jeudi 19 octobre 2017

Coran falsifié : al-Majlissi confirme la croyance hérétique d’al-Kulayni

On peut voir très fréquemment dans les débats entre Sunnites et Chiites Imâmites, les intervenants Sunnites citer de nombreux exemples de savants Chiites ayant déclaré que le Coran a été falsifié. Parmi ces savants cités en exemple, on retrouve très souvent le Cheikh al-Kulayni, auteur du volumineux ouvrage al-Kafi qui constitue la première source de référence en terme de Hadith Imâmite. Nous citerons d’ailleurs quelques extraits (récits) de cet ouvrage dans le cadre d’un prochain article ayant pour titre « 20 exemples de versets falsifiés selon les sources Chiites Imâmites ».
En réponse à cela, la posture des Chiites consiste généralement à répliquer que l’ouvrage al-Kafi n’est pas « 100% authentique » en déclarant qu’al-Kulaynî n’a jamais eu l’intention de compiler un ouvrage authentique, alors que ce dernier affirme pourtant le contraire dans l’introduction de son ouvrage et que les savants Chiites, anciens et contemporains, n’ont jamais rejeté l’authenticité de cet ouvrage. Cette posture n’est qu’un artifice factice qu’ils adoptent face aux Sunnites, en allant jusqu’à feindre même d’analyser la chaine de transmission pour rejeter ce type de récit.
Dans cette rubrique, le lecteur aura le loisir de lire des articles sur le Hadith et la science du Hadith Chiite et de constater par lui-même cette imposture.

Al-Kulayni en personne précise dans l’introduction de son ouvrage qu’il a entrepris d’écrire cet ouvrage en réponse à un partisan (Chiite) lui ayant demander de composer »un livre suffisant […] basé sur les récits authentiques venant des Véridiques » et signale même plus loin dans son introduction qu’Allah le Très-Haut lui a facilité cette requête. De nombreux savants Chiites attestent de cela en reprenant ce passage de son introduction.

Dans notre article ici présent, nous allons citer le grand savant Chiite al-Majlissi à propos de la croyance d’al-Kulayni en la falsification du Coran.

Al-Kâfî contient de nombreux récits faisant référence à des versets coraniques ayant été falsifiés. Des versets notamment où les « Droits » des membres de la Famille Prophétique [à l’Imamat] auraient été retirés par les Compagnons du Prophète . Comme évoqué ci-dessus, al-Kulayni croyait en l’authenticité des récits qu’il a rapporté, et donc aux récits stipulant très clairement une falsification du Coran.

Dans le cadre de son ouvrage Mirat al-‘Uqul, un commentaire de l’ouvrage al-Kâfî (l’équivalent du Fath al-Barî d’Ibn Hajar al-Asqalanî, commentaire du Sahih al-Bukhârî), le Cheikh al-Majlissi confirme qu’al-Kulayni croyait effectivement en la falsification du Coran.

Le passage qui suit est un extrait de cet ouvrage. Nous allons d’abord citer le récit (tiré d’al-Kâfî) et ensuite le commentaire d’al-Majlissi (tiré de Mirat al-‘Uqul). Voici le Hadith en question :

محمد بن يحيى، عن أحمد بن محمد، عن ابن محبوب، عن عمرو بن أبي المقدام عن جابر قال: سمعت أبا جعفر (عليه السلام) يقول: ما ادعى أحد* من الناس أنه جمع القرآن كله كما أنزل إلا كذاب، وما جمعه وحفظه كما نزله الله تعالى إلا علي بن أبي طالب (عليه السلام) والائمة من بعده (عليهم السلام).
D’après Muhammad Ibn Yahya, d’après Ahmad Ibn Muhammad, d’après Ibn Mahbûb, d’après ‘Amru Ibn Abi al-Miqdâd d’après Jâbir [qui a dit] : J’ai entendu le père de Ja’far, que la paix soit sur lui, dire « celui qui prétend parmi les gens qu’il a rassemblé tout le Coran comme il a été révélé n’est qu’un menteur. Il n’a été rassemblé et protégé comme Allah l’a descendu que par Ali Ibn Abi Talib, que la paix soit sur lui, et les Imams après lui, que la paix soit sur eux1. »

Al-Majlissî en fait ensuite le commentaire ci-après :

أي غير الأئمة عليهم السلام و المراد بالقرآن كله ألفاظه و حروفه جميعا، و المراد بكما أنزل، ترتيبه و إعرابه و حركاته و سكناته و حدود الآي و السور، و هذا رد على قوم زعموا أن القرآن ما في المصاحف المشهورة، و كما قرأه القراء السبعة و أضرابهم، و اختلف أصحابنا في ذلك، فذهب الصدوق ابن بابويه و جماعة إلى أن القرآن لم يتغير عما أنزل و لم ينقص منه شي‏ء، و ذهب الكليني و الشيخ المفيد قدس الله روحهما و جماعة إلى أن جميع القرآن عند الأئمة عليهم السلام، و ما في المصاحف بعضه، و جمع أمير المؤمنين صلوات الله عليه كما أنزل بعد الرسول صلى الله عليه و آله و سلم و أخرج إلى الصحابة المنافقين فلم يقبلوا منه، و هم قصدوا لجمعه في زمن عمر و عثمان كما سيأتي تفصيله في كتاب القرآن.
قال شيخنا السديد المفيد روح الله روحه في جواب المسائل السروية أن الذي بين الدفتين من القرآن جميعه كلام الله و تنزيله، و ليس فيه شي‏ء من كلام البشر و هو جمهور المنزل، و الباقي مما أنزله الله تعالى قرآنا عند المستحفظ للشريعة المستودع للأحكام، لم يضع منه شي‏ء، و إن كان الذي جمع ما بين الدفتين الآن لم يجعله في جملة ما جمع، الأسباب دعته إلى ذلك، منها قصوره عن معرفة بعضه، و منها ما شك فيه، و منها ما عمد بنفيه، و منها ما تعمد إخراجه عنه، و قد جمع أمير المؤمنين عليه السلام القرآن المنزل من أوله إلى آخره و ألفه بحسب ما وجب من تأليفه، فقدم المكي على المدني و المنسوخ على الناسخ و وضع كل شي‏ء منه في موضعه، فلذلك قال جعفر بن محمد الصادق عليه السلام: أما و الله لو قرئ القرآن كما أنزل لألفيتمونا فيه مسمين كما سمي من كان قبلنا، و ساق الكلام إلى أن قال: غير أن الخبر قد صح عن أئمتنا عليهم السلام أنهم أمروا بقراءة ما بين الدفتين و أن لا نعتداه إلى زيادة فيه و لا نقصان منه حتى يقوم القائم عليه السلام، فيقرأ الناس القرآن على ما أنزل الله و جمعه أمير المؤمنين عليه السلام، و إنما نهونا عن قراءة ما وردت به الأخبار من أحرف تزيد على الثابت في المصحف، لأنها لم تأت على التواتر، و إنما جاءت بها الآحاد، و الواحد قد يغلط فيما ينقله، و لأنه متى قرأ الإنسان بما يخالف ما بين- الدفتين غرر بنفسه من أهل الخلاف و أغرى به الجبارين و عرض نفسه للهلاك فمنعونا عليهم السلام عن قراءة القرآن بخلاف ما ثبت بين الدفتين لما ذكرناه، انتهى.
و الأخبار من طريق الخاصة و العامة في النقص و التغيير متواترة، و العقل يحكم بأنه إذ كان القرآن متفرقا منتشرا عند الناس، و تصدي غير المعصوم لجمعه يمتنع عادة أن يكون جمعه كاملا موافقا للواقع، لكن لا ريب في أن الناس مكلفون بالعمل بما في المصاحف و تلاوته حتى يظهر القائم عليه السلام، و هذا معلوم متواتر من طريق أهل البيت عليهم السلام و أكثر أخبار هذا الباب مما يدل على النقص و التغيير و سيأتي كثير منها في الأبواب الآتية لا سيما في كتاب القرآن، و سنشبع القول فيه هناك إنشاء الله تعالى.
C’est à dire, à l’exclusion des Imams, que la paix soit sur eux.
Et la signification de « tout le Coran » c’est à dire tous les mots et les lettres.
Et la signification de « comme il a été révélé » c’est à dire son rangement (classement), son I’rab2, sa vocalisation, sa non vocalisation (lettres non vocalisées), la délimitation de ses versets et sourates. Et ceci est une réfutation à l’encontre des gens qui prétendent que le Coran est ce qui est présent dans les Masahif que nous connaissons tous 3, et qui est récité par les sept lecteurs et leurs semblables.
Et nos compagnons ont divergé à ce sujet, al-Sadûq ibn Babawayh par exemple et un groupe [de savants] sont d’avis que le Coran n’a pas été changé par rapport à ce qui a été révélé et que rien n’y manque (aucune suppression). Al-Kulaynî et Cheikh al-Mufîd, qu’Allah sanctifie leurs âmes, ainsi qu’un groupe [de savants] disent quant à eux que l’ensemble du Coran se trouve auprès de nos Imams, que la paix soit sur eux, et que ce qui est dans les Masahif [actuellement disponibles] est seulement une partie du Coran, et que le Commandeur des croyants [Ali ibn Abi Talib], que la paix soit sur lui, a réuni et compilé le Coran comme il a été révélé, après la [mort du] prophète, que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur Lui et sa famille, et il l’a présenté aux compagnons hypocrites et ils ne l’ont pas accepté de lui mais ils projetèrent de le rassembler [le Coran] à l’époque d’Omar et de Othman comme nous le verrons en détail dans le Livre (chapitre) du Coran.
Notre Cheikh al-Mufid, le juste [dans ses avis], qu’Allah apaise son âme, a dit dans [son ouvrage] Jawâb al-Masâ’il al-Sarwiyah que ce qui est contenu entre les deux couvertures du Coran est dans sa totalité la Parole d’Allah et Sa révélation. Et il n’y a rien dedans qui ne soit parole d’être humain et ce [qui est contenu aujourd’hui entre les deux couvertures du Coran] constitue la plus grande partie de la révélation.
Et le reste de ce qui a été révélé (par Allah) se trouve auprès du Préservateur de la Chari’ah et Gardien des Règles de jurisprudence Islamique (le Mahdi) sans aucune omission, bien que celui (Othman ) qui a compilé ce qui se trouve entre ces deux [pages de] couvertures4 n’a pas intégré cette révélation dans sa compilation du Coran, et cela pour différentes raisons comme : son ignorance de certaines d’entre elles (les autres révélations coraniques), ses doutes à son sujet et son manque de certitude, ou encore ce qu’il a délibérément supprimé (du Coran). Tandis que l’Émir des croyants (Ali ) a compilé le Coran du début jusqu’à la fin, et a assemblé les versets comme ils devaient l’être, il a fait devancer les versets mecquois sur les versets médinois, les versets abrogés suivis des abrogeants et il y a mis chaque chose à sa place.
C’est pour cette raison que Ja’far Ibn Muhammad al-Sâdiq (as) a dit : « Par Allah si le Coran était lu comme il a été révélé, vous y trouveriez nos noms comme ceux qui nous ont précédés ont été nommés ».
Et il (al-Mufîd) continua son propos en disant : Les récits authentifiés de nos Imams, que la paix soit sur eux, qui nous ont été transmis nous ordonnent de lire ce qui se trouve entre les deux pages de couvertures (al-Dafatayn) et que nous ne devons avoir recours à aucun autre écrit [versets absents du coran présent], que ce soit des ajouts ou des retraits jusqu’à ce qu’al-Qaïm (le Mahdi) apparaisse et qu’il lise le Coran tel qu’il a été révélé et tel qu’il a été compilé par l’Émir des croyants (Ali ). Et ils nous ont interdit de lire ce qui se trouve comme additions dans le Mushaf (Coran) par l’intermédiaire des récits compilés (Akhbar) car ils ne nous sont pas parvenus de manière Mutawâtir (voies multiples) mais plutôt de manière Ahad (voies singulières) et un rapporteur aurait pu commettre des erreurs en transmettant (le ou les récits). [De plus] lorsqu’une personne lit ce qui ne se trouve pas entre les deux pages de couverture du Coran [présent], il se trahit lui-même et il s’expose à la mort. Par conséquent, ils (les Imams) nous ont interdit de lire du Coran [originel, c’est à dire le véritable Coran préservé auprès du Mahdi] ce qui est contraire à ce qui se trouve entre les deux [pages de] couvertures pour toutes les raisons que nous avons évoquées [fin de citation de al-Mufid par al-Majlissi].
Et les récits par voie de transmissions chiites (Khâssah) ou sunnites (‘Ammah) sur les suppressions et altérations [des versets coraniques] sont très nombreux (Mutawâtir). Et la raison nous dicte que, le Coran [les versets] ayant été éparpillé et [largement] répandu (propagé) parmi les gens [à l’époque du Prophète ],si une personne autre que l’Imam Infaillible s’attaquait à sa compilation, il lui aurait été impossible d’accomplir une compilation parfaite qui corresponde au véritable [Coran].
Par contre, il n’y a aucun doute que les gens sont tenus d’œuvrer par ce qu’il contient, et de réciter [selon son contenu présent] jusqu’à ce que le Résurrecteur (al-Qaïm, surnom du Mahdi dans la terminologie Chiite) n’apparaisse, que la paix soit sur lui.
Et ceci est bien connu, et rapporté par de nombreux récits par la voie des Ahl al-Bayt, que la paix soit sur eux. Et la plupart des récits sur cette question soulignent la suppression et l’altération [ayant touché le Coran] et nous en verrons de nombreux exemples dans les chapitres qui suivront, et en particulier dans le chapitre sur le Livre du Coran. Et nous en parlerons largement à ce moment là si Allah le Très Haut le veut5. »

Nul besoin de développer davantage la croyance professée par al-Majlissi lui-même à la fin de son commentaire ci-dessus. Dans la vidéo suivante, l’Ayatollah Kamal al-Haydari déclare que beaucoup de savants Chiites ont déclaré que le Coran a été falsifié, et cite comme exemple les propos d’al-Majlissi à propos d’un hadith Chiite considéré comme authentique et déclarant que le Coran descendu sur l’Ange Gabriel (as) est composé de 17 000 versets, soit trois fois plus que le Coran entre nos mains.

  1. 1. Al-Usul Min al-Kâfi, Vol.1 page 228, Chapitre : « Personne n’a rassemblé le Coran dans son ensemble hormis les Imams, la paix sur eux, et ils possèdent tout le savoir ». Récit consultable en ligne sur ce site Chiite
  2. 2. Science traitant de la flexion de la dernière voyelle des mots.
  3. 3. C’est à dire les exemplaires du Coran présents aujourd’hui (et à l’époque de l’auteur, et à l’époque des compagnons).
  4. 4. En arabe Bayna al-Dafatayn (entre les deux couvertures), est une formulation classique qui désigne le contenu du Coran qui se trouve aujourd’hui matériellement/physiquement entre les deux couvertures des exemplaires du Coran que nous connaissons tous.
  5. 5. Mirat al-Uqul du Cheikh al-Majlissi, Vol. 3 pages 30, 31 et 32. Commentaire que vous pouvez consulter sur ce site Chiite.

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