mercredi 13 décembre 2017

La calamité du jeudi

Parmi les thèmes que les prêcheurs Chiites ne cessent de ressasser, « La Calamité du jeudi » tient une place de choix. Non seulement, les Chiites présentent cet évènement comme une preuve de l’Imamat de Ali , mais c’est pour eux une occasion nouvelle de diaboliser et poser un voile de rancune sur leur cœur à l’égard des compagnons (notamment à l’encontre de Omar ibn al-Khattâb ). Dans cet article, nous allons analyser cet événement à propos duquel il faut le rappeler, les Chiites n’ont aucun récit authentique dans leurs ouvrages, et nous allons révéler les spéculations et les accusations gratuites des Chiites.

« La Calamité du jeudi », à quoi cela renvoie-t-il exactement ? Si ceux qui ont côtoyé les Chiites Imamites savent de quoi il en retourne, nombreux sont ceux qui pourront rester perplexes à l’énoncé de cet intitulé qui ressemble plus à un slogan qu’à autre chose. « La Calamité du jeudi » est l’expression sortie des agences de marketing Imamites et qui fait référence à un événement qui s’est déroulé dans la maison du Prophète , un jeudi, le quatrième jour avant sa mort. Alors qu’il était sur son lit, souffrant de douleurs intenses, le Prophète demanda à ceux qui étaient présents dans sa maison de lui apporter de quoi écrire pour leur noter des recommandations afin qu’ils ne puissent jamais s’égarer. Omar voyant le Prophète souffrir d’intenses douleurs et voulant le ménager dans ses souffrances dit : « Vous avez le coran et il nous suffit », les gens présents ont alors divergé sur cette question et les voix s’élevèrent dans la discussion qui se tint, c’est suite à cela que le Prophète leur a demandé de sortir de chez lui.

Les Chiites exploitent cet événement pour dénigrer et diffamer les Compagnons (raahp) et Omar en particulier, et prétendent d’autre part que cet évènement est une preuve de l’Imamat de Ali . Or nous allons voir, ci-après, que c’est un argument qui va se retourner contre eux et se révéler dévastateur pour la base de leurs croyances même. Dans les récits que nous allons passer en revue, ci-dessous, seul Ibn Abbas , alors qu’il était encore enfant, a usé du terme de calamité/malheur (raziyyat) et ce n’est pas le jour même qu’il a qualifié cet évènement ainsi mais par la suite, plusieurs années après.

D’ailleurs, il existe de nombreux récits Chiites comme Sunnites dans lesquels Ibn Abbas vante les mérites de Omar ou d’Abû Bakr , à l’exemple de celui-ci lorsque le compagnon Omar ibn al-Khattab était à l’agonie après avoir été poignardé :

حَدَّثَنَا الصَّلْتُ بْنُ مُحَمَّدٍ، حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، حَدَّثَنَا أَيُّوبُ، عَنِ ابْنِ أَبِي مُلَيْكَةَ، عَنِ الْمِسْوَرِ بْنِ مَخْرَمَةَ، قَالَ لَمَّا طُعِنَ عُمَرُ جَعَلَ يَأْلَمُ، فَقَالَ لَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ ـ وَكَأَنَّهُ يُجَزِّعُهُ ـ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ، وَلَئِنْ كَانَ ذَاكَ لَقَدْ صَحِبْتَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَأَحْسَنْتَ صُحْبَتَهُ، ثُمَّ فَارَقْتَهُ وَهْوَ عَنْكَ رَاضٍ، ثُمَّ صَحِبْتَ أَبَا بَكْرٍ فَأَحْسَنْتَ صُحْبَتَهُ، ثُمَّ فَارَقْتَهُ وَهْوَ عَنْكَ رَاضٍ، ثُمَّ صَحِبْتَ صَحَبَتَهُمْ فَأَحْسَنْتَ صُحْبَتَهُمْ، وَلَئِنْ فَارَقْتَهُمْ لَتُفَارِقَنَّهُمْ وَهُمْ عَنْكَ رَاضُونَ‏.‏ قَالَ أَمَّا مَا ذَكَرْتَ مِنْ صُحْبَةِ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَرِضَاهُ، فَإِنَّمَا ذَاكَ مَنٌّ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى مَنَّ بِهِ عَلَىَّ، وَأَمَّا مَا ذَكَرْتَ مِنْ صُحْبَةِ أَبِي بَكْرٍ وَرِضَاهُ، فَإِنَّمَا ذَاكَ مَنٌّ مِنَ اللَّهِ جَلَّ ذِكْرُهُ مَنَّ بِهِ عَلَىَّ، وَأَمَّا مَا تَرَى مِنْ جَزَعِي، فَهْوَ مِنْ أَجْلِكَ وَأَجْلِ أَصْحَابِكَ، وَاللَّهِ لَوْ أَنَّ لِي طِلاَعَ الأَرْضِ ذَهَبًا لاَفْتَدَيْتُ بِهِ مِنْ عَذَابِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ قَبْلَ أَنْ أَرَاهُ‏.‏ قَالَ حَمَّادُ بْنُ زَيْدٍ حَدَّثَنَا أَيُّوبُ، عَنِ ابْنِ أَبِي مُلَيْكَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، دَخَلْتُ عَلَى عُمَرَ بِهَذَا‏.

Lorsque Omar fut poignardé et montrait des signes d’agonie, Ibn Abbas , comme pour donner du courage à Omar, lui dit « Ô Commandeur des croyants ! Ne sois pas préoccupé par ce qui t’est arrivé, car tu as été en compagnie du Prophète et tu as entretenu de bonnes relations avec lui et vous vous êtes séparés alors qu’il était satisfait de toi. Tu as par la suite, été en compagnie d’Abû Bakr et tu as entretenu de bonnes relations avec lui et vous vous êtes séparés alors qu’il était satisfait de toi. Ensuite, tu as été en compagnie des Musulmans et tu as entretenu de bonnes relations avec eux, et si tu les quittes, tu les quitteras satisfaits de toi. Omar lui répondit : « Quant à ce que tu as dit sur la compagnie du Messager d’Allah et du fait qu’il fut satisfait de moi, c’est une faveur qu’Allah m’a accordé, et à propos de ce que tu as dit sur la compagnie d’Abû Bakr et du fait qu’il fut satisfait de moi, c’est une faveur qu’Allah m’a accordé. Et concernant mon impatience que tu vois là, c’est à cause de toi et tes compagnons. Par Allah ! Si j’avais l’équivalent de la terre en or, je le donnerai en rançon afin d’éviter la punition d’Allah avant de Le rencontrer.« 1

Ibn Abbas rapporte dans le hadith suivant, les propos de Ali lorsque Omar était allongé sur son lit de mort :

حَدَّثَنِي الْوَلِيدُ بْنُ صَالِحٍ، حَدَّثَنَا عِيسَى بْنُ يُونُسَ، حَدَّثَنَا عُمَرُ بْنُ سَعِيدِ بْنِ أَبِي الْحُسَيْنِ الْمَكِّيُّ، عَنِ ابْنِ أَبِي مُلَيْكَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ ـ رضى الله عنهما ـ قَالَ إِنِّي لَوَاقِفٌ فِي قَوْمٍ، فَدَعَوُا اللَّهَ لِعُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ وَقَدْ وُضِعَ عَلَى سَرِيرِهِ، إِذَا رَجُلٌ مِنْ خَلْفِي قَدْ وَضَعَ مِرْفَقَهُ عَلَى مَنْكِبِي، يَقُولُ رَحِمَكَ اللَّهُ، إِنْ كُنْتُ لأَرْجُو أَنْ يَجْعَلَكَ اللَّهُ مَعَ صَاحِبَيْكَ، لأَنِّي كَثِيرًا مِمَّا كُنْتُ أَسْمَعُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ كُنْتُ وَأَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ، وَفَعَلْتُ وَأَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ، وَانْطَلَقْتُ وَأَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ‏.‏ فَإِنْ كُنْتُ لأَرْجُو أَنْ يَجْعَلَكَ اللَّهُ مَعَهُمَا‏.‏ فَالْتَفَتُّ فَإِذَا هُوَ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ‏.‏

Lorsque j’étais parmi les gens qui invoquaient Allah en faveur de Omar allongé sur son lit de mort, un homme derrière moi posa son coude sur mon épaule et dit (à Omar) : « Qu’Allah t’accorde Sa miséricorde ! J’ai toujours espéré qu’Allah te fasse rejoindre tes deux compagnons, car j’ai toujours entendu le Messager d’Allah dire « Moi, Abû Bakr et Omar nous étions (quelque part). Moi, Abû Bakr et Omar nous faisions (quelque chose). Moi, Abû Bakr et Omar nous entreprenions. Alors, j’ai espéré qu’il te garde auprès d’eux. » Je (Ibn Abbas) me tournai et m’aprçu que l’orant était Ali ibn Abi Talib.2

D’après Ibn Abbas , le Prophète dit à propos d’Abu Bakr :

حدثنا مسلم بن إبراهيم حدثنا وهيب حدثنا أيوب عن عكرمة عن ابن عباس رضي الله عنهما: عن النبي صلى الله عليه و سلم قال ( لو كنت متخذا من أمتي خليلا لاتخذت أبا بكر ولكن أخي وصاحبي )

Si j’avais à prendre de ma Nation un (ami) Intime, j’aurais choisi Abû Bakr, mais il est mon frère et mon Compagnon.3

Dans les ouvrages Chiites on trouve également qu’Ibn Abbas ou Ali vante les mérites et les qualités d’Abû Bakr ou Omar , il est rapporté la chose suivante :

رحم الله أبا بكر، كان والله للفقراء رحيماً، وللقرآن تالياً، وعن المنكر ناهياً، وبدينه عارفاً، ومن الله خائفاً، وعن المنهيات زاجراً، وبالمعروف آمراً. وبالليل قائماً، وبالنهار صائماً، فاق أصحابه ورعاً وكفافاً، وسادهم زهداً وعفافاً

Qu’Allah fasse miséricorde à Abû Bakr, Par Allah il était clément envers les pauvres, il récitait le Coran, il interdisait le blâmable, il était un connaisseur de sa religion, il craignait Allah, il réprimait les actes prohibés et ordonnait le convenable, il passait la nuit en priant et le jour en jeûnant, il a surpassé ses compagnons en piété et en sobriété, et les a devancé en ascétisme et en chasteté.4

Dans le sermon 228 de l’ouvrage Nahj al-Balagha5 (rédigé par le savant Chiite Charif al-Radhi qui aurait receuilli des sermons attribués à Ali ), Ali aurait dit ceci :

ومن كلام له عليه السلام يريد به بعض أصحابه

لِلَّهِ بَلَاءُ فُلَانٍ فَلَقَدْ قَوَّمَ الْأَوَدَ وَدَاوَى الْعَمَدَ وَأَقَامَ السُّنَّةَ وَخَلَّفَ الْفِتْنَةَ ذَهَبَ نَقِيَّ الثَّوْبِ قَلِيلَ الْعَيْبِ أَصَابَ خَيْرَهَا وَسَبَقَ شَرَّهَا أَدَّى إِلَى اللَّهِ طَاعَتَهُ وَاتَّقَاهُ بِحَقِّهِ رَحَلَ وَتَرَكَهُمْ فِي طُرُقٍ مُتَشَعِّبَةٍ لَا يَهْتَدِي بِهَا الضَّالُّ وَلَا يَسْتَيْقِنُ الْمُهْتَدِي.

Qu’Allah récompense Untel, car il a [certes] rectifié les distorsions, guéri les maux, et établi la Sunnah, et s’est éloigné de la Fitna. Il est parti [de ce monde] endossé des vêtements de la piété, avec peu d’imperfection. Il a accompli le bien et s’est tenu à l’écart du mal. Il s’est acquitté envers Allah de son devoir d’obéissance et L’a craint comme il se doit. Il s’en est allé et a laissé les gens dans des chemins divisés. L’égaré ne pouvant trouver guidance et le guidé ne pouvant atteindre la certitude.

Dans le Charh du Nahj al-Balagha6 du chiite Ibn Abi al-Hadid, ce dernier commente le sermon 228 en disant ceci :

و فلان المكنى عنه عمر بن الخطاب و قد وجدت النسخة التي بخط الرضي أبي الحسن جامع نهج البلاغةو تحت فلان عمر

Et le surnommé « Untel » ici est Omar ibn al-Khattab, et j’ai trouvé un exemplaire manuscrit écrit de la propre main de Radi Abi al-Hassan, le compilateur du Nahj al-Balagha, et en dessous de Fulan, [il est écrit] Omar.

C’est ainsi que nous pouvons lire les propos atribués à Ali concernant Omar :

Qu’Allah récompense Omar, car il a [certes] rectifié les distorsions, guéri les maux, et établi la Sunnah, et s’est éloigné de la Fitna. Il est parti [de ce monde] endossé des vêtements de la piété, avec peu d’imperfection. Il a accompli le bien et s’est tenu à l’écart du mal. Il s’est acquitté envers Allah de son devoir d’obéissance et L’a craint comme il se doit. Il s’en est allé et a laissé les gens dans des chemins divisés. L’égaré ne pouvant trouver guidance et le guidé ne pouvant atteindre la certitude.

Nous allons donc débuter cette étude en mentionnant les récits authentiques de cet évènement que l’on trouve dans les ouvrages Sunnites puis répondre aux différentes objections soulevées par les precheurs Chiites Imamites et qui se résument à :
1- Omar accuse le Prophète de délirer (hajara).
2- Désobéissance de Omar et des Compagnons (raahp) à un ordre du Prophète .
3- La parole de Omar « Le Coran nous suffit » indiquant qu’il rejette la Sunna du Prophète .
4- Le Prophète voulait en réalité écrire un testament en faveur de Ali pour le désigner comme son successeur mais les Compagnons (raahp), à la tête desquels Omar l’en ont empêché.
Et avant de conclure, nous essayerons de comprendre pourquoi les savants Chiites se focalisent sur Omar et évitent soigneusement de s’attarder sur la réaction du Prophète sur cette question.

I- Les versions authentiques du récit dit de « La calamité du jeudi »


Muslim rapporte :

و حدثني‏ ‏محمد بن رافع ‏‏وعبد بن حميد‏ ‏قال‏ ‏عبد ‏‏أخبرنا ‏‏و قال ‏ ‏ابن ر‏حدثنا ‏‏عبد الرزاق ‏‏أخبرنا‏ ‏معمر‏‏عن ‏‏الزهري‏ ‏عن‏ ‏عبيد الله بن عبد الله بن عتبة‏ ‏عن‏ ‏ابن عباس‏ ‏قال: ‏لما حضر رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏وفي البيت رجال فيهم ‏‏عمر بن الخطاب ‏‏فقال النبي ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏هلم ‏ ‏أكتب لكم كتابا لا تضلون بعده فقال ‏ ‏عمر ‏ ‏إن رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏قد غلب عليه الوجع وعندكم القرآن حسبنا كتاب الله فاختلف أهل البيت فاختصموا فمنهم من يقول قربوا يكتب لكم رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏كتابا لن تضلوا بعده ومنهم من يقول ما قال ‏‏عمر ‏‏فلما أكثروا اللغو ‏ ‏والاختلاف عند رسول الله‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏قال رسول الله ‏‏صلى الله عليه وسلم ‏‏قوموا. ‏قال ‏‏عبيد الله ‏ ‏فكان ‏ ‏ابن عباس ‏ ‏يقولا ‏ ‏إن ‏ ‏الرزية ‏ ‏كل ‏ ‏الرزية ‏ ‏ما حال بين رسول الله ‏‏صلى الله عليه وسلم ‏‏وبين أن يكتب لهم ذلك الكتاب من اختلافهم ‏ ‏ولغطهم

Ibn Abbas rapporte: « Quand le Prophète fut à l’agonie, parmi les présents dans la demeure se trouvait Omar ibn al-Khattâb. Le Prophète dit: « Apportez-moi de quoi vous écrire un texte, de sorte que vous ne vous égareriez pas par la suite. » Omar dit alors : « Le Prophète éprouve une douleur intense. Vous avez le Coran et il nous suffit. » Un débat s’engagea entre les gens présents dans la maison et ils se querellèrent, d’un coté ceux qui disaient : qu’on apporte ce qu’a demandé le Prophète afin qu’il puisse écrire le texte qui nous protège de l’égarement et de l’autre coté ceux qui étaient de l’avis d’Omar. La dispute et la divergence prenait de l’ampleur chez le Prophète , il leur dit alors de s’en aller. Ubayd Allah [le rapporteur] dit : Ibn Abbas, disait : « Le malheur, tout le malheur fut que cette dispute empêcha le Prophète de leur faire écrire ce texte à cause de leur dispute et leur divergence »7

Al-Bukhâri rapporte :

حدثنا ‏‏يحيى بن سليمان ‏‏قال حدثني ‏‏ابن وهب‏ ‏قال أخبرني ‏يونس‏ ‏عن ‏‏ابن شهاب‏ ‏عن‏ ‏عبيد الله بن عبد الله ‏‏عن ‏‏ابن عباس ‏قال: ‏لما اشتد بالنبي ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏‏وجعه قال ‏‏ائتوني بكتاب أكتب لكم كتابا لا تضلوا بعده قال ‏‏عمر ‏‏إن النبي ‏صلى الله عليه وسلم ‏‏غلبه ‏‏الوجع وعندنا كتاب الله حسبنا فاختلفوا وكثر‏ ‏اللغط ‏ ‏قال قوموا عني ولا ينبغي عندي التنازع. ‏فخرج ‏‏ابن عباس‏ ‏يقول ‏ ‏إن ‏‏الرزية‏ ‏كل‏ ‏الرزية ‏‏ما حال بين رسول الله ‏‏صلى الله عليه وسلم ‏‏وبين كتابه

Ibn Abbas a dit : « Quand les souffrances du Prophète devinrent plus vives, il dit: « Qu’on m’apporte de quoi écrire afin que je vous mette par écrit ce qui vous préservera de l’égarement après moi ! — La douleur domine le Prophète, dit alors Omar ; nous avons le Livre de Dieu qui nous suffit. » Les avis à ce moment furent partagés et la discussion devint bruyante. « Retirez-vous, laissez-moi, reprit le Prophète, il ne convient pas qu’on se dispute en ma présence ! » Ibn Abbas sortit en disant : « Le malheur, tout le malheur est dans ce qui fut un obstacle entre le Prophète et son écrit. »8

 

Il rapporte aussi :

‏حدثنا ‏‏محمد ‏‏حدثنا ‏ ‏ابن عيينة ‏‏عن ‏‏سليمان بن أبي مسلم الأحول ‏‏سمع‏ ‏سعيد بن جبير ‏‏سمع ‏ابن عباس ‏‏رضي الله عنهما ‏يقول : ‏يوم الخميس وما يوم الخميس ثم بكى حتى بل دمعه الحصى قلت يا ‏أبا عباس‏ ‏ما يوم الخميس قال اشتد برسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏وجعه فقال ‏ائتوني بكتف أكتب لكم كتابا لا تضلوا بعده أبدا فتنازعوا ولا ينبغي عند نبي تنازع فقالوا ما له ‏ ‏أهجر ‏استفهموه فقال ذروني فالذي أنا فيه خير مما تدعونني إليه فأمرهم بثلاث قال أخرجوا المشركين من ‏جزيرة العرب ‏ ‏وأجيزوا ‏ ‏الوفد بنحو ما كنت أجيزهم ‏والثالثة خير إما أن سكت عنها وإما أن قالها فنسيتها ‏قال ‏‏سفيان‏ ‏هذا من قول ‏سليمان

Ibn Abbas a dit : Le jour de jeudi et qu’est-ce que le jour de jeudi ? Et puis il pleura jusqu’a ce que ses larmes mouillaient les cailloux, j’ai dit «Aba Abbas, qu’est ce que le jour de jeudi ? » Il a dit « Quand les souffrances du Prophète devinrent plus vives, il dit : « Qu’on m’apporte de quoi écrire afin que je vous mette par écrit ce qui vous préservera de l’égarement après moi ! Alors ils commencèrent à se disputer [verbalement] entre eux et il ne convient pas de se disputer chez un Prophète, ils dirent : qu’est ce qu’il a ? Délire-t-il ? Interrogez-le ! Il dit : « laissez moi, l’état dans lequel je suis est mieux que celui auquel vous m’invitez » puis il leur a ordonné trois choses, il a dit : faites sortir les associateurs de l’Ile d’Arabie, comportez-vous avec la délégation de la même façon que je le faisais avec eux et la troisième soit il ne l’a pas dite soit il la dite et je l’ai oubliée. » Sufyane [Ibn Uyayna le rapporteur] a dit : la dernière phrase est la parole de Sulaymân [le rapporteur].9

Avant d’en venir aux objections, il faut noter ici un point très important : Il ne se trouve aucun récit authentique dans les ouvrages Chiites de cet événement, et cela selon leurs propres règles d’authentification.
Et concernant les critiques qu’ils formulent à l’encontre de Omar , un de leurs grands savants, l’Ayatullah Muhammed Assaf Muhsini fait part de son grand étonnement :

من عجيب الحال أنه لا رواية عند الشيعة ولو بسند ضعيف تروي ما قاله عمر ومن تبعه لرسول الله صلى الله عليه وسلم في مرضه بعد أن رد أمره باتيان القرطاس و الدواة: إن الرجل يهجر أو قد غلبه الوجع (كلتا الجملتين بمعنى واحد) حسبنا كتاب الله كما نقله أهل السنة في صحاحهم و كتبهم

Ce qui est étonnant c’est qu’on ne trouve aucun récit chez les Chiites ne fusse qu’avec une chaîne faible de rapporteurs qui rapporte ce qu’Omar, et ceux qui l’ont suivi, ont dit au Messager d’Allah lors de sa maladie après son refus de lui apporter de quoi écrire: l’homme délire ou il éprouve une douleur intense (les deux phrases signifient la même chose), le livre d’Allah nous suffit, comme il est rapporté par les Sunnites dans leurs livres authentiques et leurs ouvrages.10

Nous avons ici une chose très surprenante ! Les Chiites Imamites n’ont aucun récit authentique de cet évènement, ils n’ont aucun récit faisant part des propos de Omar , et ils rejettent les récits Sunnites (qu’ils ne reconnaissent pas) ou tout du moins ils les utilisent dans le cadre de débats avec les Sunnites, et pourtant ils croient à cet évènement comme si c’était une révélation divine et en font l’un des piliers de leur prêche, pour s’en convaincre il suffit de faire une recherche Google avec les mots clés « calamité » et « jeudi ».

II- Première objection : Omar accuse le prophète de délirer (Hajara)
Les Chiites attribuent cette parole à Omar alors que dans aucune, absolument aucune version authentique du Hadith de « la Calamité du jeudi », Omar ne tient de tels propos. Dans les récits où ce terme apparaît, ce dernier est toujours précédé de la forme plurielle « Ils dirent », puis suivi par « interrogez-le, » qui nous montre que la question indique la négation, en d’autres termes :  » interrogez-le car le Prophète ne peut délirer ». En effet, à quoi bon interroger quelqu’un si l’on sait qu’il délire ?
Le mot hajara en arabe a deux sens :
-Il indique soit le délire ou soit fait référence à un mélange de propos incompréhensibles à cause d’un enrouement ou d’une inflammation des cordes vocales ou d’une lourdeur de la langue suite à une maladie telle que la fièvre.
Il est indiscutable que le premier sens ne peut être attribué au Messager d’Allah car comme on le sait qu’il soit malade ou non, en colère ou non, il ne disait que la vérité (al-Haq). Par contre le deuxième sens peut-être envisagé dans le cas présent car on sait que les Prophètes (as) peuvent être atteints par la maladie.

Le Prophète déclare dans un hadith rapporté par Bukhâri et Muslim :

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ حَوْشَبٍ حَدَّثَنَا إِبْرَاهِيمُ بْنُ سَعْدٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ عُرْوَةَ عَنْ عَائِشَةَ – رضى الله عنها – قَالَتْ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ – صلى الله عليه وسلم – يَقُولُ « مَا مِنْ نَبِىٍّ يَمْرَضُ إِلاَّ خُيِّرَ بَيْنَ الدُّنْيَا وَالآخِرَةِ » . وَكَانَ فِى شَكْوَاهُ الَّذِى قُبِضَ فِيهِ أَخَذَتْهُ بُحَّةٌ شَدِيدَةٌ فَسَمِعْتُهُ يَقُولُ ( مَعَ الَّذِينَ أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَيْهِمْ مِنَ النَّبِيِّينَ وَالصِّدِّيقِينَ وَالشُّهَدَاءِ وَالصَّالِحِينَ ) فَعَلِمْتُ أَنَّهُ خُيِّرَ

Aicha (raaf) rapporte : j’ai entendu le Prophète dire :  »Tout Prophète qui tombe malade, on lui donne le choix entre la vie d’ici bas et l’au-delà », et il était atteint, lors de sa maladie à la suite de laquelle il est mort, d’un enrouement aigu, et je l’ai entendu dire :  »Avec ceux que Dieu a comblés de ses bienfaits : les Prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux ».11Alors j’ai su qu’on lui a donné le choix.12

Ce récit montre très clairement que le Prophète , en plus de décrire la condition des Prophètes (as) face à la maladie, a été atteint d’un enrouement suite à sa maladie avant sa mort. Les Chiites s’arrêtent sur ce mot (Hajara) pour accuser Omar et les compagnons d’avoir ainsi qualifié le Prophète de délirer (ce qui est totalement faux) alors que les ouvrages Chiites mentionnent des récits similaires qui décrivent les Imams comme délirants ou plus gravement : le Prophète comme divaguant.
Avant de rapporter ces récits, rappelons le statut et le rang que les Imams occupent par rapport aux Prophètes (as), aux Messagers (as) et aux Anges (as).
Al-Khomeiny écrit par exemple dans son ouvrage « La République Islamique » (al-Hukumat al-Islâmiya):

والتي تكون بموجبها جميع ذرات الوجود خاضعة أمام « ولي الأمر ». من ضروريات مذهبنا أنه لا يصل أحد إلى مراتب الأئمة – عليهم السّلام – المعنوية. حتى الملك المقرّب، والنّبي المرسل. وفي الأساس فإن الرّسول الأكرم – صلّى الله عليه وآله وسلّم – والأئمة – عليهم السّلام – – وبحسب رواياتنا – كانوا أنواراً في ظل العرش قبل هذا العالم، … أو كقولهم – عليهم السّلام – « إن لنا مع الله حالات لا يَسعُها ملكٌ مقربٌ ولا نبيٌ مرسلٌ

L’Imam a un rang louable et un degré élevé, et il possède une gérance terrestre dont l’autorité et le pouvoir s’imposent à tous les atomes de la création. Et parmi les exigences de notre dogme, se trouve la croyance que nos Imams occupent un rang auquel n’accède ni Ange rapproché, ni Prophète envoyé. Selon les principes de base et nos récits, le Grand Messager d’Allah et les Imams étaient avant la création de ce monde des lumières avec lesquelles Allah a entouré Son Trône … Et il est rapporté de nos Imams : -Nous jouissons auprès d’Allah de stations auxquelles n’accèdent ni Ange rapproché, ni Prophète envoyé.13

Allamah al-Majlissi,quant à lui, déclare que les Imams ont un rang plus élevé que les Ulu Al’Azm14parmi les Messagers, il écrit :

بيان: أقول: قد اورد على هذا الخبر إعضال وهو أنه إذا كان المراد بالذبح العظيم قتل الحسين (عليه السلام) لا يكون المفدى عنه أجل رتبة من المفدى به فان أئمتنا صلوات الله عليهم أشرف من اولي العزم (عليهم السلام) فكيف من غيرهم؟ مع أن الظاهر من استعمال لفظ الفداء، التعويض عن الشئ بما دونه في الخطر والشرف.

Nos Imams que la paix soit sur eux sont plus nobles que les Ulu Al’Azm.15

Nous pouvons donc conclure que tout ce qui est attribuable aux Imams peut-être attribué aux Messagers et aux Prophètes car ils [les Imams] sont meilleurs qu’eux.
Ceci étant, dans un récit du sixième Imam Ja’far Al-Sâdiq affirme que lui-même délirait :

– حدثنا محمد بن الحسين عن صفوان بن يحيى عن أبي خالد القماط عن حمران بن أعين قال قلت لأبي عبد الله ع أنبياء أنتم قال لا قلت فقد حدثني من لا أتهم أنك قلت إنا أنبياء قال من هو أبو الخطاب قال قلت نعم قال كنت إذا أهجر

Ibn A’yun a dit : j’ai questionné Abu Abdallah (as) [Ja’far Al-Sâdiq] : Vous (les Imams) êtes des Prophètes ? Il a dit : Non. J’ai dit : Une personne, que je n’accuse pas, m’a dit que tu as dit : Nous sommes des Prophètes. Al-Sâdiq a dit : C’est qui ? Abu al-Khattâb ? J’ai répondu : Oui, il a dit : Dans ce cas, je délirais.16

Dans un autre récit, les disciples d’un autre Imam (Ali Zine Al-‘Âbidîne) le décrivent comme étant sujet au délire :

قَالَ حَضَرَ عَلِيَّ بْنَ الْحُسَيْنِ ( ع ) الْمَوْتُ فَقَالَ يَا مُحَمَّدُ أَيُّ لَيْلَةٍ هَذِهِ قَالَ لَيْلَةُ كَذَا وَ كَذَا قَالَ وَ كَمْ مَضَى مِنَ الشَّهْرِ قَالَ كَذَا وَ كَذَا قَالَ إِنَّهَا اللَّيْلَةُ الَّتِي وُعِدْتُهَا وَ دَعَا بِوَضُوءٍ فَقَالَ إِنَّ فِيهِ فَأْرَةً فَقَالَ بَعْضُ الْقَوْمِ إِنَّهُ يَهْجُرُ فَقَالَ هَاتُوا الْمِصْبَاحَ فَجِي‏ءَ بِهِ فَإِذَا فِيهِ فَأْرَةٌ فَأَمَرَ بِذَلِكَ الْمَاءِ فَأُهَرِيقَ وَ أَتَوْهُ بِمَاءٍ آخَرَ فَتَوَضَّأَ وَ صَلَّى حَتَّى إِذَا كَانَ آخِرُ اللَّيْلِ تُوُفِّيَع

Ja’far al-Sâdiq dit : Dans les dernières heures de la vie de Ali [Zine al-‘Âbidîne] fils de Hussein il dit : « Ô Muhammed [son fils l’Imam Al-Bâqir] quelle nuit sommes-nous aujourd’hui ? » Il lui répondit : « Nous sommes telle et telle nuit ». Il dit : « Et quel jour du mois sommes-nous ? » Il lui répondit : « Nous sommes tel et tel jour du mois ». Il dit : « C’est cette nuit qui m’a été promise », puis il a demandé un récipient d’eau pour faire les ablutions. Après qu’on le lui ait ramené, il dit : « Il y a une souris là-dedans », certaines personnes ont dit : « Il délire ». Il dit : « Ramenez-moi une lampe » et il s’est avéré qu’il y avait effectivement une souris à l’intérieur. Il a demandé qu’on jette l’eau et de lui en ramener une autre, puis il a fait ses ablutions et accompli sa prière et mourut dans les dernières heures de la nuit.17

Si l’on adopte le raisonnement Chiite qui affirme que Omar est l’auteur du propos : « il délire ? Interrogez-le » par le simple fait que son nom ait été cité dans le récit (au début), on peut pareillement accuser l’Imam Mohammed Al-Bâqir d’avoir été l’auteur lui aussi du propos : « Il délire » dans ce récit imamite. Sachant en plus que dans ce récit les propos sont tenus comme une affirmation et non comme une interrogation, ce qui est plus grave, on aurait donc dans le cas présent un Imam Infaillible qui déclare qu’un autre Imam Infaillible délire, et cela en appliquant la même logique chiite sur ce récit.
Dans le récit [imamite] qui suit, encore plus grave, le Prophète est décrit comme divaguant, al-Sadûq rapporte :

عن ابن عباس: … ثم قال: انطلقا بي إلى فاطمة. فجاءا به حتى وضع رأسه في حجرها، فإذا الحسن والحسين عليهما السلام يبكيان ويصطرخان وهما يقولان: أنفسنا لنفسك الفداء، ووجوهنا لوجهك الوقاء. فقال رسول الله صلى الله عليه وآله من هذان يا علي؟ قال: هذان ابناك الحسن والحسين. فعانقهما وقبلهما

Ibn Abbas rapporte : … Et puis il [le Prophète] a dit : conduisez-moi chez Fatima, et quand ils arrivèrent chez elle, il a mis sa tête sur ses jambes. Alors Al-Hassan et Al-Hussein commencèrent à pleurer, crier et dirent : que nos âmes soient un sacrifice pour la tienne et nos faces une protection pour la tienne, le Prophète dit : Ô Ali, qui sont ces deux-là ? Il lui a répondu : Ce sont tes [petit] fils Al-Hassan et Al-Hussein ! Alors il les a serrés contre lui et les a embrassés.18

Ce récit affirme que le Prophète divaguait à tel point qu’il n’était même pas capable de reconnaitre ses propre petits fils : Al-Hassan et Al-Hussein !

III- Deuxième objection : Désobéissance de Omar et des compgnons à un ordre du Prophète

Les Chiites Imamites exploitent ce récit de « la Calamité du jeudi » pour accuser Omar et les Compagnons (raahp) d’avoir désobéi à l’ordre du Prophète car ils savaient, selon eux, que le Prophète voulait designer Ali comme son successeur à la charge de Commandeur des Croyants (Calife) de la Umma après sa mort.
Or dans ces récits que l’on retrouve dans les ouvrages sunnites et dont il n’existe aucune version authentique chez les Imamites, il n’a jamais été question de désobéissance et de rejet à un ordre du Prophète . En effet, la réaction de Omar , ainsi que celle des autres Compagnons (raahp) qui partageaient son avis, n’était motivée que par l’intention qu’il avait de ménager le Prophète qui était dans un état d’agonie et de grande souffrance (comme cela est mentionné dans le Hadith de Muslim), et de lui épargner tout effort. De toute évidence, Omar savait parfaitement qu’il n’était pas question de transmettre un nouveau message de la part d’Allah, qui n’ait déjà été énoncé dans le Coran ou dans la Sunna. L’intention du Prophète n’était que de confirmer et d’insister sur un commandement qu’il avait déjà transmis. Omar ayant donc bien compris cela, voulut épargner au Prophète cette peine supplémentaire, d’où sa réaction.

Il faut savoir également que les échanges d’opinions (parfois divergents) étaient assez fréquents entre le Prophète et les Compagnons (raahp), comme en témoignent de nombreux Hadiths. Ainsi, Bukhâri et Muslim rapportent dans leurs Sahîhs d’après Ali Ibn Abi Tâlib :

وَحَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ بْنُ سَعِيدٍ حَدَّثَنَا لَيْثٌ عَنْ عُقَيْلٍ عَنِ الزُّهْرِىِّ عَنْ عَلِىِّ بْنِ حُسَيْنٍ أَنَّ الْحُسَيْنَ بْنَ عَلِىٍّ حَدَّثَهُ عَنْ عَلِىِّ بْنِ أَبِى طَالِبٍ أَنَّ النَّبِىَّ -صلى الله عليه وسلم- طَرَقَهُ وَفَاطِمَةَ فَقَالَ « أَلاَ تُصَلُّونَ ». فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّمَا أَنْفُسُنَا بِيَدِ اللَّهِ فَإِذَا شَاءَ أَنْ يَبْعَثَنَا بَعَثَنَا فَانْصَرَفَ رَسُولُ اللَّهِ -صلى الله عليه وسلم- حِينَ قُلْتُ لَهُ ذَلِكَ ثُمَّ سَمِعْتُهُ وَهُوَ مُدْبِرٌ يَضْرِبُ فَخِذَهُ وَيَقُولُ: وَكَانَ الإِنْسَانُ أَكْثَر شَىْءٍ جَدَلاً

D’après Ali Ibn Abi Tâlib : le Prophète se rendit de nuit à l’improviste chez lui. Il me demanda ainsi qu’à Fatima : « N’allez-vous pas faire la prière nocturne ? » J’ai répondu: « Ô Envoyé d’Allah, nos âmes sont entre les mains d’Allah, s’Il veut nous réveiller, Il nous réveillera19. » En entendant cette réponse, le Prophète s’en alla et ne cessa de réciter le verset du Coran, en frappant ses cuisses de ses mains: « L’homme cependant, est de tous les êtres celui qui dispute le plus. »20

 

Ce Hadith montre Ali répondant au Prophète suite à une recommandation (la prière nocturne) qu’il lui a faite. Mais comme ce qu’il disait n’était pas faux en soi et que l’intention qui motivait sa réaction n’était pas mauvaise, le Prophète ne lui fit aucun reproche, se contenant de réciter un verset du Coran. A l’exemple de Ali ici qui ne commet aucun péché en répondant de la sorte au Prophète , il en est de même au sujet de Omar qui évoque la souffrance du Prophète et souhaite le ménager.
De situations anecdotiques, les propagandistes Imamites s’empressent de les monter en épingle dans un seul but : dénigrer et diffamer les Compagnons (raahp), c’est le seul objectif qu’ils poursuivent.
Le comble c’est que l’on trouve dans les ouvrages imamites des récits authentiques qui affirment que le Prophète a été victime de ce que les Imamites qualifient de désobéissance, de la part de Ali lui-même. Parmi ces récits, celui relatif au pacte de Hudaybiya.21

Al-Qummi rapporte d’après l’Imam Ja’far al-Sâdiq :

ثم قال: امح يا علي واكتب محمد بن عبد الله، فقال أمير المؤمنين عليه السلام: ما أمحو اسمك من النبوة أبدا، فمحاه رسول الله صلى الله عليه وآله بيده

Et puis il [le Prophète] dit : Ali, efface « Messager d’Allah » et écris : Muhammed Ibn Abd Allah. Alors le prince des croyants (as) a dit : je n’effacerai jamais ton nom de la prophétie ! Alors le Prophète l’a effacé de ses propres mains.22

Dans ce récit authentique, Ali refuse d’obéir à l’ordre formel du Prophète d’effacer le titre « Messager d’Allah » lors de la rédaction du pacte de Hudaybiya (en l’an 6 de l’Hégire). Il a fallu que le Prophète lui-même le fasse. A partir de là, les Chiites sont confrontés à ce dilemme :
– Soit ils considèrent que Omar tout comme Ali n’ont commis aucune faute qui pourrait leur être reprochée, en ne mettant pas en application un ordre du Prophète dans des circonstances précises et pour une raison justifiée.
– Soit ils persistent dans leur haine aveugle à l’égard de Omar et établissent une différence injustifiée et injustifiable entre le refus de Ali d’obéir au Prophète et l’objection formulée par Omar pour ménager le Prophète .
Après cela, s’ils persistent à considérer que Omar a outrepassé les ordres du Prophète en refusant qu’on lui apporte de quoi écrire, nous disons que Ali a adopté un comportement similaire dans ce Hadith rapporté par l’Imâm Ahmad dans son « Musnad » :

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ حَدَّثَنِى أَبِى حَدَّثَنَا بَكْرُ بْنُ عِيسَى الرَّاسِبِىُّ حَدَّثَنَا عُمَرُ بْنُ الْفَضْلِ عَنْ نُعَيْمِ بْنِ يَزِيدَ عَنْ عَلِىِّ بْنِ أَبِى طَالِبٍ قَالَ أَمَرَنِى النَّبِىُّ -صلى الله عليه وسلم- أَنْ آتِيَهُ بِطَبَقٍ يَكْتُبُ فِيهِ مَا لاَ تَضِلُّ أُمَّتُهُ مِنْ بَعْدِهِ – قَالَ – فَخَشِيتُ أَنْ تَفُوتَنِى نَفْسُهُ. قَالَ قُلْتُ إِنِّى أَحْفَظُ وَأَعِى . قَالَ: أُوصِى بِالصَّلاَةِ وَالزَّكَاةِ وَمَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ

Ali rapporte que le Prophète s’adressa à lui et lui ordonna d’apporter un plateau afin qu’il y inscrive une chose qui empêcherait pas la suite à sa Umma de s’égarer. Il (Ali ) dit: « J’ai eu peur alors qu’il ne nous quitte (décède) en mon absence. » Il raconte: Je dis alors: « Je retiens et mémorise très bien (à l’audition). » Le Prophète dit: « Je vous recommande fermement de respecter la Salât et la Zakât, ainsi que de bien vous comporter envers vos esclaves.« 23

Si les Imamites considèrent que le comportement de Ali , ici lorsque le Prophète lui demande de rapporter de quoi écrire, n’est nullement une désobéissance à un ordre du Prophète , parce qu’il craint lors de son absence que le Prophète ne rende l’âme, pourquoi le comportement de Omar , motivé par la compassion à l’égard du Prophète et par le fait qu’il ne voulait pas que le Prophète se donne de la peine alors qu’il souffrait déjà beaucoup, constituerait-il une faute ?
Et puis, parmi tous les Compagnons qui étaient présents à ce moment, le seul qui ait exprimé des regrets par rapport à ce qui s’était passé fut Ibn-Abbas . Ali , par exemple, n’a jamais, pas même durant son califat, exprimé de reproches à l’encontre de Omar pour avoir refusé d’apporter de quoi écrire au Prophète . Ce qui suppose bien, qu’à ses yeux également, Omar n’avait pas commis de faute.
On ne peut que s’étonner de cette logique et ce raisonnement qui considère le comportement de Omar , par amour et par compassion à l’égard du Prophète , comme un crime impardonnable alors que le refus de Ali à un ordre direct du Prophète , par amour et compassion également, est considéré comme une qualité et un grand mérite !

En réalité la raison de ce « deux poids, deux mesures » se trouve dans le fait que les Imamites vouent une rancune et une haine millénaire à l’encontre de celui qui mit fin à la dynastie perse : mère patrie des Imamites. Pour le musulman objectif, lorsqu’il lit ces récits, il ne comprend nullement qu’il est question de désobéissance au Prophète ni de la part de Omar ni de la part de Ali , ni de rejeter son ordre.

On peut énumérer ci-après, un certain nombre de ce « deux poids, deux mesures », et qui restent autant de questions auxquelles les Imamites n’apporteront aucune réponse :
1- Les Chiites prétendent que le terme Ahl Al-Bayt est un terme propre et spécifique aux gens de la couverture (Ahl al-Kissâ) qui sont : Ali , Fatima (raaf), Al-Hassan et Al-Hussein . Or, dans le récit de la Calamité du jeudi il est mentionné que ce sont les Ahl Al-Bayt qui se sont disputés et qui ont divergé sur la question d’apporter ou non de quoi écrire au Prophète , et les récits vont jusqu’à préciser qu’ils se trouvaient parmi les Ahl Al-Bayt certains qui étaient de l’avis de Omar :

Une discussion s’engagea entre les Ahl al-Bayt et ils se disputèrent, d’un côté ceux qui disaient : qu’on apporte ce qu’a demandé le Prophète afin qu’il puisse écrire le texte qui nous protège de l’égarement et de l’autre côté ceux qui étaient de l’avis de Omar.

Ainsi, si on critique Omar on doit logiquement critiquer ceux parmi les Ahl Al-Bayt qui étaient de son avis.

2- Dans l’optique où les Imamites répondraient que le terme Ahl Al-Bayt dans ce récit désigne tous les gens présents dans la maison du Prophète , alors leur croyance sur l’Infaillibilité des Imams qui repose sur le verset de la purification s’écroule parallèlement.
En effet, car si on suit cette explication, on doit interpréter le verset de la purification, sur lequel les Imamites se basent pour fonder leur concept d’Infaillibilité, de la même manière et comprendre qu’il est descendu à propos des femmes du Prophète qui sont les seules personnes à rester présentes dans la maison du Prophète tout au long de l’année, contrairement à Ali et Fatima (raaf) et leurs enfants qui habitent une maison autre que celle du Prophète . Sachant par ailleurs, et cette question sera traitée plus en détail dans un prochain article, qu’il n’existe aucune version authentique du Hadith de la couverture (Hadith al-Kissâ) dans les ouvrages imamites, selon les règles imamites d’authentification des récits !

3- Les récits de la Calamité du jeudi montrent que Omar n’était pas seul dans la pièce au moment où le Prophète avait demandé qu’on lui apporte de quoi écrire : Il y avait également al-Abbas et son fils Abdullah le narrateur du récit, ainsi que Ali , entre autres qui étaient présents. Tous les trois sont des membres unanimement reconnus des « Ahl Al-Bayt », des gens de la Maison du Prophète . Dans le récit, il est mentionné qu’une discussion éclata entre les gens pour savoir s’il fallait ou non apporter de quoi écrire, sans citer nommément ni les Compagnons qui étaient « pour » et ni ceux qui étaient « contre ». Il y a donc deux possibilités qui existent au sujet de Ali et de al-Abbas .
– Soit ils étaient du même avis que Omar , auquel cas cela signifierait, selon les Chiites, qu’ils ont également désobéi à un ordre du Prophète .
– Soit ils étaient de ceux qui voulaient que l’on obéisse à l’ordre du Prophète et dans ce cas, la question qui se pose est : Pourquoi ont-ils obéi à d’autres personnes au lieu d’obéir au Prophète ? Pourquoi n’ont-ils pas apporté ce que le Prophète avait demandé et se sont-ils contentés de se disputer avec ceux qui étaient de l’avis opposé ? Mais autrement plus important : Pourquoi n’ont-ils pas demandé à nouveau au Prophète ce qu’il désirait écrire par la suite ? Alors qu’ils en avaient largement le temps ? En effet, contrairement à ce que la propagande Chiite veut faire croire aux gens, le Prophète n’est pas mort ce jeudi, jour de cet évènement, mais quatre jours après, le lundi suivant, et il s’est d’ailleurs rétabli de son malaise entre temps.

4- Si le Prophète voulait designer Ali comme son successeur et sachant que cette désignation dans la croyance imamite est d’ordre divine, alors comment expliquer les propos du Prophète expliquant quelques mois avant (trois mois précisément), durant le pèlerinage d’adieu que la Religion (al-Dîne) a été parachevée le jour de la révélation du verset 3 de la sourate Al-Mâ’ida :

۞Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme Religion pour vous.24۞

5- Comme mentionné auparavant, le Prophète n’est mort que quatre jours après ce fameux jeudi, si donc ce qu’il avait voulu écrire était une révélation alors pourquoi alors il ne l’a pas fait durant ces quatre jours (entre ce jeudi et le lundi suivant, le jour de sa mort) ? Les Chiites Imamites répondent à cela que le Prophète savait que ses Compagnons n’allaient pas tenir compte de ce qu’il voulait écrire étant donné qu’ils avaient déjà refusé d’obéir à son ordre (d’apporter de quoi écrire) ! Mais cette réponse constitue une accusation grave envers le Prophète et son devoir de transmission du message divin. En effet, comment peut-on penser un seul instant que le Prophète ait refusé ou manqué de transmettre une partie du message divin :

۞Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Dieu te protégera des gens. Certes, Dieu ne guide pas les gens mécréants.25۞

Elle constitue même une accusation d’une extrême gravité envers Allah qui n’aurait pas réussi à protéger Son Prophète dans la transmission du message divin comme stipulé dans ce verset.

Lorsque le Prophète a demandé de quoi écrire, le dernier jeudi avant son départ de ce monde, il n’avait nullement l’intention de communiquer aux Musulmans une révélation divine, ni même une prescription nouvelle. On sait que durant ce laps de temps, le Prophète a donné d’autres recommandations comme le stipule par exemple le Hadith cité ci-dessus où le Prophète recommande à Ali de respecter les prescriptions que sont la prière et l’aumône légale. Cependant, dans aucune tradition authentique, il n’est mentionné que le Prophète a demandé à nouveau de quoi écrire entre le jeudi, jour de son malaise, et le lundi, jour où il a quitté ce monde. Ce qui prouve bien que le Prophète n’avait pas voulu écrire un nouveau commandement d’Allah. Auquel cas, il n’aurait pas manqué de le communiquer et ce quelque soit l’obstacle. Affirmer ou insinuer le contraire revient à accuser le Prophète de ne pas avoir rempli correctement sa mission, de ne pas avoir transmis un ordre qu’Allah lui a révélé :

۞Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants.26۞

L’attitude de Omar , voulant prendre soin du Prophète , aurait alors eu raison d’Allah et de son Messager , qu’Allah nous préserve de penser une telle chose !
Le fait que le Prophète n’ait pas renouvelé sa demande les jours suivants nous indique que ce qu’il voulait écrire à ce moment-là n’était pas, à ses yeux, d’une grande importance, sinon il l’aurait fait les jours suivants. Omar n’est donc pas à blâmer pour son attitude, car il considérait qu’il fallait épargner tout effort au Prophète durant ses moments de souffrance.
Les ouvrages imamites rapportent même que lorsque le Prophète se retrouva seul avec les membres les plus proches de sa famille, en l’occurrence son oncle al-Abbas et Ali , et que al-Abbas s’enquit auprès du Prophète de la question de la succession, il refusa de donner suite à cette demande. Ainsi Al-Mufîd l’un des plus grands savants Chiites rapporte dans son livre Al-Irshâd :

لمّا أفاق صلّى اللّه عليه واله قال بعضُهم : ألا نأتيك بكَتِفٍ يا رسول اللّه ودَواةٍ ؟ فقال : «أبعدَ الذي قلتم ! ! لا، ولكنَّني أُوصيكم باهلِ بيتي خيراً» ثمّ أعْرَضَ بوجهه عن القوم فنَهَضوا، وبقي عنده العبّاس والفضل وعليّ بن أبي طالب وأهل بيته خاصّة فقال له العبّاس : يا رسولَ اللّه ، إن يكن هذا الأمرُ فينا مستقِرّاً بعدَك فَبشِّرنا، وإن كنتَ تَعلم أنّا نُغْلَبَ عليه فأوْصِ بنا، فقال : «أنتم المُستضعَفون من بعدي» وأصْمْتَ ، فنَهَض القومُ وهم يَبكون قد أيِسوا من النبي صلّى الله عليه واله

Quand le Prophète se réveilla, certains lui dirent : Ô Messager d’Allah veux-tu qu’on t’apporte de quoi écrire ? Il dit : « Après ce que vous avez dit ?!! Non mais je vous demande de bien vous occuper de mes Ahl Al-Bayt, puis il détourna son visage d’eux, et ils se retirèrent en laissant Al-Abbas, Al-Fadhl, Ali ibn Abi-Talib et les gens de sa famille les plus proches. » Al-Abbas lui dit : »Ô Messager d’Allah, si cette chose (la succession) doit nous revenir alors annonce-nous cette bonne nouvelle et si tu sais qu’elle nous sera récusée alors recommande-nous ! » Il [le Prophète] répondit : « Vous êtes les vulnérables après moi et il se tut, les gens se retirèrent en pleurant ayant perdu tout espoir.27

al-Bukhâri narre un récit similaire, rapporté par Ibn-Abbas :

حدثني إسحاق أخبرنا بشر بن شعيب بن أبي حمزة قال حدثني أبي عن الزهري قال أخبرني عبد الله بن كعب بن مالك الأنصاري وكان كعب بن مالك أحد الثلاثة الذين تيب عليهم أن عبد الله بن عباس أخبره أن علي بن أبي طالب رضي الله عنه خرج من عند رسول الله صلى الله عليه و سلم في وجعه الذي توفي فيه فقال الناس يا أبا الحسن كيف أصبح رسول الله صلى الله عليه و سلم ؟ فقال أصبح بحمد الله بارئا فأخذ بيده عباس بن عبد المطلب فقال له أنت والله بعد ثلاث عبد العصا واني والله لأرى رسول الله صلى الله عليه و سلم سوف يتوفى من وجعه هذا إني لأعرف وجوه بني عبد المطلب عند الموت اذهب بنا إلى رسول الله صلى الله عليه و سلم فلنسأله فيمن هذا الأمر إن كان فينا علمنا ذلك وإن كان في غيرنا علمناه فأوصى بنا . فقال علي إنا والله لئن سألناها رسول الله صلى الله عليه و سلم فمنعناها لا يعطيناها الناس بعده واني والله لا أسألها رسول الله صلى الله عليه و سلم

D’après Ibn Abbas :
Quand Ali ibn Abi-Talib sortit de chez le Messager d’Allah lors de sa maladie suite à laquelle il est mort, les gens lui ont demandé : « Ô Abu al-Hasan comment est le Messager d’Allah ? »
Il répondit : « Il s’est rétabli par la louange d’Allah. »
Alors al-Abbas Ibn Abd al-Muttalib lui prit la main et lui dit : « Par Allah, après trois jours tu seras assujetti à celui qui aura le bâton28, par Allah je vois que le Messager d’Allah mourra suite à son malaise parce que je reconnais les symptômes de la mort sur les visages de la famille (descendance) d’Abd al-Muttalib. Allons donc voir le Prophète et demandons-lui à qui revient sa succession. Si cette succession doit nous revenir (à nous les membres de sa famille) alors nous le saurons, par contre, si elle doit revenir à d’autres que nous, nous le saurons aussi et alors il nous recommandera auprès d’eux. »
Ali lui répondit : « Par Allah si nous lui demandons [la succession] au Messager d’Allah et s’il nous la refusait alors les gens ne nous la donneront jamais plus après sa mort, par Allah je ne demanderai jamais cela au Messager d’Allah. »29

Non seulement ces récits (imamites et Sunnites) démentent formellement que le Prophète voulait désigner un successeur, mais plus que cela, ils nous apprennent qu’il n’a jamais été question de désignation d’un successeur ici ou avant (à Ghadîr Khum par exemple) !

Quant à ceux qui prétendent que le Prophète savait que les compagnons (raahp) n’allaient pas tenir compte de ce qu’il voulait écrire et que c’est pour cette raison qu’il a décidé de ne rien mettre par écrit finalement (éventualité inimaginable et inconcevable pour un Prophète dont la fonction est de ne rien omettre dans la transmission du message divin), l’Histoire leur répond en démentant formellement leurs allégations. Nous savons que durant sa maladie, le Prophète a ordonné l’envoi de l’expédition de Oussama Ibn Zayd au Châm, alors qu’il était encore jeune (âgé de 16 ou 17 ans) et qu’il y avait sous son commandement des grands compagnons.
Or le Prophète mourut avant que cette expédition n’ait eu lieu, aussi beaucoup de tribus arabes aux alentours de la Mecque et Médine apostasièrent, ce qui poussa certains Compagnons (raahp) à demander à Abu Bakr de reporter l’expédition d’Oussama pour protéger la Mecque et Médine contre d’éventuelles attaques des apostats et autres ennemis. Mais Abu Bakr refusa catégoriquement de reporter ou d’annuler l’expédition au motif que ce fut une décision prise par le Prophète :

والذي لا إله إلا هو لو جرت الكلاب بأرجل أزواج رسول الله صلى الله عليه وسلم ما رددت جيشا وجهه رسول الله صلى الله عليه وسلم ولا حللت لواء عقده رسول الله صلى الله عليه وسلم

Par Allah, même si les chiens couraient après les pieds des femmes du Prophète je ne ferai jamais retourner une armée envoyée par le Prophète et je ne déferais jamais un nœud fait par le Prophète.30

Les ouvrages historiques nous rapportent que l’expédition d’Oussama a bien eu lieu et que cette dernière prescription du Prophète a été respectée à la lettre par celui qui allait devenir son successeur : Abu Bakr al-Siddîq .
Et cela, malgré les risques d’éventuelles attaques (des apostats et autres ennemis) contre Médine et la Mecque. Oussama ibn Zayd , seulement âgé de 16 ans, fut maintenu à la tête de cette armée par Abu Bakr , armée au sein de laquelle se trouvaient de grands compagnons. Abu Bakr avait à cœur de respecter scrupuleusement le dernier commandement du Prophète en dépit des risques que cela représentait.

IV- Troisième objection : « Vous avez le Livre d’Allah et il nous suffit ! »
A propos de la parole de Omar : « Vous avez le Livre d’Allah et il nous suffit » que les Chiites Imamites utilisent pour dire que Omar n’a pas obéi à l’ordre du Prophète en « s’opposant » à ce qu’il voulait écrire, nous répondons que la parole de Omar n’est pas une opposition à l’ordre du Prophète car il s’adressait à ceux qui étaient en désaccord avec lui. Ceci apparaît clairement dans ses propos « Vous avez le livre d’Allah » et qui étaient destinés à un groupe de gens et non à la personne du Prophète .
Autre précision, Omar et les compagnons (raahp) qui étaient de son avis avaient compris que les recommandations que le Prophète voulait écrire n’étaient pas des commandements [nouveaux] obligatoires et il s’est avéré que la compréhension de Omar était juste puisque le Prophète a abandonné cette idée par la suite. Car si c’était un ordre obligatoire, le Prophète n’aurait jamais manqué ou délaissé cela, et ce quelque soit l’obstacle, car ce faisant il serait tombé dans la désobéissance d’Allah qui dit :

۞Ô Messager transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message31۞

Ce qui est impossible et inimaginable.
Allah (az) dit :

۞Nous ne t’avons pas envoyé pour assurer leur sauvegarde : tu n’es chargé que de transmettre [le message]32۞
۞Mais, s’ils tournent le dos… Ton devoir n’est que la transmission (du message)33۞

Ces versets constituent une preuve irréfutable que ce que le Prophète comptait écrire n’était pas une révélation ou une partie du message divin. Il apparaît très clairement que Omar n’a formulé cette remarque que pour soulager le Prophète de ses souffrances et douleurs, car il pensait que le fait d’écrire constituerait un effort qui augmenterait ses souffrances et la preuve est sa parole : « Le Prophète éprouve une douleur intense ». Il voulait que le Prophète remette cela à plus tard, quand il se serait rétabli. Et effectivement, le Prophète s’est rétabli par la suite de ce malaise violent, et personne à ce moment-là ne savait évidement que le Prophète allait mourir quatre jours plus tard.
Les Chiites Imamites ajoutent que Omar en disant « Vous avez le livre d’Allah et il nous suffit » rejette la Sunna du Prophète . La réponse est qu’il n’a jamais été question de rejeter la Sunna du Prophète qui n’est autre qu’une explication claire du Coran. Allah (az) dit :

۞Et Nous avons fait descendre sur toi le Livre, comme un exposé de toute chose, ainsi qu’un guide, une grâce et une bonne annonce aux Musulmans34۞
Et Il dit aussi :
۞Nous n’avons rien omis d’écrire dans le Livre35۞
۞Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion36۞

Il est étonnant d’entendre les Imamites porter cette accusation pour le moins étrange vis-à-vis de Omar alors que l’on trouve dans leurs propres ouvrages une parole identique prononcée par Ali . Ali déclare dans un de ses sermons dans l’ouvrage Nahj al-Balâgha37

:

و كفى بالكتاب حجيجا وخصيما

Le livre [d’Allah] suffit comme Preuve [argumentaire] et comme Adversaire.38

Cette parole, mot pour mot, est également rapportée par al-Majlissi dans son ouvrage Bihâr al-Anwâr39. Mais lorsqu’il s’agit de Ali , on ne trouve aucun Chiite Imamite qui lui reproche d’avoir prononcé cette phrase et aucun d’entre eux n’insinue que Ali , par cette parole, rejette la Sunna du Prophète , alors que comme vous pouvez le voir, il s’agit de la même phrase prononcée par Omar , encore une fois la logique du « deux poids, deux mesures ». Qu’Allah nous préserve, ainsi que vous, du sectarisme aveugle et de l’injustice.

V- Quatrième objection : Qu’est-ce que le Prophète  voulait écrire ce jour là ? 

Comme mentionné auparavant, le Prophète Muhammad n’avait nullement l’intention de communiquer aux Musulmans une révélation divine, ni même une prescription nouvelle mais plutôt des directives et des recommandations. Cependant, les Chiites Imamites, connaisseurs de l’inconnaissable, osent affirmer que le Prophète voulait écrire son testament et désigner Ali comme son successeur ! Et cela alors même qu’ils n’ont aucune version authentique de ce récit dans leurs ouvrages et ce selon leurs propres règles d’authentification !
S’il était question de désignation, elle serait davantage en faveur d’Abu Bakr , car en effet plusieurs récits authentiques mentionnent que le Prophète avait demandé qu’on lui apporte de quoi écrire afin de désigner Abu Bakr comme son successeur quelques jours avant ce jeudi.
Muslim et Bukhâri rapportent :

حدثنا عبيدالله بن سعيد حدثنا يزيد بن هارون أخبرنا إبراهيم بن سعد حدثنا صالح بن كيسان عن الزهري عن عروة عن عائشة قالت: قال لي رسول الله صلى الله عليه و سلم في مرضه ادعي لي أبا بكر وأخاك حتى أكتب كتابا فإني أخاف أن يتمنى متمن ويقول قائل أنا أولى ويأبى الله والمؤمنون إلا أبا بكر

Aïcha (raaf) rapporte: l’Envoyé de Dieu , au cours de sa maladie, m’a dit : « Appelle-moi ton père Abu Bakr et ton frère afin que j’écrive une lettre, car j’ai peur que quelqu’un n’aspire et ne dise : « Je suis le plus méritant [comme Calife] alors qu’Allah et les Croyants refusent [cela] et n’acceptent qu’Abu Bakr [à cette charge]40.

C’est également sous la demande formelle du Prophète et son insistance que la Prière fut présidée par Abu Bakr durant sa maladie, Muslim et Bukhâri rapportent :

حَدَّثَنَا أَبُو بَكْرِ بْنُ أَبِى شَيْبَةَ حَدَّثَنَا حُسَيْنُ بْنُ عَلِىٍّ عَنْ زَائِدَةَ عَنْ عَبْدِ الْمَلِكِ بْنِ عُمَيْرٍ عَنْ أَبِى بُرْدَةَ عَنْ أَبِى مُوسَى قَالَ مَرِضَ رَسُولُ اللَّهِ -صلى الله عليه وسلم- فَاشْتَدَّ مَرَضُهُ فَقَالَ « مُرُوا أَبَا بَكْرٍ فَلْيُصَلِّ بِالنَّاسِ ». فَقَالَتْ عَائِشَةُ يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ أَبَا بَكْرٍ رَجُلٌ رَقِيقٌ مَتَى يَقُمْ مَقَامَكَ لاَ يَسْتَطِعْ أَنْ يُصَلِّىَ بِالنَّاسِ فَقَالَ « مُرِى أَبَا بَكْرٍ فَلْيُصَلِّ بِالنَّاسِ فَإِنَّكُنَّ صَوَاحِبُ يُوسُفَ ». قَالَ فَصَلَّى بِهِمْ أَبُو بَكْرٍ حَيَاةَ رَسُولِ اللَّهِ -صلى الله عليه وسلم-.

D’après Abu Mûssa : Le Prophète tomba gravement malade.
Il dit alors : « Donnez l’ordre à Abu Bakr de diriger les fidèles dans la prière. »
« Abu Bakr », fit observer Aïcha, « est un homme au cœur tendre, quand il se tiendra à ta place il sera incapable de diriger les fidèles dans la prière. »
« Donne l’ordre à Abu Bakr de diriger les fidèles dans la prière », reprit-il. « Vraiment vous êtes telles les femmes de Yûsuf ! ».
Abu Bakr dirigea ainsi les fidèles dans la prière du vivant de l’Envoyé d’Allah.41.

Même durant sa maladie, le Prophète se rendit à la mosquée et au cours d’un sermon, a rappelé aux Compagnons les mérites d’Abu Bakr , ibn Abbas rapporte :

حدثنا عبد الله بن محمد الجعفي قال حدثنا وهب بن جرير قال حدثنا أبي قال سمعت يعلى بن حكيم عن عكرمة عن ابن عباس قال
: خرج رسول الله صلى الله عليه و سلم في مرضه الذي مات فيه عاصبا رأسه بخرقة فقعد على المنبر فحمد الله وأثنى عليه ثم قال ( إنه ليس من الناس أحد أمن علي في نفسه وماله من أبي بكر بن أبي قحافة ولو كنت متخذا من الناس خليلا لاتخذت أبا بكر خليلا ولكن خلة الإسلام أفضل سدوا عني كل خوخة في هذا المسجد غير خوخة أبي بكر )

Ibn Abbâs a dit : « Au cours de la maladie qui devait l’emporter, l’Envoyé d’Allah sortit de chez lui (pour se rendre à la mosquée), il avait la tête entourée d’un linge. Il s’assit sur la chaire, loua Allah, le glorifia et dit ensuite : « Il n’y a personne qui m’ait été plus dévouée dans sa personne et dans ses biens qu’Abu Bakr ibn Abu Quhâfa. Si j’avais dû choisir un [ami] intime parmi les hommes, certes j’aurai choisi Abu Bakr. Mais la fraternité islamique [dans la Foi] est préférable. Après moi, bouchez toutes les poternes42 de cette mosquée, à l’exception de celle d’Abu Bakr. »43

En sans aucun doute possible, si ce que le Prophète voulait écrire était de toute première importance et qu’il n’avait pas pu le faire le jeudi, très certainement il l’aurait fait par la suite entre le jeudi et le lundi, pour preuve ce récit authentique rapporté par l’Imam Muslim qui nous indique très clairement que même le jour de sa mort le Prophète était pleinement conscient, se tenant même debout sur le seuil de sa maison, un état qui n’avait rien à voir avec son malaise du jeudi :

حدثني ‏ ‏عمرو الناقد ‏ ‏وحسن الحلواني ‏ ‏وعبد بن حميد ‏ ‏قال ‏ ‏عبد ‏ ‏أخبرني ‏ ‏وقال الآخران ‏ ‏حدثنا ‏ ‏يعقوب وهو ابن إبراهيم بن سعد ‏ ‏و حدثني ‏ ‏أبي ‏ ‏عن ‏ ‏صالح ‏ ‏عن ‏ ‏ابن شهاب ‏ ‏قال أخبرني ‏ ‏أنس بن مالك ‏
أن ‏ ‏أبا بكر ‏ ‏كان ‏ ‏يصلي لهم في وجع رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏الذي توفي فيه حتى إذا كان يوم ‏ ‏ الاثنين وهم صفوف في الصلاة كشف رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏ستر الحجرة فنظر إلينا وهو قائم كأن وجهه ورقة مصحف ثم تبسم رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏ضاحكا قال فبهتنا ونحن في الصلاة من فرح بخروج رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏ونكص ‏ ‏أبو بكر ‏ ‏على عقبيه ليصل الصف وظن أن رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏خارج للصلاة فأشار إليهم رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏بيده أن أتموا صلاتكم قال ثم دخل رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏فأرخى الستر قال فتوفي رسول الله ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏من يومه ذلك ‏

D’après Anas ibn Mâlik , Abu Bakr dirigeait la prière des fidèles durant la maladie qui avait emporté l’Envoyé d’Allah . Un lundi, pendant qu’ils étaient rangés pour la prière, l’Envoyé d’Allah souleva le rideau de la chambre et se mit à les regarder. Il se tenait debout, son visage ressemblait à un papier de parchemin et il souriait. Nous fûmes si émus de joie de le revoir. Quant à Abu Bakr, il se mit à reculer pour gagner sa place parmi la rangée des fidèles, pensant que le Prophète allait venir diriger lui-même la prière. Mais, d’un geste, le Prophète nous fit signe d’achever la prière et laissa ensuite retomber le rideau. Le même jour l’Envoyé d’Allah rendit le dernier soupir.44

A l’inverse des Chiites Imamites, nous n’avons pas le don de sonder les intentions et les cœurs à travers le temps et l’espace, mais nous disons que s’il était question de désignation ici, il est plus probable que cela fut en faveur d’Abu Bakr comme indiqué dans le premier récit ci-dessus, et que s’il était question d’autre chose, nous disons que cela devait être du même ordre que ce que le Prophète avait dicté à Ali , à savoir des recommandations et prescriptions sous forme de rappel comme l’attachement ferme à la Prière, l’acquittement de la Zakât ou le bon comportement envers ses esclaves. A l’image d’un père et d’une mère, soucieux, qui rappellent les recommandations à leur enfant au moment où celui-ci s’apprête à partir en voyage par exemple.

VI- Pourquoi les savants Chiites se focalisent-ils sur Omar ?

En analysant les écrits [polémiques] des savants Imamites sur le récit de « la Calamité du jeudi », on constate que ceux-ci sont totalement focalisés sur Omar , qui fait l’objet de toutes leurs critiques, et évitent de commenter en profondeur la réaction du Prophète . Dans cette section, nous allons tenter d’analyser pourquoi les Chiites Imamites évitent soigneusement de s’intéresser au comportement du Prophète .
Contrairement aux Sunnites, les Chiites Imamites croient à l’Infaillibilité absolue des Prophètes (as) et en particulier de notre Prophète Muhammad , il ne peut ni se tromper, ni oublier ni même avoir un moment d’inattention (sahu). Ses paroles et ses commandements sont issus d’Allah, transmis par la révélation. Et pour cela, ils se basent sur ces versets coraniques :

۞Et il ne prononce rien sous l’effet de la passion. Ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée, que lui a enseigné [L’Ange Gabriel] : à la force prodigieuse45.۞

Selon cette croyance, il n’y a aucun doute que le Prophète a reçu l’ordre d’Allah de transmettre un message le jour de la « Calamité ». L’adhésion à cette croyance implique de s’interroger sur la transmission effective du message par le Prophète .
La réponse nous est donnée par « le bien-guidé46» Tijâni qui écrit dans son livre « comment j’ai été guidé » :

L’histoire raconte que les compagnons étaient regroupés dans la chambre du Messager d’Allah, trois jours avant sa mort. Il leur demanda de lui apporter de quoi écrire un message protecteur qui évitera leur égarement.
Mais les compagnons se sont divisés, quelques uns ont désobéi à son ordre en prétendant qu’il divaguait.
En écoutant leur propos, le Prophète s’était fâché. il les a chassé de chez lui sans rien écrire.

Mais en pensant seulement, qu’ils ont réussi leur plan, en empêchant le Prophète d’écrire son testament, il était donc inutile, par la suite, de rester chez lui.

Mais dans cet événement, ils ont dépassé les limites, en se querellant devant le Prophète, et le prétendant délirant. Certes, la majorité écrasante était d’accord avec Omar, ainsi le Prophète a jugé inutile d’écrire son message. Car si ces hommes n’ont pas respecté la parole de Dieu, les incitant à ne plus élever la voix en sa présence, ils étaient loin de pouvoir respecter son message.

Par sagesse, le Messager de Dieu, a renoncé à l’écriture de son testament, puisqu’il fut l’objet de discordes de son vivant, quelle valeur aurait eu, donc ce testament après sa mort ?!.47

Il apparaît clairement dans ces passages, que pour Tijâni, le Prophète n’a pas transmis le message qu’Allah lui a ordonné de transmettre.

Pourquoi ne l’a-t-il pas transmis alors que dans ce verset Allah commande à son Messager de transmettre le message divin :

۞Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Dieu te protégera des gens. Certes, Dieu ne guide pas les gens mécréants.۞

Est-ce par crainte de Omar ou des compagnons qui ont opté pour le même avis que lui que le Prophète n’a pas transmis le message divin ?
Pourquoi les craindre alors qu’Allah assure son Messager qu’Il « le protégera des gens » ?!
Ceci est rendu plus explicitement dans cette traduction du Coran réalisée par le Chiite Imamite G. H. Abu al-Qâsemi Fakhri et édité par la maison Publications Ansâriyan à Qum (Iran) :

۞Ô Prophète, communique intégralement ce qui t’a été descendu (révélé) de ton Seigneur si tu ne [le] fais pas [par crainte des hommes, c’est comme si] tu n’as pas communiqué [à l’humanité] le message [de Dieu]. Dieu te protègera des hommes. Dieu ne guide pas [par contrainte] les hommes mécréants.۞

Était-ce la crainte de Omar (ra) et des compagnons (ra) qui a empêché le Prophète de transmettre le message divin ?
Laissons encore une fois Tijâni nous donner la réponse :

Mais dans cet événement, ils ont dépassé les limites, en se querellant devant le Prophète, le prétendant délirant. Certes, la majorité écrasante était d’accord avec Omar, ainsi le Prophète a jugé inutile d’écrire son message. Car si ces hommes n’ont pas respecté la parole de Dieu, les incitant à ne plus élever la voix en sa présence, ils étaient loin de pouvoir respecter son message.

Par sagesse, le Messager de Dieu, a renoncé à l’écriture de son testament, puisqu’il fut l’objet de discordes de son vivant, quelle valeur aurait eu, donc ce testament après sa mort ?!.48

Les versets coraniques concernant la mission prophétique de Muhammad sont pourtant claires :

۞S’ils se détournent, Nous ne t’avons pas envoyé pour assurer leur sauvegarde : tu n’es chargé que de transmettre [le message]49.۞
۞Et s’ils se détournent, il ne t’incombe que la communication claire50.۞

Ces deux versets indiquent très clairement que le Prophète a pour devoir de communiquer le message divin, et cela même si les croyants ne le veulent pas, afin que ceci constitue une preuve contre eux le jour du Jugement. Or, l’on peut lire sous la plume de Tijâni, que le Prophète :

a jugé inutile d’écrire son message

par sagesse, le Messager de Dieu, a renoncé à l’écriture.

On voit qu’il est question ici d’un avis personnel du Prophète . Comment le Prophète peut-il donner un avis personnel en contradiction avec un ordre Divin (si tel était le cas selon les Chiites) ?

Alors qu’Allah dit à son Messager :


۞Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message
51.۞
۞S’ils se détournent, Nous ne t’avons pas envoyé pour assurer leur sauvegarde : tu n’es chargé que de transmettre [le message]
52.۞


Par contre, pour Tijâni, le Messager d’Allah a renoncé à transmettre son message parce que les compagnons allaient se détourner et le refuser.

Et dans ce cas : Est-ce que le Prophète a pris la bonne décision en jugeant inutile de transmettre le message divin, privant ainsi une partie des compagnons et par la suite toute la communauté des croyants à travers les siècles et les laissant dans l’égarement ?


La réponse nous est donnée cette fois par le défunt Ayatullah al-Khomeyni :

وواضح أن النبي لو كان قد بلغ بأمر الإمامة طبقا لما أمر به الله وبذل المساعي في هذا المجال لما نشبت في البلدان الإسلامية كل هذه الاختلافات والمشاحنات والمعارك ولما ظهر ثمة خلافات في أصول الدين وفروعه

Il est clair que si le Prophète avait transmis le message à propos de l’Imamat comme lui a ordonné Dieu et s’il avait dépensé plus d’énergie dans ce sens il n’y aurait pas eu ces divergences, ces disputes et ces batailles ; et il n’y aurait pas eu des divergences ni dans les fondements, ni les branches de la religion53.

Il est clair pour al-Khomeyni, que le Prophète n’a pas pris la bonne décision lors de cet évènement du jeudi et qu’il est responsable de ces divergences, disputes et guerres qui ont eu lieu entre les Chiites et les Sunnites sur la question de l’imamat. Car pour les Chiites Imamites, ce jour là, Allah a ordonné à son Messager de transmettre le message concernant l’Imamat de Ali mais il ne l’a pas fait. C’est une accusation très grave à l’encontre du Prophète . Ceci nous montre bien, selon ces accusations, que le Prophète est davantage responsable que les compagnons (raahp) de l’égarement de la Umma !

C’est la raison pour laquelle les Chiites évitent de s’attarder sur la réaction du Prophète et se contentent de survoler superficiellement la question. Car en analysant davantage, ils révèleraient l’hérésie sous-jacente à leur position !


Comme vous avez pu le voir ici en accusant Omar , ils accusent en fait le Prophète d’avoir failli à sa tâche, et plus que ça en réalité : Ils accusent Allah de ne pas avoir pu protéger son Messager des gens et lui permettre ainsi de transmettre son Message ! Qu’Allah nous préserve de croire en une telle hérésie et de sombrer dans l’ignorance et la mécréance !

VII- Conclusion
Ainsi s’il s’avère qu’après approfondissement de la question, l’un des principaux arguments des prêcheurs Chiites tombe à l’eau et ce qui apparait calamiteux, en réalité, n’est autre que leur prêche erroné guidé non pas par la recherche sincère de la vérité mais plutôt par le sectarisme et la haine de quelques compagnons concernés pas ce sujet. Car en effet s’ils cherchaient la vérité, ils se seraient posé les quelques questions soulevées ici et qui reprennent leurs arguments, comme celui de croire que ce que le Prophète voulait dire était fondamental. Si cet écrit devait avoir le statut de fondement de notre Religion, personne et nous le répétons, personne n’aurait pu empêcher le Prophète de le faire. Et penser qu’un compagnon tel que Omar ou un autre ait pu l’en empêcher, c’est croire qu’Allah et son Messager ont été incapables face à un être humain ! Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre une telle croyance !


De plus en analysant la question toujours de manière approfondie, les Chiites finissent également par accuser des membres des Ahl al-Bayt qui étaient présents et qui n’ont pas daigné répondre favorablement à la demande du Prophète . C’est ainsi qu’en analysant la question dans son ensemble, les prêcheurs Chiites se retrouvent au pied du mur car par haine de quelques compagnons, ils risquent de dire des énormités à propos d’Allah (az), du Prophète et de sa Famille (raahp) !

En guise de conclusion, nous aimerions vous présenter le récit rapporté par al-Kulaynî dans son ouvrage al-Kâfi, considéré comme l’ouvrage de traditions imamites le plus fiable et le plus authentique54, et qui dit :

عَلِيُّ بْنُ إِبْرَاهِيمَ عَنْ أَبِيهِ عَنِ ابْنِ أَبِي عُمَيْرٍ عَنْ حَمَّادِ بْنِ عُثْمَانَ عَنْ أَبِي عَبْدِ اللَّهِعليه السلام قَالَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ (صلى الله عليه وآله ) دَعَا بِصَحِيفَةٍ حِينَ حَضَرَهُ الْمَوْتُ يُرِيدُ أَنْ يَنْهَى عَنْ أَسْمَاءٍ يُتَسَمَّى بِهَا فَقُبِضَ وَ لَمْ يُسَمِّهَا مِنْهَا الْحَكَمُ وَ حَكِيمٌ وَ خَالِدٌ وَ مَالِكٌ وَ ذَكَرَ أَنَّهَا سِتَّةٌ أَوْ سَبْعَةٌ مِمَّا لَا يَجُوزُ أَنْ يُتَسَمَّى بِهَا .

Ali Ibn Ibrahim [Al-Qummi] d’après son père d’après Ibn Abu Umayr d’après Hammad Ibn Uthman d’après Abu AbdAllah (as) a dit : Le Prophète a demandé à l’heure de sa mort une feuille pour indiquer les noms qu’il était interdit de porter, et il est mort avant de les citer tous, parmi ces noms : al-Hakam, Hakim, Khalid et Malik et il a dit qu’il y avait six ou sept noms qu’il était interdit de porter55.


Comment concevoir que le jour même de sa mort, comme stipulé dans ce récit, le Prophète se préoccupe de demander de quoi écrire une liste de noms par lesquels il est interdit de se nommer alors que dans le même temps il néglige le fait de mettre par écrit (et cela même aux membres de sa famille) ce qui est considéré par les Imamites comme un fondement de leur religion, l’Imamat !
Il se préoccupe de mettre par écrit un détail accessoire (liste de noms) et omet de désigner par écrit son successeur !
Enfin, dernière question (à l’attention des Chiites Imamites) : Si ce que le Prophète voulait écrire dans le récit de « la Calamité du jeudi » était une révélation ou d’inspiration divine, ce qui est inconcevable car le Prophète ne pouvait omettre de transmettre une révélation, alors de même façon les noms que le Prophète voulait interdire à sa communauté, selon ce récit Chiite, devait-être aussi une révélation ou d’inspiration divine. Et ce faisant, comment expliquer que le Prophète soit mort avant même de communiquer cette liste des noms ?

Nous demandons à Allah de raffermir nos pas et d’éclairer nos cœurs !
Qu’Allah nous accorde de l’amour et du respect pour l’ensemble des Compagnons !

 

 

  1. 1. Sahih Bukhâri volume 4 : Livre des mérites des compagnons
  2. 2. Sahih Bukhâri volume 4 : Livre des mérites des compagnons
  3. 3. Sahih Bukhâri volume 4 page 191 Kitâb: Les mérites des compagnons
  4. 4. Nâssikh al-Tawarîkh de Mirza Muhammed Taqiy al-Kâchânî surnommé Lissâne al-Mulk volume 5 page 143-144
  5. 5. Disponible sur le site chiite suivant : http://www.aqaedalshia.com
  6. 6. Disponible sur le site chiite suivant : http://library.tebyan.net
  7. 7. Sahih Muslim volume 5 page 74 Kitâb al-nudhr
  8. 8. Sahih Bukhâri volume 1 page 37 Kitâb al-‘Ilm (la science)
  9. 9. Sahih Bukhâri volume 4 page 66 Bâb Du’a al-Rassoûl [saws]
  10. 10. Machra’ât Bihâr al-Anwâr de l’Ayatullah Muhammed Assaf Muhsini volume 1 page 402
  11. 11. Sourate 4 – les femmes (an-Nissâ) verset 69
  12. 12. Sahih Bukhâri volume 5 page 181 Kitâb tafsîr al-Qur’ân, Sahîh Muslim volume 7 page 138 Chapitre Les mérites de Aïcha (raaf)
  13. 13. al-Hukumat al-Islâmiya de al-Khomeiny pages 93-95
  14. 14. Ulu Al-‘Azm est une expression désignant les grand Prophètes (as), qui sont au nombre de 5 : Noé (as), Abraham (as), Moise (as), Jésus (as) et Mohammed [saws]
  15. 15. Bihâr al-Anwâr de al-Majlissi volume 44 page 226
  16. 16. Bassâ’ir al-Darajât de Muhammed Ibn Al-Hassan al-Saffâr, pages 278, 472.
  17. 17. Faraj al-Mahmoûm d’Ibn Tâwoûs page 228, Mustadrak Al-Wassâ’il de Hur Al-‘Âmili volume 1 page 196, Bihâr Al-Anwâr de al-Majlissi volume 46 page 43, Dala’il Al-Imama de Tabari [le Chiite] page 208.
  18. 18. Amâli d’al-Sadûq page 735, Bihâr al-Anwâr de al-Majlissi volume 22 page 510.
  19. 19. C’est à dire que s’Il nous en avait donné le « Tawfîq » (l’opportunité), nous aurions pu nous réveiller pour prier
  20. 20. Sahih Muslim volume 2 page 187 Kitâb : La prière des voyageurs, Sahih Bukhâri volume 8 page 190 Kitâb at-Tawhîd.
  21. 21. Cet évènement est relaté dans de nombreux ouvrages de Hadiths Sunnites, parmi lesquels Sahîh Bukhâri.
  22. 22. Tafsîr Al-Qummi d’Al-Qummi volume 2 page 313, Al-Irshâd d’Al-Mufîd volume 1 page 121, Tafsîr Majma’ Al-bayân de Tabrassi volume 9 page 197, Tafsîr Al-Mizân de Tabâtabâ’i volume 18 page 267, Bihâr Al-Anwâr d’al-Majlissi volume 20 page 333.
  23. 23. Musnad Ahmad volume 1 page 90: Musnad Ali Ibn Abi-Talib [raah].
  24. 24. Sourate 5 (Al-Mâ’ida) – Verset 3
  25. 25. Sourate 5 (Al-Mâ’ida) – Verset 67
  26. 26. Sourate 5 (Al-Mâ’ida) – Verset 67
  27. 27. Al-Irshâd de Al-Mufîd page 185
  28. 28. Expression qui veut dire: tu sera assujetti, asservi, dominé par celui qui aura le pouvoir
  29. 29. Sahih Bukhâri volume 4 page 1615 Chapitre : la maladie du Messager d’Allah
  30. 30. Al-I’tiqâd d’Al-Bayhaqi volume 1 page 360
  31. 31. Sourate 5 (Al-Mâ’ida) – Verset 67
  32. 32. Sourate 42 (Al-Shûra) – Verset 48(La consultation)
  33. 33. Sourate 3 (Al-Imrân) – Verset 20
  34. 34. Sourate 16 (Al-Nahl) – Verset 89
  35. 35. Sourate 6 (Al-An’âm) – Verset 38
  36. 36. Sourate 5 (Al-Mâ’ida) – Verset 3
  37. 37. Nahj al-Balâgha a été qualifié de « Frère du Coran » par le Grand Ayatollah al-Khomeiny
  38. 38. Nahj al-Balâgha volume 1 page 142 de Charîf al-Rida
  39. 39. Bihâr Al-Anwâr de al-Majlissi volume 75 page 49 et volume 74 page 442
  40. 40. Sahih Muslim volume 7 page 110 Chapitre : Les mérites d’Abu Bakr, Sahih Bukhâri volume 8 page 126 Chapitre : Al-Istikhlâf (La succession).
  41. 41. Sahih Muslim volume 2 page 25 Chapitre : La prière, Sahih Bukhâri volume 1 page 165 Chapitre : l’appel a la prière (Al-Adhân)
  42. 42. Petite porte dérobée percée dans un mur et qui permettait un accès direct à la mosquée du Prophète [saws]
  43. 43. Sahih Bukhâri volume 1 page 120 Abwâb al-Massâjid
  44. 44. Sahih Muslim Kitâb al-Salât, Hadith 636 et Sahih Bukhâri Kitâb al-Adhân, Hadith 639
  45. 45. Sourate 53 (Al Najm) Verset 3,4 et 5
  46. 46. En référence à son ouvrage « Comment j’ai été guidé »
  47. 47. Ces extraits de l’ouvrage de Mohammed Tijani « comment j’ai été guidé » sont disponibles sur le lien suivant : http://www.sibtayn.com/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=501:les-compagnons-et-la-calamitu-jeudi&catid=114&Itemid=606
  48. 48. Ces extraits de l’ouvrage de Mohammed Tijani « comment j’ai été guidé » sont disponibles sur le lien suivant : http://www.sibtayn.com/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=501:les-compagnons-et-la-calamitu-jeudi&catid=114&Itemid=606
  49. 49. Sourate 42 (al-Shûra) verset 48
  50. 50. Sourate 16 (al-Nahl) verset 82
  51. 51. Sourate 5 (al-Mâ’ida) verset 67
  52. 52. Sourate 42 (al-Shûra) verset 48
  53. 53. Kachf al-Asrâr d’al-Khomeyni, page 155
  54. 54. Nombreux sont les savants Chiites Imamites qui ont attesté de l’authenticité du contenu de cet ouvrage, à l’exemple de Hurr al-‘Âmili, Charafuddîne al-Mûssawi, Hashim al-Bahrâni et autres dont son propre auteur, al-Kulayni, qui le précise dans son introduction
  55. 55. Al-Kâfi d’al-Kulayni volume 6 page 2

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