptisée du nom de « Dar al-Ajr » (Maison de la Récompense), en vertu de la récompense divine liée à la pratique de cette œuvre pieuse et méritante qu’est le mariage de jouissance. Cet établissement connut très rapidement un succès fulgurant et inspira d’autres initiatives partout dans le pays. Aujourd’hui encore on peut apercevoir dans la capitale, cette jolie demeure, au coin de la rue Baraka et de l’avenue al-Salâm.
Si vous êtes de passage dans le coin, n’hésitez pas à y faire halte. Vous y trouverez logis, épouse temporaire (au choix) et vous pourrez également goûter aux spécialités culinaires de la région.

Vous l’avez compris, l’on se situe ici sur le référentiel Imamite, d’où les termes adoration, œuvre pieuse, acte vertueux…pour désigner le mariage temporaire. C’est ainsi que le mariage temporaire est qualifié chez les Imamites.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce récit est à 100% compatible avec le Fiqh Imamite du mariage temporaire.
Nous avions soumis ce récit sur un forum du net, fréquenté par de nombreux Imamites, et nous leur avions demandé en quoi ce récit contrevenait aux règles de Fiqh Imamite du mariage temporaire et nous n’avons obtenu aucune réponse de leur part.
Pour vous montrer qu’un tel récit peut devenir réalité au sein d’une société Imamite et que rien sur le plan du Fiqh Imamite, absolument rien ne s’y opposerait, nous allons citer maintenant plusieurs fatawa de grands savants Imamites contemporains qui constituent précisément la matière première autour de laquelle nous avons imaginé ce récit à peine fictif :

1- Le grand Ayatollah Sayyid Muhammad Sa’id al-Tabâtâba’i al-Hakim18

س: لماذا لا عدة على اليائس في زواج المتعة والزواج الدائم؟ ولا عدة ايضا للصغيرة ايضا؟! اين اجد النصوص التي لا توجب العدة ايضا في هذه الحالات عند المخالفين؟
ج: هذان الحكمان ثابتان بالأدلة المعتبرة المسطورة في كتب الفقة الاستدلالي، ولا مجال لتفصيلها وبيانها في هذه العجالة.
Question : Pourquoi n’y a t-il aucune période de viduité pour la femme ménopausée dans le cadre d’un mariage temporaire ou permanent ? Et est-ce le cas également pour les petites (filles) ? Où pourrais-je trouver les textes qui indiquent qu’il n’y a pas d’obligation à observer une période de viduité dans ces situations chez nos opposants19 ?
Réponse : Ces deux jugements légaux sont dûment établis par des preuves écrites incontestables dans les ouvrages de Fiqh faisant autorité, et il ne serait pas possible de donner ici tous les détails et explications en si peu de temps.20

2- Le Grand Ayatollah Sayyid Muhammad al-Husseinî al-Chîrâzî21
Il dit dans son ouvrage al-Huriyat, sous le chapitre « mariage de jouissance » :

وإذا دخل الرجل بالمرأة دائمة أو متعة وجب بعد الطلاق أو تمام المدة أو هبة المدة العدة، أما إذا لم يدخل بها فلا عدة عليها فهي حرة أن تتزوج بمن شاءت، كما أن اليائسة لا عدة عليها أيضا
Et lorsque l’homme a consommé son mariage que ce soit dans le cadre d’un mariage permanent ou temporaire, il y a obligation après le divorce ou après la durée complète ou remise de celle-ci22, de respecter la période de viduité.
Lorsque l’homme ne l’a pas consommé, alors dans ce cas elle n’a pas de période de viduité [à observer], elle est libre de se remarier avec l’homme qu’elle veut [juste après], de même pour la femme ménopausée, elle n’a aucune période de viduité à observer.23

3- Le Grand Ayatollah Ali al-Hussaini al-Sistânî24
Il dit dans son ouvrage al-Masâ’il al-Muntakhabah :

لا عدة على الصغيرة التي لم تكمل التسع وان دخل بها زوجها ، وكذلك اليائسة ـ وهي التي بلغت خمسين سنة قمرية وقد انقطع عنها الدم ولا يرجى عوده لكبر السن ـ ، فيسمح لهما بالزواج بمجرد الطلاق ، وكذلك من لم يدخل بها زوجها وان كانت بالغة الا إذا دخل ماؤه في فرجها بجذب أو نحوه فان عليها العدة منه.
Aucune période de viduité [n’est à observer] pour la petite [fille] qui n’a pas encore atteint l’âge de 9 ans, même si elle a consommé son mariage avec son époux. Il en est de même pour la femme ménopausée, celle qui a atteint l’âge de 50 ans et qui a cessé [définitivement] d’avoir ses menstrues.
Il leur est donc permis [à toutes deux] de se [re-]marier par un simple divorce [sans observer de période de viduité].
De même, pour la femme qui n’a pas consommé son mariage, quand bien même elle serait pubère, sauf dans le cas où le sperme pénètre à l’intérieur du vagin par aspiration ou par un autre moyen, alors dans ce cas elle doit observer la période de viduité.25

Comme vous pouvez le voir, le récit est en totale cohérence avec les Fatawa prononcées par ces trois grands Ayatollah, à savoir qu’une femme ménopausée peut enchaîner les mariages de jouissance, les uns à la suite des autres, tout cela est parfaitement Halâl du point du vue du Fiqh Imamite.

Considérons maintenant le rôle et la place de la femme Imamite ménopausée tels qu’exposés dans les fatawa suivantes :

4- Le Grand Ayatollah Javad al-Tabrizî26
Dans son ouvrage Sirat al-Najat (la voie de la sauvegarde) :

سؤال 1182: امرأة ادعت أنها يائس، أو ظهرت عليها امارات اليأس، واطمأنت لذلك وعملت عمل اليائس، ثم تزوجت بالعقد المنقطع شخصا، وبعد فترة تزوجت شخصا آخر متعة، وبعد مدة تزوجت من ثالث متعة، وبعد هذا الزواج المتكرر حملت المرأة، ففي هذه الصورة بمن يلحق الولد، وهل يعتمد على القرعة في المقام أم لا؟
الخوئي: في الصورة المفروضة: بما أن علاقة الأول قد انقطعت عن المرأة المذكورة فلا يلحق الولد به، وحينئذ إن كان عقد الأول والثاني كلاهما في زمان مدة الأول فالعقدان كلاهما باطل، ويكون الوطئ من كليهما شبهة، وعليه فيكون الولد مرددا بينهما فالمرجع في تعيينه القرعة، وان كان العقدان كلاهما بعد انقضاء المدة فكلاهما صحيح ويلحق الولد حينئذ بالثالث.
Question : Une femme qui déclare être ménopausée, ou à qui se manifestent des signes de la ménopause, et qui est convaincue de cela et pratique et œuvre en tant que tel27.
Elle contracte donc un mariage temporaire avec un premier individu, puis quelques temps après elle contracte un mariage temporaire avec un autre individu, et quelques temps après elle contracte un mariage temporaire avec un troisième.
Puis à la suite de ces mariages répétés, elle tombe enceinte. Dans ce cas de figure, a qui est affilié l’enfant ? Est-ce qu’on tire au sort dans cette situation là ou non ?
Réponse : Dans ce cas de figure, puisque la première relation a cessé pour la femme alors l’enfant n’est pas attribué [automatiquement] à la première relation. Par conséquent, si les deux premiers contrats de mariage ont été contractés durant la période [légale]28 du premier, alors les deux contrats sont invalides et la relation [sexuelle] est dans ce cas, frappée d’ambiguïté29. L’enfant étant susceptible d’appartenir aux deux maris, on recourra donc au tirage au sort.
Et si les deux contrats de mariage ont été effectués après la fin de chacun alors tous les deux sont valides et l’enfant sera attribué au troisième homme dans ce cas.30

5- Le Grand Ayatollah al-Sayyid Muhammad Sâdiq al-Husseini al-Rûhânî31

سوال:رجل متزوج يتطلب عمله السفر الى بلدان أخرى وقد يطول سفره أكثر من شهر , وليس بمقدوره أن يصطحب معه زوجته , كما ليس بإمكانه أن يتزوج زواجاً مؤقتاً خلال مدة إقامته في ذلك البلد الذي يسافر إليه وهو يعاني من أحتباس المني , بحيث يؤدي ذلك إلى حصول آلام في الخصيتين , ويسبب له إزعاجات نفسية , وتوترات عصبية مثيرة , فهل يجوز له استخدام طريقة الاستمناء لتفريغ المادة ليرتاح منها ولو في الاسبوع مره؟
جواب:بسمه تعالي
الاستمناء حرام و اظن ان الحالة المشار اليها انما تحصل مع الملاعبة و التخيل و ما شا كل و علي كل حال لايجوز و يمكن ان يتزوج مع المرئة العجوزة و هي تستمني بيدها – و لا يحتلج بيالي طريق آخر .
Question : [Le cas d’]Un homme marié dont le travail l’oblige à se déplacer dans un pays étranger et dont le déplacement peut durer plus d’un mois, et il ne peut pas emmener sa femme avec lui. De plus, il ne peut pas prendre une épouse temporaire pendant la durée où il est établi dans ce pays dans lequel il se rend.
Et il supporte mal la rétention de son sperme, et cela va jusqu’à lui provoquer des douleurs dans les testicules , le perturbant ainsi psychologiquement et le mettant dans un état de nervosité irritant.
Dans ce cas, est-ce qu’il lui est permis de pratiquer la masturbation pour se vider [de son sperme] et se soulager, ne serait ce qu’une fois par semaine ?
Réponse : La masturbation est interdite et je pense que la situation décrite, n’est que le produit des caresses du penis, de l’imagination [obsessionnelle] et de ce genre de choses.
Quoi qu’il en soit, cela est interdit.
Mais il peut se marier avec une vieille femme, et c’est elle qui le masturbera ainsi avec sa main.
Je ne vois pas d’autre solution.32

Observez comment est considérée la femme âgée (al-‘Ajouzah) par ces Ayatollah : une femme instrument, qui le temps d’un contrat de mariage temporaire d’une quinzaine de minutes, se trouve réduite à vider l’homme de sa semence.
On aurait également pu décliner ce récit en prenant l’exemple d’une jeune fille pubère (entre 10 et 12 ans) qui « finance » ses achats de friandises, de jouets, de vêtements ou des derniers gadgets à la mode au moyen du mariage temporaire. Elle se proposerait en tant qu’épouse temporaire au premier venu, en évitant la pénétration vaginale, et autant de fois qu’elle le désire dans la journée. Tout cela à l’insu de ses parents et sans leur accord bien sûr33.

Qu’est ce qui empêcherait ou interdirait cela dans le Fiqh Imamite ? Laissons répondre le Grand Ayatollah al-Rûhânî :

السؤال: هل يجوز للبكر ان تتزوج مؤقتاً بدون علم ولي الامر؟ ماهو العمر للبكر الرشيدة؟ وهل يمكنها ان تتزوج مؤقتاً و ولي امرها من يصرف عليها ويعولها؟
الجواب: باسمه جلت اسمائه
يجوز للبكر الرشيدة ان تتزوج موقتاً بدون اذن الولي و يعتبر في ذلك غير كونها رشيدة بالغة وذلك انما يكون بتمامية تسع سنين و دخولها في العاشرة و معنى الرشيدة ظاهراً لا يتوقف على سن خاص .
Question : Est-il permis pour une vierge de se marier temporairement sans que son tuteur légal en ait connaissance ? Et quel est l’âge pour la vierge consciente34 ? Et lui est-il permis de contracter un mariage temporaire alors que son tuteur légal dépense pour elle et subvient à ses besoins35 ?
Réponse : De par Son Nom, que Ses Noms soient sanctifiés. Il est permis à la vierge consciente de contracter un mariage temporaire sans l’avis de son tuteur et [l’avis du tuteur] est pris en considération dans le cas ou elle n’est pas consciente/mature pubère36, mais cela (le fait qu’elle ne soit pas consciente et pubère) est à partir de l’âge de 9 ans révolu et au début de l’âge de 10ans. Et le sens de « consciente/mature (al-Rachidah) » est en l’apparence et ne dépend pas d’un âge précis.37

Ou encore Sheykh al-Tûssî, un des quatre Pères fondateurs de la secte Imamite, et auteur de deux des quatre ouvrages de références de traditions Imamites, qui suite à ce Hadith du 6ème Imam, Ja’far al-Sâdiq :

عن محمد بن مسلم ، قال : سألته عن الجارية يتمتع منها الرجل ؟ قال : نعم ، إلا أن تكون صبية تخدع ، قال : قلت : أصلحك الله ، وكم الحدالذي إذا بلغته لم تخدع ؟ قال : بنت عشر سنين.
D’après Mohammed ibn Muslim :
J’ai demandé à Abu Abdallah (as) au sujet de la jeune fille avec laquelle un homme contracte un mariage mut’a.
Il a répondu : « Oui [cela est permis] sauf si elle est [trop] petite et qu’on peut l’abuser (la tromper). »
J’ai demandé : « Qu’Allah améliore ta condition, et à quel âge on peut considérer qu’elle ne peut être abusée ? »
Il a répondu : « à 10 ans. »38

Fait le commentaire suivant qui lève toute ambiguïté sur l’âge de la fillette39, qui peut contracter un mariage temporaire à l’insu de ses parents :

فإن كانت البكر بين أبويها ، وكانت دون البالغ ، لم يجز له العقد عليها ، إلا بإذن أبيها . وإن كانت بالغا وقد بلغت حد البلوغ ، وهو تسع سنين إلى عشر ، جاز له العقد عليها من غير إذن أبيها ، إلا أنه لا يجوز له أن يفضي إليها.
Si la jeune fille vit avec ses parents et qu’elle n’est pas encore mature (au sens du mariage), il n’est pas permis de se marier avec elle, sauf avec l’autorisation de ses parents.
Et si elle est mature et qu’elle a atteint l’âge de maturité (elle commence à avoir ses menstrues), et ce seuil est atteint entre 9 et 10 ans, alors il est permis de contracter un mariage avec elle sans l’autorisation de ses parents, mais cependant il n’est pas permis d’avoir un rapport intime40.

Ce sont ici quelques-uns des récits sur ce thème et qui constituent matière à écrire le deuxième volet de la série « Fiction ou Réalité ? ». Qui sait, rendez-vous peut être pour un deuxième épisode…

Le Grand ayatollah Sayyed Muhammad al-Husseini Chahroudi est actuellement enseignant à la Hawza ‘ilmiyya de Qom en Iran41, l’une des villes saintes pour les Chiites Imamites. Comme tous les ayatollah, celui-ci à l’habitude de répondre aux questions de ceux qui le prennent comme source d’imitation (Marja’ al-Taqlid). Ici, il répond sans détours à une question sur le fait de maudire Aïcha nommément ou de manière implicite en utilisant la Taqiya, mais également à une question concernant les trois premiers califes qui sont maudits dans l’invocation dite de Achoura récitée par tout Chiite qui se veut être pieux durant la période de Achoura.

1) Voici la question concernant la Mère des croyants et sa traduction :

سؤال 50 : هل يجوز لعن بعض اُمهات المؤمنين مثل السيدة عائشة لمعصيتها للرسول ولخروجها على إمام زمانها ولإعلانها العداء لأميرالمؤمنين علي بن أبي طالب(عليه السلام) سواء بالتصريح بالاسم علناً أوبالتلميح ؟

لجواب : يجوز لعن كلّ من أعلن العداء لأميرالمؤمنين أو الزهراء أو الأئمة(عليهم السلام)فكيف بمن ظلمهم وحاربهم إلاّ مع خوف تلف النفس وقد ورد أنّ الإمام الصادق (عليه السلام) كان يلعن ثمانية بعد كلّ صلاته (أربعة من الرجال وأربعة من النساء ) .

Question : Est-il permis de maudire certaines Mères des croyants comme Sayyeda Aïcha pour sa désobéissance envers le Messager d’Allah, sa sortie face à l’Imam de son temps et le fait qu’elle montra de l’hostilité envers Amir al-Mou’minin Ali ibn Abi Talib, ceci en mentionnant explicitement son nom ou bien seulement par allusion ?

Réponse : Il est permis de maudire tous ceux qui se sont opposés à Amir al-Mou’minin ou [Fatima] al-Zahra ou les Imams (alaihoum salam). Comment ne serait-ce pas permis après l’oppression qu’ils ont subie et le combat engagé contre eux ? Exception faite s’il y a une crainte de préjudice contre sa propre personne [si vous les maudissez]. On rapporte que l’Imam al-Sâdiq (alaihi salam) avait l’habitude de maudire huit personnes après chacune de ses prières (quatre hommes et quatre femmes)42.

La réponse à la question est ici explicite, le Chiite doit maudire tous ceux qui se sont opposés à l’imam Ali, son épouse Fatima al-Zahra et les douze imams sauf si une menace se présente, dans ce cas la Taqiya est de rigueur. Ainsi, si Aïcha n’avait pas fait partie de « tous ceux qui se sont opposés à Amir al-Mou’minin Ali, Fatima al-Zahra et les douze Imams » alors l’ayatollah aurait exprimé une exception à son égard afin de ne pas semer la confusion dans l’esprit du questionneur, ce qui en l’occurrence n’a pas été le cas. Mais la suite ne laisse aucun doute sur l’identité des principaux « ennemis des membres de Ahl al-Bayt », en effet pour illustrer son propos, l’ayatollah renvoie le questionneur vers des narrations prétendant que l’Imam al-Sâdiq avait l’habitude de maudire après chaque prière, quatre hommes et quatre femmes.

Voici donc une version de ce Hadith tirée de l’ouvrage al-Kafi d’al-Kulayni :

10 – محمد بن يحيى، عن محمد بن الحسين، عن محمد بن إسماعيل بن بزيع، عن الخيبري، عن الحسين بن ثوير، وأبي سلمة السراج قالا: سمعنا أبا عبدالله (عليه السلام) و هو يلعن في دبر كل مكتوبة أربعة من الرجال وأربعا من النساء فلان وفلان وفلان ومعاوية ويسميهم وفلانة وفلانة وهند وام الحكم أخت معاوية.

Al-Hossein ibn Thawr et Abi Salma Al Surayj ont dit : « Nous avons entendu qu’Abu Abdullah (l’Imam al-Sâdiq) maudissait après chaque prière prescrite quatre hommes et quatre femmes : fulan, fulan, fulan et Mu’awiyah, et fulana, fulana et Hind et Oum al-Hakam la soeur de Mu’awiyah43. »

Dans une autre version tirée d’al-Tahdhib al-Ahkam du Cheikh al-Tusi :

169 محمد بن يحيى عن محمد بن الحسين عن محمد بن إسماعيل ابن بزيع عن الحسين بن ثوير وأبي سلمة السراج قالا: سمعنا أبا عبدالله عليه السلام وهو يلعن في دبر كل مكتوبة أربعة من الرجال وأربعا من النساء التيمي والعدوي وفعلان ومعاوية ويسميهم وفلانة وفلانة وهند وأم الحكم أخت معاوية.
Al-Hossein Ibn al-Thawr et Abi Salma Al Surayj ont dit : « Nous avons entendu qu’Abu Abdullah (l’Imam Al-Sâdiq) maudissait après chaque prière prescrite quatre hommes et quatre femmes : Al-Taymyi et al-‘Adwiy et fulan et Mu’awiyah et il les a nommés (il a nommé Abu Bakr et Omar à la place des noms des tribus), et fulana, fulana et Hind et Oum Al Hakam la soeur de Mu’awiyah44. »

Bien que la Taqiya soit de rigueur dans ces Hadiths, les griefs fait à Abu Bakr, Omar, leur fille Aïcha et Hafsa (désignées par « Fulana »); Muawiyah, Oum al-Hakam et leur mère Hind Bint Utba, et la désignation des tribus d’Abu Bakr et Omar en lieu et place des « Fulan » dans la version précédente du Hadith, ne laissent aucun doute, si celui-ci persistait encore dans l’esprit du lecteur de cet article.

Il est à noter que cette seconde version est considéré authentique par les deux Choyoukh al-Majlissi père et fils. Le père, Muhammad Taqi al-Majlissi surnommé al-Awal (le premier), dans son ouvrage Rawdat al-Muttaqin Fi Charh Man La Yahdhuruhu al-Faqih, un commentaire comme son nom l’indique, de l’ouvrage Man La Yahdhuruhu al-Faqih du Cheikh al-Saduq :

وفي الصحيح عن الحسين بن ثور وأبي سلمة السراج قالا سمعنا أبا عبد الله عليه السلام وهو يلعن في دبر كل (صلاة) مكتوبة أربعة من الرجال وأربعة من النساء: التيمي والعدوي وفعلان ومعاوية يسميهم (بمعنى أنه عليه السلام سماهم بأبي بكر وعمر وعثمان وأنا أتقيت في عدم تسميهم) وفلانة وفلانة (يعني عائشة وحفصة) وهند وأم الحكم أخت معاوية

Dans un (récit) authentique d’après al-Hossein ibn Thawr et Abi Salma Al Surayj qui ont dit : « Nous avons entendu qu’Abu Abdullah (l’Imam Al-Sâdiq) maudissait après chaque prière prescrite quatre hommes et quatre femmes : Al-Taymyi et al-‘Adwiy et fulan et Mu’awiyah et il les a nommés (c’est-à-dire qu’il (as) les nommé Abu Bakr et Omar et Othman alors que moi j’ai fait Taqiya en cachant leurs noms), et fulana, fulana (c’est-à-dire Aïcha et Hafsa) et Hind et Oum Al Hakam la soeur de Mu’awiyah45.

Dont voici une copie écran :

rawdat-e-mottaqin-b-2-s-380

Et le fils, Muhammad Baqir al-Majlissi surnommé al-Thani, dans son ouvrage Maladh al-Akhiyar Fi Fahm Tahdhib al-Akhbar, un commentaire en 16 volumes du fameux livre Tahdhib al-Ahkam d’al-Tusi :

محمد بن يحيى عن محمد بن الحسين عن محمد بن إسماعيل بن بزيع عن الحسين بن ثور وأبي سلمة السراج قالا: سمعنا أبا عبد الله عليه السلام وهو يلعن في دبر كل (صلاة) مكتوبة أربعة من الرجال وأربعا من النساء: التيمي و العدوي وفعلان  ومعاوية وسميهم وفلانة وفلانة وهند وأم الحكم أخت معاوية

Al-Hossein Ibn al-Thawr et Abi Salma Al Surayj ont dit : « Nous avons entendu qu’Abu Abdullah (l’Imam Al-Sâdiq) maudissait après chaque prière prescrite quatre hommes et quatre femmes : Al-Taymyi et al-‘Adwiy et fulan et Mu’awiyah et il les a nommés et il les a nommés (à la place des noms de leur tribus et du terme fulan), et fulana, fulana et Hind et Oum Al Hakam la soeur de Mu’awiyah46.

Dont voici également une copie écran avec encadrée en vert, la mention Sahih pour le hadith cité ci-dessus :

meladh-e-a5yar-b-484-h-1691

Dans une autre fatwa, il n’hésite pas à déclarer que Aïcha était une hypocrite et émet l’hypothèse que le Prophète (saws) l’a épousée afin de la surveiller elle et sa tribu :

سؤال 59 : هل حقّاً أنّ النبي كان يعلم بأنّ عائشة كانت منافقة؟ إذا يعلم لماذا تزوّج منها؟

الجواب : نعم كان النبي (صلى الله عليه وآله) عالماً بكلّ شيء ولا ينافي ذلك تزوجه بها لأن النبي كان يقدم المصالح العامة على مصلحته الشخصية فيتزوّج لأغراض سياسية واجتماعية منها تأليف القلوب ولعلّه كان يريد أن يحدّد من تصرفاتها العدائية أو تصرفات أقربائها وقبيلتها أو يراقب تحركات القوم من خلال ذلك.

Question : Est-ce vrai que le Prophète savait que Aïcha était une hypocrite ? Si oui, pourquoi l’a-t-il épousée ?

Réponse : Oui, le Prophète (sall-Allahu alaihi wa alli) était au courant de toute chose et cela n’invalide pas son mariage car le Prophète privilégiait le bien des autres par dessus le sien. Ainsi il a pu se marier pour des raisons politiques ou sociales dans l’effort de réunir les cœurs et il a pu faire ceci [ce mariage] afin de pouvoir la surveiller elle ainsi que sa tribu47.

2) Dans la question suivante, le sujet concerne la malédiction des trois premiers califes contenue dans la Du’a dite de Achoura. Elle est récitée chaque année pendant Achoura et pour celui qui en a la possibilité, près du tombeau d’al-Hossein Ibn Ali tombé en martyr à Kerbala en 680 en Irak, elle est dite Ziyarat ‘Achoura :

 

سؤال 51 : أحببت السؤال عن مقطع اللعن الوارد في زيارة عاشوراء وأخص بالذكر هنا لعن الأوّل (أبي بكر ) والثاني ( عمر ) والثالث ( عثمان ) هل هو جزء من الزيارة وقد ورد عن المعصوم(عليه السلام) ؟ أم أنه خارج عنها ولم يرد على لسانه (عليه السلام) ؟ وهل كان الأئمة من آل البيت(عليهم السلام)يجيزون اللعن الثلاثة ويعتبرونه أمراً يثاب المرء عليه ؟

الجواب : نعم اللعن جزء من زيارة عاشوراء ويكرر مئة مرّة وقد صدر اللعن من الأئمة (عليهم السلام) وليس لعن الظالمين مختصاً بزيارة عاشوراء ، بل الروايات في ذلك متواترة . نعم لابدّ أن يكون اللعن غير مناف للتقية.

Question : J’aimerai poser une question concernant la malédiction que l’on trouve dans l’invocation de la visite de ‘Achoura, et je parle en particulier de la malédiction à l’encontre du premier (Abu Bakr), du second (Omar) et du troisième (Othman). Est-ce que ce passage de la Ziyarat a été rapportée d’après l’Infaillible (alaihi salam) ? Ou bien cela a-t-il été rejeté ? Et les Imams  de Ahl al-Bayt (alaihim salam) ont-ils permis la malédiction sur ces trois personnes et ont-ils dit que la personne qui fera cela sera récompensée ?

Réponse : Oui, la malédiction est permise durant la visite de ‘Achoura. Répétez-là une centaine de fois. Il a d’ailleurs été rapporté que les Imams (alaihim salam) pratiquaient la malédiction, et la malédiction ne se fait pas uniquement contre les oppresseurs lors de Ziyarat ‘Achoura, mais également à d’autres occasions. Les récits traitant ce sujet sont Mutawâtir48. Et certes, la malédiction ne doit pas être faite dans une situation qui révèlerait la Taqiya49.

Cette question ainsi que la réponse se passent de commentaires.

Voici, tirée d’un site Chiite francophone, la partie de cette invocation avec sa traduction en français :

Allâhumma  khuçça  anta  awwala  dhâlimin  bi-l-la‘ni  minnî  wa-bda’ bihi  awwalan  thumma-th-thâniya  wa-th-thâlitha  wa-r-râbi‘a Allâhumma-l‘an Yazîda  khâmisan  wa-l‘an ‘Ubayda-llâhi-bna  Ziyâd  wa-bna  Marjâna  wa ‘Umara-bna  Sa‘d  wa  Chimran  wa  âla  Abî  Sufiyâna  wa  âla  Ziyâd  wa  âla  Marwâna  ilâ  yawmi-l-qiyâmah

ثمّ تقول: اَللّـهُمَّ خُصَّ اَنْتَ اَوَّلَ ظالِم بِاللَّعْنِ مِنّي وَابْدَأْ بِهِ اَوَّلاً ثُمَّ (الْعَنِ) الثّانيَ وَالثّالِثَ وَالرّابِعَ اَللّـهُمَّ الْعَنْ يَزيدَ خامِساً وَالْعَنْ عُبَيْدَ اللهِ بْنَ زِياد وَابْنَ مَرْجانَةَ وَعُمَرَ بْنَ سَعْد وَشِمْراً وَآلَ اَبي سُفْيانَ وَآلَ زِياد وَآلَ مَرْوانَ اِلى يَوْمِ الْقِيامَةِ

Ô mon Dieu ! Destine de ma part la malédiction sur le premier des oppresseurs et commence par lui en premier. Puis maudis le deuxième, le troisième et le quatrième. Ô mon Dieu !, maudis Yazîd en cinquième puis maudis ‘Ubaydallâh Ibn Ziyâd, Ibn Marjânah, ‘Omar Ibn Sa‘d, Chimr, les Âle Abû Sufiyân, les Âle Ziyâd et les Âle Marwân jusqu’au Jour de la Résurrection50.

Il existe de nombreux commentaires de cette invocation de ‘Achoura à l’exemple de celui-ci en langue anglaise sur l’un des plus importants sites Chiite, dans lequel l’auteur déclare que le premier, le deuxième et le troisième ne sont autres que les trois premiers Califes successeurs du Prophète (saws) comme il l’explique en développant les raisons pour lesquelles ils doivent être maudits :

. The first tyrant – The First Caliph who ruled for 2 years and 3 months:
a. Stealing the Caliphate from the Commander of the Faithful ‘Ali b. Abi Talib (peace be upon him).
b. Ordering the Imam (peace be upon him) to be tied and bound and dragged through the streets of Madina to give the Bay’at.
c. Ordering the daughter of the Prophet, Fatimah az-Zahra (peace be upon her) to be attacked and beat up – thus, causing her to have a miscarriage, losing her son Mohsin and which lead to her death.
d. Designating the second Caliph through his will.

2. The second tyrant – The Second Caliph who ruled for 10 years and 6 months:
a. Stealing the Caliphate from the Commander of the Faithful ‘Ali b. Abi Talib (peace be upon him).
b. Planning the event of attack against Imam ‘Ali b. Abi Talib (peace be upon him) and Fatimah Az-Zahra (peace be upon her) after the death of the Prophet.
c. Organizing the stealing of the Caliphate and placing the first Caliph in his seat at the Saqifah.
d. Many innovations in the faith of Islam such as:
• Prohibiting Mut’ah of the woman and Mut’ah of the Hajj;

• Adding the line, ‘As-Salat is better than sleep’ [الصلاة خير من النوم] to the Adhan of Fajr;

• Bringing upon new rulings in regards to the divorce, and many other acts.

e. Inappropriate distribution of the public treasury.
f. Racial discrimination between Muslims.
g. Making Mua’wiyah the governor of present day Syria.
h. Selectively implementing the Islamic penal code by turning a blind eye to his friends and family members who committed acts contrary to Islamic legislation.
i. Designating the third Caliph through his twisted and perverted “Council” to assign who would succeed him.

3. The third tyrant – The Third Caliph who ruled for approximately 12 years:
a. Stealing the Caliphate from the Commander of the Faithful ‘Ali b. Abi Talib (peace be upon him).
b. Many innovations in the faith of Islam.
c. Putting forth his government without keeping the common people in mind for positions and relating positions to family and friends.
d. Appointing people to government positions who were not worthy of such positions.
e. Limiting the Public Treasury to the Bani Umayyah.
f. Racial discrimination amongst the Muslims.
g. Physically attacking and assaulting people who were not happy with the situation of the government and their policies.
h. Showing respect to the prime enemies of Islam and the teachings of the Prophet (blessings of Allah be upon him and his family) such as Marwan b. Hakam51.

Nous citerons également les propos de Muhammad Baqir al-Majlissi dans son ouvrage Bihar al-Anwar, dans lequel il mentionne cette invocation et déclare ensuite :

أقول: الأخبار الدالة على كفر أبي بكر وعمر وأضرابهما وثواب لعنهم والبراءة منهم، وما يتضمن بدعهم أكثر من أن يذكر في هذا المجلد أو في مجلدات شتى، وفيما أوردنا كفاية لمن أراد الله هدايته إلى الصراط المستقيم.

« Je (al-Majlissi) dis  : Les récits concernant le Kufr (mécréance) d’Abu Bakr et Omar et leur châtiment, ainsi que la récompense issue de la malédiction sur eux et du fait de se dissocier d’eux et de leurs innovations, tout ceci a été mentionné dans ce volume ou dans d’autres volumes. Et ce qui a été cité est suffisant pour celui à qui Allah veut la guidée vers le droit chemin52. »

Lorsqu’en 2010, les attaques du Cheikh Koweïtien Yassir al-Habib, contre la Mère des Croyants Aïcha ont été médiatisées, les protestations ont fusé de toutes parts au point que l’actuel guide iranien l’ayatollah Ali al-Khâmeneï a du émettre une fatwa afin de condamner ces propos d’al-Habib et interdire toute attaque contre « les symboles révérés par les Sunnites, y-incluant les épouses du Prophète « .

الإمام الخامنئي: يحرم النيل من رموز إخواننا السُنة و نساء النبي (ص)53

Cependant, on peut le voir ici, lorsque la haine imamite envers les « symboles sunnites » n’est pas médiatisée, point de fatwa de la part des ayatollah, ni d’apparition spectaculaire de Sayyed Nasrallah condamnant avec fermeté les propos de celui qui oserait s’attaquer aux « symboles de nos frères Sunnites », bien au contraire ! Cette haine est toujours consultable sur le site web d’un important ayatollah contemporain enseignant à Qom en Iran, dont le guide avait pourtant émis il y a déjà cinq années une fatwa interdisant les attaques contre les personnages révérés par les Sunnites !

A moins que cet ayatollah Chahroudi ne soit aussi un « agent payé par les britanniques pour semer la discorde entre les Musulmans Chiites et Sunnites » et pour mener à bien sa mission, il ait choisi de s’installer à Qom, la ville sainte iranienne ? Que les dirigeants iraniens, à leur tête al-Khameneï, expliquent donc aux Musulmans Chiites et Sunnites, pourquoi condament-ils les propos de l’un et pas ceux de l’autre alors qu’ils sont pour le moins identiques ? Nous serions ravis d’entendre quelles excuses trouveront les ayatollah à ce comportement paradoxal.

Difficile d’imaginer pareille parole, venant d’un musulman, mais c’est bien ce que déclame le chanteur chiite, au sein de cette Hussayniyate avec une foule de chiites en pleine transe :
[videojs mp4= »http://www.al-taqiya.org/wp-content/uploads/2016/02/hussein-ame-allah.mp4″ preload= »auto »]

Si nous devions interroger les Musulmans sur le fait de déclarer que Ali n’est pas un dieu mais qu’il n’est pas moins qu’un dieu, ceux-ci seraient sans aucun doute choqués et ne pourraient que désavouer ce genre de propos ainsi que leurs auteurs. L’ayatollah Ali al-Khâmeneï quant à lui, ne semble pas choqué par ce type de propos puisqu’en réponse à la question ci-dessous dans son ouvrage « Ajwiba al-Istiftâ’ât » (Réponses aux questions) :

Il y a un groupe qui se nomme « Ali al-Lahiya » (Ali la Divinité) et ils disent que Ali (as) n’est pas un dieu mais qu’il n’est pas moins qu’un dieu, quel est leur statut ?

Il répond ceci :

S’ils ne disent pas qu’il (Ali) est un associé à Allah, l’Unique, le Très-Généreux, le Très-Haut (Transcendant) alors leur statut n’est pas comme celui d’un associateur (muchrik).

Voici la fatwa telle qu’elle apparait sur le site officiel de l’Ayatollah al-Khâmeneï :

 

السؤال: هناك فرقة تسمى (علي اللهية) ويقولون أن عليا عليه السلام ليس إلها ولكنه ليس بأقل من الإله فما هو حكم هؤلاء ؟
الجواب: إذا كانوا غير قائلين بشريك لله الواحد المنان المتعال، فليس حكمهم كحكم المشرك .

Question : Il y a un groupe qui se nomme « Ali al-Lahiya » (Ali la Divinité) et ils disent que Ali (as) n’est pas un dieu mais qu’il n’est pas moins qu’un dieu, quel est leur statut ?
Réponse : S’ils ne disent pas qu’il (Ali) est un associé à Allah, l’Unique, le Très-Généreux, le Très-Haut (Transcendant) alors leur statut n’est pas comme celui d’un associateur (muchrik)54.

Voici son ouvrage ainsi que le passage tiré de celui-ci où apparait la fatwa :

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La Fatwa est également disponible sur le site web de l’Ayatollah al-Khâmeneï, nous en avons produit une copie d’écran :

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Nous connaissions la Trinité chrétienne où l’on met en scène trois entités divines, Trinité intitulée également « le Mystère » par nos amis Chrétiens. L’on découvre aujourd’hui un autre Mystère, celui-ci lié à la croyance Chiite Imamite, où Ali n’est pas un dieu mais néanmoins pas moins qu’un dieu !

Voici une fatwa pour le moins hallucinante de l’Ayatollah al-Sistani sur une question d’insémination artificielle pour la femme.

السؤال: لو تم استخراج المني – فرضا – من النبات أو الحيوان هل يجوز تلقيح المرأة به ؟
الجواب: يجوز في حد ذاته.
Question : A supposer que nous extrayons du sperme de plantes ou d’animaux, est il permis d’inséminer la femme avec ?
Réponse : [oui] c’est permis en soit55.

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Nombreux seront les articles du site al-taqiya.org qui évoqueront cette croyance répandue au sein du Chiisme Imamite. Pour vous en rendre compte, il vous suffira de visiter la rubrique intitulée le Coran. Ce thème nous importe à plus d’un titre, car c’est à la fois vous révéler la véritable croyance du Chiisme sur ce qui constitue l’épine dorsale de l’Islam (le Coran) et balayer tous les mensonges et manipulations des propagandistes Chiites Imamites qui s’efforcent de camoufler cette hérésie à travers plusieurs subterfuges.
Dans ce nouvel article, nous allons vous citer les propos d’un célèbre savant Chiite, Abu al-Hassan al-‘Âmilî56, qui déclare très simplement et on ne peut plus clairement que la majorité des savants Chiites croient en la falsification du Coran.
Discours diamétralement opposé à celui que l’on connait, emprunt, soit d’ignorance pour le Chiite lambda, soit, et ce cas est beaucoup plus grave, de Taqiya pour le Chiite plus renseigné. Dans tous les cas, ce discours ne trompe plus personne. Il est vrai qu’à son époque, ses propos ne pouvaient recevoir l’écho qu’ils trouveraient aujourd’hui, dans notre ère de communication en temps réel !
Leurs ouvrages circulaient de main en main, et ils avaient encore cette liberté (du moins plus librement qu’aujourd’hui) de s’exprimer clairement et simplement sur de telles questions. Aujourd’hui, propagande (et internet) oblige, les propos sont plus soigneusement calculés et la Taqiya est doublement de mise, notamment sur cette question sensible de la falsification du Coran.

Avant de vous citer ses propos, nous avons choisit d’apporter un complément à sa biographie, présente sur notre site, en vous citant cet extrait de la biographie qui en est faite par le Cheikh Sayyed Ahmed al-Husseini, dans son ouvrage ‘Talamithat al-Majlissi’ aux pages 12 et 13 :

المولى أبو الحسن الفتوني أبو الحسن بن محمد طاهر بن عبد الحميد بن موسى بن علي بن محمد بن معتوق ابن عبد الحميد النباطي العاملي ، الشريف الفتوني الغروي من أجلاء العلماء الأعاظم ، كما أن آباءه كانوا ذوي علم وفضل ، وقد وصف بالعالم العامل الفاضل الكامل المدقق العلامة أفقه المحدثين وأكمل الربانيين الشريف العدل ، رئيس المحدثين في زمانه وقدوة الفقهاء في أوانه . ولد بأصبهان نحو سنة 1070 ، وأكثر توطنه كان بالنجف الأشرف ، وفى اصبهان كان يسكن في محلة ( درب امام ) ولذا عرف ب‍ ( الامامي ) . له إجازة الحديث من العلامة المجلسي بتاريخ شعبان سنة 1096 وربيع الأول 1107 ، كما أنه قد أجيز أيضا من جماعة من العلماء الاعلام ، ومنهم الشيخ محمد ابن الحسن الحر العاملي والسيد نعمة الله الجزائري وخاله المير محمد صالح الخاتون آبادي . وقد أجاز كثيرا من العلماء ، منهم ابنه المولى أبو طالب الفتوني والشيخ أحمد ابن إسماعيل الجزائري والسيد نصر الله المدرس الحائري والشيخ عبد الله بن كرم الله الحويزي . قال العلامة النوري : وهذا الشيخ جليل القدر عظيم الشأن أفضل أهل عصره فيما أعلم . من تآليفه ( ضياء العالمين في بيان امامة المصطفين ) و ( الفوائد الغروية ) و ( مرآة الأنوار ومشكاة الاسرار ) و ( شريعة الشيعة ودلائل الشريعة ) و ( حقيقة مذهب الإمامية ) و ( تنزيه القميين ) و ( شرح الصحيفة السجادية ) و ( الفوائد المكية ) و ( نصائح الملوك ) . توفى بالنجف الأشرف سنة 1138 ( أو 1139 ) . ( الفيض القدسي ص 86 ، أعيان الشيعة 7 / 342 ، لؤلؤة البحرين ص 107 ، مستدرك الوسائل 3 / 385
Al-Mawla Abu al-Hassan al-Futuni Ibn Muhammad Tahir Ibn Abdul-Hamid Ibn Musa Ibn Ali Ibn Muhammad Ibn Ma’atouq Ibn Abdul-Hamid al-Nabatiy al-Amili, al-Charif al-Futuni al-Gharawi parmi les grands savants vertueux, sa parenté fut constituée d’hommes de sciences et de mérite, il est décrit comme un savant ardent au travail, complet, un observateur pointu, al-Allamah, le plus savant dans le Fiqh parmi les savants du Hadith, l’honorable et le juste, à la tête des savants du Hadith de son époque et un exemple pour les Fuqaha de son temps. Né à Ispahan aux environs de l’an 1070H, il a passé la majeure partie de sa vie à Najaf al-Achraf, il a reçu une Ijaza dans le Hadith de la part de al-Allamah al-Majlissi au mois de Cha’ban 1096H et Rabi’ al-Awal 1107H, il a également reçu une Ijaza d’un groupe de savants renommés et parmi eux le Cheikh Muhammad Ibn al-Hassan al-Hur al-Amili et Sayyed Ni’matullah al-Jazairi ainsi que son oncle al-Mir Muhammad Salih al-Khatounabadi. A son tour, il a accordé des Ijaza à de nombreux savants comme son fils al-Mawla Abu Talib al-Futuni, Cheikh Ahmad Ibn Ismail al-Jazairi, Sayyed Nasrallah al-Muddaris al-Haïri et Cheikh Abdallah Ibn Karamullah al-Huwayzi. Le savant Nuri al-Tabarsi a dit de lui :”Ce Cheikh est de rang important et à ma connaissance le meilleur de son époque.” Parmi ses ouvrages, on peut citer Bayan al-Imamat al-Mustafin, Fawaïd al-Ghuriya, Miraat al-anwar wa Michkat al-Asrar, Chari’at al-Chia wa Dala’il al-Chari’a, Haqiqa Madhab al-Imamiya, Tanzih al-Qommiyin, Charh al-Sahifa al-Sajadiya, Fawaïd al-Makkiyah, Nasaïh al-Muluk. Il est mort à Najaf en 1138H57.

Nous vous invitons à lire maintenant les propos qu’il tient à propos des savants Chiites et de leur croyance concernant la falsification du Coran :

اعلم أن الذي يظهر من ثقة الإسلام محمد بن يعقوب الكليني طاب ثراه أنه كان يعتقد التحريف والنقصان في القرآن لأنه روى روايات كثيرة في هذا المعنى في كتاب الكافي الذي صرح في أوله بأنه كان يثق فيما رواه فيه ولم يتعرض لقدح فيها ولا ذكر معارض لها، وكذلك شيخه علي بن إبراهيم القمي ره فإن تفسيره مملوء منه وله غلو فيه . . . ولقد قال بهذا القول أيضاً ووافق القمي والكليني ره جماعة من أصحابنا المفسرين كالعياشي والنعماني وفرات بن إبراهيم وغيرهم، وهو مذهب أكثر محققي محدثي المتأخرين، وقول الشيخ الأجل أحمد بن أبي طالب الطبرسي كما ينادي به كتابه الاحتجاج وقد نصره شيخنا العلامة باقر علوم أهل البيت عليه السلام وخادم أخبارهم عليه السلام في كتابه بحار الأنوار، وبسط الكلام فيه ما لا مزيد عليه.وعندي في وضوح صحة ذا القول بعد تتبع الأخبار وتفحص الآثار بحيث يمكن الحكم بكونه من ضروريات مذهب التشيع وإنه من أكبر مفاسد غصب الخلافة فتدبر حتى تعلم توهم الصدوق ره في هذا المقام . أنتهى
Tu dois savoir que ce qui ressort (des écrits) de Thiqat al-Islam Muhammad Ibn Ya’qub al-Kulayni, c’est qu’il croyait en la falsification du Coran et à la suppression de versets coraniques car il a rapporté beaucoup de récits à ce sujet dans son livre al-Kafi dans lequel il a explicitement déclaré dans l’introduction qu’il croyait en tout ce qu’il avait rapporté dans son livre. Il n’a ni commenté ni critiqué ces récits, ni même mentionné quoi que soit qui contredise ces récits, ce fut également le cas de son maitre et professeur Ali Ibn Ibrahim al-Qummî dont l’ouvrage d’exégète (Tafsir) contient de nombreux récits de ce type, et il était même extrémiste sur cette question (falsification du Coran)[…] Et un groupe parmi nos savants exégètes ont dit la même chose que al-Kulayni et al-Qummi et s’accordaient avec eux, comme al-’Ayyachi et al-Nu’mani et Furat Ibn Ibrahim et d’autres encore, et de même c’était l’école (al Madh-hab) de la majorité des Muhaqqiqin et Muhaddithin parmi les savants postérieurs (Muta’akh-khirin)58 ou encore les propos du grand savant Ahmad Abu Ali Ibn al-Tabarsi qui évoque abondamment (cette croyance) dans son livre al-Ihtijaj. Et parmi ceux qui soutiennent cette thèse également, figure notre Cheikh al-Allamah Baqir al-Ulum Ahl al-Bayt (al-Majlissi) dans son livre Bihar al-Anwar, il a développé [cette question] de telle sorte qu’il n’y a nul besoin d’ajouter quoi que ce soit. Et en ce qui me concerne, sur la clarification de la véracité de cette parole (sur la falsification du Coran), après avoir recherché et étudié les narrations, il nous est possible de dire (conclure) que cette affaire (cette croyance) fait partie des choses nécessaires [Dharuriyyat] de notre école (Madh-hab) Chiite. Et ceci est la conséquence de la grande corruption qui est apparue après l’usurpation du Califat. Alors étudie celà avec sagesse et tu verras qu’al-Saduq59 n’avait que des illusions à ce sujet.60

Ci-dessous, les passages scannés tirés de son ouvrage :

Comme beaucoup de lecteurs le savent déjà, ce qui est exposé ici est largement connu et répandu, et ne l’ignore que celui qui souhaite rester aveugle et se mentir à lui même. Abu al-Hassan al-Âmilî déclare très clairement que la majorité des savants du Hadith postérieurs [au 7ème siècle de l’hégire] croyaient en la falsification du Coran et il cite plusieurs noms parmi les savants Imamites illustres, tel que :

– al-Kulaynî
– al-Qummî
– al-’Ayyachî
– al-Nu’manî
– Furat Ibn Ibrahim
– Ahmad Abu Ali al-Tabarsi (à ne pas confondre avec Nûri al-Tabarsi)
– al-Majlissî

Des propos totalement opposés à ceux que les prêcheurs Chiites peuvent nous tenir en nous disant qu’une infime minorité d’extrémistes ont eu cette croyance et qu’ils ont été rejettés alors même qu’en lisant ces noms cités par Abu al-Hassan al-‘Âmilî, on s’aperçoit que ces savants sont toujours de très grandes figures du Chiisme Imamite et que leurs ouvrages figurent parmi les ouvrages les plus importants du Fiqh, du Hadith ou du Tafsir Chiite, qu’ils sont mis en ligne sur les sites internet Chiites ou sont publiés par les maisons d’édition Chiites à travers le monde.


Discours du Cheikh Othman al-Khamis sur l’événement intitulé « La calamité du Jeudi »

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