mercredi 22 novembre 2017

Fatwa

L’un des arguments les plus frappant dévoilant l’inconsistance argumentaire concernant le pilier du dogme Chiite Imamite, c’est-à-dire l’Imamat des douze Imams Infaillibles, est l’absence d’un verset coranique explicite à propos de la priorité du compagnon Ali à succéder au noble Prophète après sa mort.

En effet, dans le Chiisme Imamite la terre ne saurait être vide d’un Imam Infaillible qui aurait pour rôle principal de guider l’Humanité car à défaut d’une telle présence, elle courrait à sa perte. C’est pour cela que les savants Imamites déclarent qu’en l’absence d’un Prophète, un Imam est toujours présent pour guider les êtres humains. Ces Imams sont supérieurs aux Prophètes de part leur statut lié à l’Imamat et le fait de ne pas adhérer à cette croyance qui constitue le pilier fondamental du Chiisme Imamite rend mécréant.

Une croyance aussi importante devrait normalement apparaitre dans le Coran de manière significative et explicite or il n’en est rien, pas même les noms des douze Imams n’apparaissent dans le Coran alors que les noms de nombreux Prophètes apparaissent qui, pour rappel, ont un statut inférieur à celui des douze Imams, ou le nom d’un compagnon Zayd 1 ou même le nom d’Abu Lahab l’ennemi du Prophète apparaissent également.

La question a été posée à l’Ayatollah al-Sistani et voici sa réponse :

الـســؤال: لماذا لم يذكر اسم الامام علي (ع) و الائمة المعصومين (ع) في القرآن الكريم نصّا ؟

الـجــواب: الله اعلم بوجه الحكمة فلعله لإفتتان الناس و لعله كإن يعلم إنّ ذلك كان يبعث باعدائه للتشكيك في كتاب الله و خدش إحترامه و كرامته كما صنعوا بأحاديث الرسول (ص) .

Question :Pourquoi ne trouve-t-on pas le nom de l’Imam Ali (as) et des Imams (as) dans le Saint Coran ?

Réponse : Allah sait le mieux, sur le plan de la sagesse; peut être qu’il s’agit de mettre à l’épreuve les gens ou bien peut être comme s’Il savait [qu’en citant nommément les Imams] que cela allait inciter ses ennemis à faire douter [les gens] sur le Livre d’Allah, discréditer sa vénération, sa considération comme ils ont pu le faire à l’égard du Hadith du Prophète (en falsifiant les hadith du Prophète)2.

Cette réponse hors du commun vient de l’un des plus importants savants Chiites actuels, il déclare d’une part qu’il s’agit peut-être de mettre à l’épreuve le Croyant en ne l’informant pas clairement d’un des piliers de sa foi, ce qui parait surprenant puisqu’il existe de nombreux versets coraniques qui déclarent que les Prophètes ont été envoyés afin qu’aucun humain ne dise au Jour Dernier « Il ne nous est venu ni annonciateur ni avertisseur3. », aux gens Muhammad récitait ces versets :

۞قُلْ يأَيُّهَا النَّاسُ إِنَّمَآ أَنَاْ لَكُمْ نَذِيرٌ مُّبِينٌ۞

۞Dis : « Ô hommes ! Je ne suis pour vous, en vérité, qu’un avertisseur explicite4

Le second argument de l’Ayatollah al-Sistani est de déclarer tout bonnement que si ces noms avaient été cités explicitement, alors les « ennemis » de Ali et des Imams, c’est-à-dire les Compagnons, auraient pu faire douter les gens sur le Livre d’Allah lui-même comme ils ont pu le faire sur les paroles et actes du Prophète .

Dans les deux cas, l’Ayatollah al-Sistani insulte clairement le Tout-Puissant puisqu’Il déclare que Son Livre qui est l’argument explicite et tranchant pour celui à qui il fut révélé, le Prophète Muhammad , ne contient rien de clair au point de mettre à l’épreuve les gens, pas même les noms des Imams n’apparaissent dans Ses versets alors que d’autres personnages moins importants au regard du dogme Imamite apparaissent nommément dans le Coran, le sens des priorités ne serait donc pas respecté par Allah au regard de la croyance Imamite.

De plus ce savant ajoute que si ces noms avaient été cités, alors les Compagnons auraient pu faire douter les gens sur ce Livre et son importance comme ils l’ont fait sur le Hadith d’après eux. C’est donc que le Créateur est Lui-même dominé par certaines de Ses créatures au point de « mettre à l’épreuve » (au point d’égarer, pour être plus clair) le reste de Ses créatures ? N’est-ce pas là une parole très grave à l’encontre du Seigneur des levants et des couchants ?

Ces propos effleurent de près l’accusation de nombreux savants Chiites Imamites qui déclarent sans scrupules que les Compagnons ont falsifié le Coran.

Le Grand Ayatollah Sayyed Muhammed al-Hakim dit exactement la même chose dans sa réponse à la question suivante :

Q [18]  How can we prove Imamate from the Quran? If Imamate is such a backbone for Shia Islam and we believe that if one doesn’t accept the Wilayah of Imam Ali (peace be upon him), he is a looser, then why did not Allah mention this directly in the Holy Quran, thus major disputes could be avoided? How do we answer the objection that there is no proof about the Imamate of Imam Ali (peace be upon him) being essential?

Q [18] : Comment prouver l’Imamah à partir du Coran ? Si l’Imamat est la colonne vertébrale du Chiisme Imamite et que nous croyons que celui qui n’accepte pas la Wilayah de l’Imam Ali (paix sur lui), est compté parmi les perdants, alors pourquoi Allah ne mentionne pas cela explicitement dans le Saint Coran, afin d’éviter des divergences majeures ? Comment répond-on à l’objection consistant à dire qu’il n’existe aucune preuve à propos de l’Imamat de l’Imam Ali (paix sur lui) comme étant un élément essentiel ?5

Dans sa tentative de réponse à cette question ô combien importante, l’ayatollah conclut en disant ceci :

From this, one can conclude the reason why the name of Imam Ali (peace be upon him) was not mentioned in the Holy Book, Almighty Allah knew that there were some people who wanted to rule and were ready to disobey Allah and His Messenger in an open way, and they had their supporters who were willing to help and encourage them. If the Holy Quran was to mention Imam Ali’s name then they would doubt the Holy Book in the same way as they have doubted the Messenger of Allah. This would result in the rejection of the Holy Book, which would then not be Allah’s continuous proof.

Traduction : A partir de cela, nous pouvons conclure que la raison pour laquelle le nom de l’Imam Ali (paix sur lui) n’est pas mentionné dans le Saint Coran, est qu’Allah le Tout-Puissant savait qu’il existait certaines personnes qui voulaient gouverner et étaient prêtes à désobéir à Allah et Son Messager de manière frontale, et qu’ils avaient leurs partisans qui étaient prêts à les aider et les encourager. Si le Saint Coran avait mentionné le nom de l’Imam Ali, alors ils auraient douté du Livre Saint de la même manière qu’ils ont douté du Messager d’Allah. Cela aurait eu pour résultat, le rejet du Livre Saint, qui n’aurait donc pas servi de preuve divine perpétuelle.6

Ces paroles loin d’être isolées, sont par exemple reprises sans sourciller par l’un des administrateurs d’un forum chiite francophone qui déclare d’une part que rien dans le Coran n’est explicite vis-à-vis de la croyance en l’Imamat des 12 Imams (une croyance fondamentale qui rend mécréant celui qui n’y adhère pas), d’autre part il affirme que si les noms des 12 Imams avaient figuré dans le Coran, celui-ci « aurait certainement subi des modifications !! »

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Plus loin, dans la même discussion il réaffirme son propos et déclare que cette façon de procéder (ne pas nommer les 12 Imams dans le Saint Coran) a été fait afin de protéger le Coran de toute altération, au point même qu’il ne donne pas cher de sa peau pour que le corpus coranique subisse à son tour des altérations si les noms avaient été inscrits dans le Livre Saint :

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Loin de s’arrêter là, il déclare encore :

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Nous sommes face à une conception étonnamment curieuse de la part de ces gens vis-à-vis de leur Seigneur, puisque par sagesse et miséricorde pour les humains mêlée à une crainte d’un groupe d’humains, Allah n’a pas daigné exprimer clairement dans Sa dernière Révélation, la croyance fondamentale qui tranche entre le vrai et le faux, qui sépare le bon grain (le vrai croyant qui a la walayah des 12 Imams) de l’ivraie (« l’Ecole des Califes »).

۞فَلْيَتَّقُواّ اللَّهَ وَلْيَقُولُواْ قَوْلاً سَدِيداً۞

۞qu’ils redoutent donc Dieu et qu’ils prononcent des paroles justes.7۞

Le Grand ayatollah Sayyed Muhammad al-Husseini Chahroudi est actuellement enseignant à la Hawza ‘ilmiyya de Qom en Iran1, l’une des villes saintes pour les Chiites Imamites. Comme tous les ayatollah, celui-ci à l’habitude de répondre aux questions de ceux qui le prennent comme source d’imitation (Marja’ al-Taqlid). Ici, il répond sans détours à une question sur le fait de maudire Aïcha nommément ou de manière implicite en utilisant la Taqiya, mais également à une question concernant les trois premiers califes qui sont maudits dans l’invocation dite de Achoura récitée par tout Chiite qui se veut être pieux durant la période de Achoura.

1) Voici la question concernant la Mère des croyants et sa traduction :

سؤال 50 : هل يجوز لعن بعض اُمهات المؤمنين مثل السيدة عائشة لمعصيتها للرسول ولخروجها على إمام زمانها ولإعلانها العداء لأميرالمؤمنين علي بن أبي طالب(عليه السلام) سواء بالتصريح بالاسم علناً أوبالتلميح ؟

لجواب : يجوز لعن كلّ من أعلن العداء لأميرالمؤمنين أو الزهراء أو الأئمة(عليهم السلام)فكيف بمن ظلمهم وحاربهم إلاّ مع خوف تلف النفس وقد ورد أنّ الإمام الصادق (عليه السلام) كان يلعن ثمانية بعد كلّ صلاته (أربعة من الرجال وأربعة من النساء ) .

Question : Est-il permis de maudire certaines Mères des croyants comme Sayyeda Aïcha pour sa désobéissance envers le Messager d’Allah, sa sortie face à l’Imam de son temps et le fait qu’elle montra de l’hostilité envers Amir al-Mou’minin Ali ibn Abi Talib, ceci en mentionnant explicitement son nom ou bien seulement par allusion ?

Réponse : Il est permis de maudire tous ceux qui se sont opposés à Amir al-Mou’minin ou [Fatima] al-Zahra ou les Imams (alaihoum salam). Comment ne serait-ce pas permis après l’oppression qu’ils ont subie et le combat engagé contre eux ? Exception faite s’il y a une crainte de préjudice contre sa propre personne [si vous les maudissez]. On rapporte que l’Imam al-Sâdiq (alaihi salam) avait l’habitude de maudire huit personnes après chacune de ses prières (quatre hommes et quatre femmes)2.

La réponse à la question est ici explicite, le Chiite doit maudire tous ceux qui se sont opposés à l’imam Ali, son épouse Fatima al-Zahra et les douze imams sauf si une menace se présente, dans ce cas la Taqiya est de rigueur. Ainsi, si Aïcha n’avait pas fait partie de « tous ceux qui se sont opposés à Amir al-Mou’minin Ali, Fatima al-Zahra et les douze Imams » alors l’ayatollah aurait exprimé une exception à son égard afin de ne pas semer la confusion dans l’esprit du questionneur, ce qui en l’occurrence n’a pas été le cas. Mais la suite ne laisse aucun doute sur l’identité des principaux « ennemis des membres de Ahl al-Bayt », en effet pour illustrer son propos, l’ayatollah renvoie le questionneur vers des narrations prétendant que l’Imam al-Sâdiq avait l’habitude de maudire après chaque prière, quatre hommes et quatre femmes.

Voici donc une version de ce Hadith tirée de l’ouvrage al-Kafi d’al-Kulayni :

10 – محمد بن يحيى، عن محمد بن الحسين، عن محمد بن إسماعيل بن بزيع، عن الخيبري، عن الحسين بن ثوير، وأبي سلمة السراج قالا: سمعنا أبا عبدالله (عليه السلام) و هو يلعن في دبر كل مكتوبة أربعة من الرجال وأربعا من النساء فلان وفلان وفلان ومعاوية ويسميهم وفلانة وفلانة وهند وام الحكم أخت معاوية.

Al-Hossein ibn Thawr et Abi Salma Al Surayj ont dit : « Nous avons entendu qu’Abu Abdullah (l’Imam al-Sâdiq) maudissait après chaque prière prescrite quatre hommes et quatre femmes : fulan, fulan, fulan et Mu’awiyah, et fulana, fulana et Hind et Oum al-Hakam la soeur de Mu’awiyah3. »

Dans une autre version tirée d’al-Tahdhib al-Ahkam du Cheikh al-Tusi :

169 محمد بن يحيى عن محمد بن الحسين عن محمد بن إسماعيل ابن بزيع عن الحسين بن ثوير وأبي سلمة السراج قالا: سمعنا أبا عبدالله عليه السلام وهو يلعن في دبر كل مكتوبة أربعة من الرجال وأربعا من النساء التيمي والعدوي وفعلان ومعاوية ويسميهم وفلانة وفلانة وهند وأم الحكم أخت معاوية.
Al-Hossein Ibn al-Thawr et Abi Salma Al Surayj ont dit : « Nous avons entendu qu’Abu Abdullah (l’Imam Al-Sâdiq) maudissait après chaque prière prescrite quatre hommes et quatre femmes : Al-Taymyi et al-‘Adwiy et fulan et Mu’awiyah et il les a nommés (il a nommé Abu Bakr et Omar à la place des noms des tribus), et fulana, fulana et Hind et Oum Al Hakam la soeur de Mu’awiyah4. »

Bien que la Taqiya soit de rigueur dans ces Hadiths, les griefs fait à Abu Bakr, Omar, leur fille Aïcha et Hafsa (désignées par « Fulana »); Muawiyah, Oum al-Hakam et leur mère Hind Bint Utba, et la désignation des tribus d’Abu Bakr et Omar en lieu et place des « Fulan » dans la version précédente du Hadith, ne laissent aucun doute, si celui-ci persistait encore dans l’esprit du lecteur de cet article.

Il est à noter que cette seconde version est considéré authentique par les deux Choyoukh al-Majlissi père et fils. Le père, Muhammad Taqi al-Majlissi surnommé al-Awal (le premier), dans son ouvrage Rawdat al-Muttaqin Fi Charh Man La Yahdhuruhu al-Faqih, un commentaire comme son nom l’indique, de l’ouvrage Man La Yahdhuruhu al-Faqih du Cheikh al-Saduq :

وفي الصحيح عن الحسين بن ثور وأبي سلمة السراج قالا سمعنا أبا عبد الله عليه السلام وهو يلعن في دبر كل (صلاة) مكتوبة أربعة من الرجال وأربعة من النساء: التيمي والعدوي وفعلان ومعاوية يسميهم (بمعنى أنه عليه السلام سماهم بأبي بكر وعمر وعثمان وأنا أتقيت في عدم تسميهم) وفلانة وفلانة (يعني عائشة وحفصة) وهند وأم الحكم أخت معاوية

Dans un (récit) authentique d’après al-Hossein ibn Thawr et Abi Salma Al Surayj qui ont dit : « Nous avons entendu qu’Abu Abdullah (l’Imam Al-Sâdiq) maudissait après chaque prière prescrite quatre hommes et quatre femmes : Al-Taymyi et al-‘Adwiy et fulan et Mu’awiyah et il les a nommés (c’est-à-dire qu’il (as) les nommé Abu Bakr et Omar et Othman alors que moi j’ai fait Taqiya en cachant leurs noms), et fulana, fulana (c’est-à-dire Aïcha et Hafsa) et Hind et Oum Al Hakam la soeur de Mu’awiyah5.

Dont voici une copie écran :

rawdat-e-mottaqin-b-2-s-380

Et le fils, Muhammad Baqir al-Majlissi surnommé al-Thani, dans son ouvrage Maladh al-Akhiyar Fi Fahm Tahdhib al-Akhbar, un commentaire en 16 volumes du fameux livre Tahdhib al-Ahkam d’al-Tusi :

محمد بن يحيى عن محمد بن الحسين عن محمد بن إسماعيل بن بزيع عن الحسين بن ثور وأبي سلمة السراج قالا: سمعنا أبا عبد الله عليه السلام وهو يلعن في دبر كل (صلاة) مكتوبة أربعة من الرجال وأربعا من النساء: التيمي و العدوي وفعلان  ومعاوية وسميهم وفلانة وفلانة وهند وأم الحكم أخت معاوية

Al-Hossein Ibn al-Thawr et Abi Salma Al Surayj ont dit : « Nous avons entendu qu’Abu Abdullah (l’Imam Al-Sâdiq) maudissait après chaque prière prescrite quatre hommes et quatre femmes : Al-Taymyi et al-‘Adwiy et fulan et Mu’awiyah et il les a nommés et il les a nommés (à la place des noms de leur tribus et du terme fulan), et fulana, fulana et Hind et Oum Al Hakam la soeur de Mu’awiyah6.

Dont voici également une copie écran avec encadrée en vert, la mention Sahih pour le hadith cité ci-dessus :

meladh-e-a5yar-b-484-h-1691

Dans une autre fatwa, il n’hésite pas à déclarer que Aïcha était une hypocrite et émet l’hypothèse que le Prophète (saws) l’a épousée afin de la surveiller elle et sa tribu :

سؤال 59 : هل حقّاً أنّ النبي كان يعلم بأنّ عائشة كانت منافقة؟ إذا يعلم لماذا تزوّج منها؟

الجواب : نعم كان النبي (صلى الله عليه وآله) عالماً بكلّ شيء ولا ينافي ذلك تزوجه بها لأن النبي كان يقدم المصالح العامة على مصلحته الشخصية فيتزوّج لأغراض سياسية واجتماعية منها تأليف القلوب ولعلّه كان يريد أن يحدّد من تصرفاتها العدائية أو تصرفات أقربائها وقبيلتها أو يراقب تحركات القوم من خلال ذلك.

Question : Est-ce vrai que le Prophète savait que Aïcha était une hypocrite ? Si oui, pourquoi l’a-t-il épousée ?

Réponse : Oui, le Prophète (sall-Allahu alaihi wa alli) était au courant de toute chose et cela n’invalide pas son mariage car le Prophète privilégiait le bien des autres par dessus le sien. Ainsi il a pu se marier pour des raisons politiques ou sociales dans l’effort de réunir les cœurs et il a pu faire ceci [ce mariage] afin de pouvoir la surveiller elle ainsi que sa tribu7.

2) Dans la question suivante, le sujet concerne la malédiction des trois premiers califes contenue dans la Du’a dite de Achoura. Elle est récitée chaque année pendant Achoura et pour celui qui en a la possibilité, près du tombeau d’al-Hossein Ibn Ali tombé en martyr à Kerbala en 680 en Irak, elle est dite Ziyarat ‘Achoura :

 

سؤال 51 : أحببت السؤال عن مقطع اللعن الوارد في زيارة عاشوراء وأخص بالذكر هنا لعن الأوّل (أبي بكر ) والثاني ( عمر ) والثالث ( عثمان ) هل هو جزء من الزيارة وقد ورد عن المعصوم(عليه السلام) ؟ أم أنه خارج عنها ولم يرد على لسانه (عليه السلام) ؟ وهل كان الأئمة من آل البيت(عليهم السلام)يجيزون اللعن الثلاثة ويعتبرونه أمراً يثاب المرء عليه ؟

الجواب : نعم اللعن جزء من زيارة عاشوراء ويكرر مئة مرّة وقد صدر اللعن من الأئمة (عليهم السلام) وليس لعن الظالمين مختصاً بزيارة عاشوراء ، بل الروايات في ذلك متواترة . نعم لابدّ أن يكون اللعن غير مناف للتقية.

Question : J’aimerai poser une question concernant la malédiction que l’on trouve dans l’invocation de la visite de ‘Achoura, et je parle en particulier de la malédiction à l’encontre du premier (Abu Bakr), du second (Omar) et du troisième (Othman). Est-ce que ce passage de la Ziyarat a été rapportée d’après l’Infaillible (alaihi salam) ? Ou bien cela a-t-il été rejeté ? Et les Imams  de Ahl al-Bayt (alaihim salam) ont-ils permis la malédiction sur ces trois personnes et ont-ils dit que la personne qui fera cela sera récompensée ?

Réponse : Oui, la malédiction est permise durant la visite de ‘Achoura. Répétez-là une centaine de fois. Il a d’ailleurs été rapporté que les Imams (alaihim salam) pratiquaient la malédiction, et la malédiction ne se fait pas uniquement contre les oppresseurs lors de Ziyarat ‘Achoura, mais également à d’autres occasions. Les récits traitant ce sujet sont Mutawâtir8. Et certes, la malédiction ne doit pas être faite dans une situation qui révèlerait la Taqiya9.

Cette question ainsi que la réponse se passent de commentaires.

Voici, tirée d’un site Chiite francophone, la partie de cette invocation avec sa traduction en français :

Allâhumma  khuçça  anta  awwala  dhâlimin  bi-l-la‘ni  minnî  wa-bda’ bihi  awwalan  thumma-th-thâniya  wa-th-thâlitha  wa-r-râbi‘a Allâhumma-l‘an Yazîda  khâmisan  wa-l‘an ‘Ubayda-llâhi-bna  Ziyâd  wa-bna  Marjâna  wa ‘Umara-bna  Sa‘d  wa  Chimran  wa  âla  Abî  Sufiyâna  wa  âla  Ziyâd  wa  âla  Marwâna  ilâ  yawmi-l-qiyâmah

ثمّ تقول: اَللّـهُمَّ خُصَّ اَنْتَ اَوَّلَ ظالِم بِاللَّعْنِ مِنّي وَابْدَأْ بِهِ اَوَّلاً ثُمَّ (الْعَنِ) الثّانيَ وَالثّالِثَ وَالرّابِعَ اَللّـهُمَّ الْعَنْ يَزيدَ خامِساً وَالْعَنْ عُبَيْدَ اللهِ بْنَ زِياد وَابْنَ مَرْجانَةَ وَعُمَرَ بْنَ سَعْد وَشِمْراً وَآلَ اَبي سُفْيانَ وَآلَ زِياد وَآلَ مَرْوانَ اِلى يَوْمِ الْقِيامَةِ

Ô mon Dieu ! Destine de ma part la malédiction sur le premier des oppresseurs et commence par lui en premier. Puis maudis le deuxième, le troisième et le quatrième. Ô mon Dieu !, maudis Yazîd en cinquième puis maudis ‘Ubaydallâh Ibn Ziyâd, Ibn Marjânah, ‘Omar Ibn Sa‘d, Chimr, les Âle Abû Sufiyân, les Âle Ziyâd et les Âle Marwân jusqu’au Jour de la Résurrection10.

Il existe de nombreux commentaires de cette invocation de ‘Achoura à l’exemple de celui-ci en langue anglaise sur l’un des plus importants sites Chiite, dans lequel l’auteur déclare que le premier, le deuxième et le troisième ne sont autres que les trois premiers Califes successeurs du Prophète (saws) comme il l’explique en développant les raisons pour lesquelles ils doivent être maudits :

. The first tyrant – The First Caliph who ruled for 2 years and 3 months:
a. Stealing the Caliphate from the Commander of the Faithful ‘Ali b. Abi Talib (peace be upon him).
b. Ordering the Imam (peace be upon him) to be tied and bound and dragged through the streets of Madina to give the Bay’at.
c. Ordering the daughter of the Prophet, Fatimah az-Zahra (peace be upon her) to be attacked and beat up – thus, causing her to have a miscarriage, losing her son Mohsin and which lead to her death.
d. Designating the second Caliph through his will.

2. The second tyrant – The Second Caliph who ruled for 10 years and 6 months:
a. Stealing the Caliphate from the Commander of the Faithful ‘Ali b. Abi Talib (peace be upon him).
b. Planning the event of attack against Imam ‘Ali b. Abi Talib (peace be upon him) and Fatimah Az-Zahra (peace be upon her) after the death of the Prophet.
c. Organizing the stealing of the Caliphate and placing the first Caliph in his seat at the Saqifah.
d. Many innovations in the faith of Islam such as:
• Prohibiting Mut’ah of the woman and Mut’ah of the Hajj;

• Adding the line, ‘As-Salat is better than sleep’ [الصلاة خير من النوم] to the Adhan of Fajr;

• Bringing upon new rulings in regards to the divorce, and many other acts.

e. Inappropriate distribution of the public treasury.
f. Racial discrimination between Muslims.
g. Making Mua’wiyah the governor of present day Syria.
h. Selectively implementing the Islamic penal code by turning a blind eye to his friends and family members who committed acts contrary to Islamic legislation.
i. Designating the third Caliph through his twisted and perverted “Council” to assign who would succeed him.

3. The third tyrant – The Third Caliph who ruled for approximately 12 years:
a. Stealing the Caliphate from the Commander of the Faithful ‘Ali b. Abi Talib (peace be upon him).
b. Many innovations in the faith of Islam.
c. Putting forth his government without keeping the common people in mind for positions and relating positions to family and friends.
d. Appointing people to government positions who were not worthy of such positions.
e. Limiting the Public Treasury to the Bani Umayyah.
f. Racial discrimination amongst the Muslims.
g. Physically attacking and assaulting people who were not happy with the situation of the government and their policies.
h. Showing respect to the prime enemies of Islam and the teachings of the Prophet (blessings of Allah be upon him and his family) such as Marwan b. Hakam11.

Nous citerons également les propos de Muhammad Baqir al-Majlissi dans son ouvrage Bihar al-Anwar, dans lequel il mentionne cette invocation et déclare ensuite :

أقول: الأخبار الدالة على كفر أبي بكر وعمر وأضرابهما وثواب لعنهم والبراءة منهم، وما يتضمن بدعهم أكثر من أن يذكر في هذا المجلد أو في مجلدات شتى، وفيما أوردنا كفاية لمن أراد الله هدايته إلى الصراط المستقيم.

« Je (al-Majlissi) dis  : Les récits concernant le Kufr (mécréance) d’Abu Bakr et Omar et leur châtiment, ainsi que la récompense issue de la malédiction sur eux et du fait de se dissocier d’eux et de leurs innovations, tout ceci a été mentionné dans ce volume ou dans d’autres volumes. Et ce qui a été cité est suffisant pour celui à qui Allah veut la guidée vers le droit chemin12. »

Lorsqu’en 2010, les attaques du Cheikh Koweïtien Yassir al-Habib, contre la Mère des Croyants Aïcha ont été médiatisées, les protestations ont fusé de toutes parts au point que l’actuel guide iranien l’ayatollah Ali al-Khâmeneï a du émettre une fatwa afin de condamner ces propos d’al-Habib et interdire toute attaque contre « les symboles révérés par les Sunnites, y-incluant les épouses du Prophète « .

الإمام الخامنئي: يحرم النيل من رموز إخواننا السُنة و نساء النبي (ص)13

Cependant, on peut le voir ici, lorsque la haine imamite envers les « symboles sunnites » n’est pas médiatisée, point de fatwa de la part des ayatollah, ni d’apparition spectaculaire de Sayyed Nasrallah condamnant avec fermeté les propos de celui qui oserait s’attaquer aux « symboles de nos frères Sunnites », bien au contraire ! Cette haine est toujours consultable sur le site web d’un important ayatollah contemporain enseignant à Qom en Iran, dont le guide avait pourtant émis il y a déjà cinq années une fatwa interdisant les attaques contre les personnages révérés par les Sunnites !

A moins que cet ayatollah Chahroudi ne soit aussi un « agent payé par les britanniques pour semer la discorde entre les Musulmans Chiites et Sunnites » et pour mener à bien sa mission, il ait choisi de s’installer à Qom, la ville sainte iranienne ? Que les dirigeants iraniens, à leur tête al-Khameneï, expliquent donc aux Musulmans Chiites et Sunnites, pourquoi condament-ils les propos de l’un et pas ceux de l’autre alors qu’ils sont pour le moins identiques ? Nous serions ravis d’entendre quelles excuses trouveront les ayatollah à ce comportement paradoxal.

Si nous devions interroger les Musulmans sur le fait de déclarer que Ali n’est pas un dieu mais qu’il n’est pas moins qu’un dieu, ceux-ci seraient sans aucun doute choqués et ne pourraient que désavouer ce genre de propos ainsi que leurs auteurs. L’ayatollah Ali al-Khâmeneï quant à lui, ne semble pas choqué par ce type de propos puisqu’en réponse à la question ci-dessous dans son ouvrage « Ajwiba al-Istiftâ’ât » (Réponses aux questions) :

Il y a un groupe qui se nomme « Ali al-Lahiya » (Ali la Divinité) et ils disent que Ali (as) n’est pas un dieu mais qu’il n’est pas moins qu’un dieu, quel est leur statut ?

Il répond ceci :

S’ils ne disent pas qu’il (Ali) est un associé à Allah, l’Unique, le Très-Généreux, le Très-Haut (Transcendant) alors leur statut n’est pas comme celui d’un associateur (muchrik).

Voici la fatwa telle qu’elle apparait sur le site officiel de l’Ayatollah al-Khâmeneï :

 

السؤال: هناك فرقة تسمى (علي اللهية) ويقولون أن عليا عليه السلام ليس إلها ولكنه ليس بأقل من الإله فما هو حكم هؤلاء ؟
الجواب: إذا كانوا غير قائلين بشريك لله الواحد المنان المتعال، فليس حكمهم كحكم المشرك .

Question : Il y a un groupe qui se nomme « Ali al-Lahiya » (Ali la Divinité) et ils disent que Ali (as) n’est pas un dieu mais qu’il n’est pas moins qu’un dieu, quel est leur statut ?
Réponse : S’ils ne disent pas qu’il (Ali) est un associé à Allah, l’Unique, le Très-Généreux, le Très-Haut (Transcendant) alors leur statut n’est pas comme celui d’un associateur (muchrik)1.

Voici son ouvrage ainsi que le passage tiré de celui-ci où apparait la fatwa :

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La Fatwa est également disponible sur le site web de l’Ayatollah al-Khâmeneï, nous en avons produit une copie d’écran :

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Nous connaissions la Trinité chrétienne où l’on met en scène trois entités divines, Trinité intitulée également « le Mystère » par nos amis Chrétiens. L’on découvre aujourd’hui un autre Mystère, celui-ci lié à la croyance Chiite Imamite, où Ali n’est pas un dieu mais néanmoins pas moins qu’un dieu !

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Voici une fatwa pour le moins hallucinante de l’Ayatollah al-Sistani sur une question d’insémination artificielle pour la femme.

السؤال: لو تم استخراج المني – فرضا – من النبات أو الحيوان هل يجوز تلقيح المرأة به ؟
الجواب: يجوز في حد ذاته.
Question : A supposer que nous extrayons du sperme de plantes ou d’animaux, est il permis d’inséminer la femme avec ?
Réponse : [oui] c’est permis en soit1.

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