mercredi 13 décembre 2017

Hadith

L’objet de cet article est de disséquer le système de la science du hadith chez les Chiites Imamites et de vérifier le bien fondé de l’assertion ci-dessous avancée par Ali Akbar Ghifârî pour décrire le niveau de sophistication de la science du hadith dans le Chiisme Imamite.

فإن الدقة والعمق والعراقة التي تبرز في تصانيف الشيعة في هذا المجال قد ميزت هذا العلم بكثير على الرغم من سبق الآخرين لهم في مجال تدوين مصطلح الحديث

La précision, la profondeur (dans le détail) et l’enracinement (solidité de cette science) qui ressort des ouvrages chiites dans cette matière se distinguent de beaucoup [des autres] dans cette science, malgré le devancement des autres dans la composition de la terminologie de [la science] du hadith1.

S’agit-il effectivement, comme le déclare le professeur Ali Akbar Ghifârî, un des plus grand Muhaqqiq2 Imamite contemporain, d’une description véridique, qui colle parfaitement à la réalité ou bien s’agit-il d’un slogan publicitaire qui masque une vaste supercherie ?

Continuer la lecture…

ce-journal-envoi-a-lespace

Décidément « la science du hadith » imâmite ne cesse de nous surprendre. Comme nous pourrons le voir très prochainement dans un article consacré à ce sujet, la quasi totalité des rapporteurs Chiites sont inconnus du point de vue de la ‘Adâlat (Droiture) qui rentre pourtant comme une des conditions du hadith Sahih, quand ils ne sont pas catalogués charlatans, escrocs, hérétiques, mécréants, etc… Aujourd’hui avec ‘Ammâra ibn Zayd (عمارة بن زيد), c’est à un autre type de rapporteur que nous avons affaire, un rapporteur venu d’une autre dimension…
‘Ammarat ibn Zayd est un rapporteur imâmite venu tout droit de l’espace, c’est ce que rapporte le célèbre biographiste imâmite an-Najâchî :

قال النجاشي :  » عمارة بن زيد ، أبوزيد ( الخيواني ) الحبواني الهمداني : لا يعرف من أمره غير هذا ، ذكر الحسين بن عبيد الله ، أنه سمع بعض أصحابنا يقول : سئل عبدالله بن محمد البلوي عن عمارة بن زيد ، ( من ظ ) هذا الذي حدثك ؟ قال : رجل نزل من السماء ، حدثني ثم عرج ! . وينسب إليه كتب ، منها : كتاب المغازي ، كتاب حروب أمير المؤمنين عليه السلام ، كتاب مقتل الحسين بن علي عليه السلام ، وأشياء كثيرة تنسب إليه ، والله أعلم « .
‘Ammârat ibn Zayd, Abû Zayd al-Khaywânî al-Habwânî al-Hamdânî, on ne connait de lui que ceci : Al-Houssein ibn ‘Ubaydillah rapporte qu’il a entendu certains de nos compagnons dire : 
On a questionné ‘Abdallah ibn Muhammad al-balawî à propos de ‘Ammârat ibn Zayd : « Quel est cet homme qui t’a rapporté ? » Il a répondu : « C’est un homme qui est descendu du ciel, qui m’a rapporté puis est remonté [au ciel] ! »
Et on lui attribue [à ce ‘Ammârat ibn Zayd] des ouvrages, parmi ceux-ci : le Livre des batailles, le Livre des batailles du Commandeur des Croyants [Ali] (alayhi salam), le Livre du meurtre de Houssein ibn ‘Ali (alayhi salam), ainsi que de nombreuses autres choses, et Allah est le plus savant1

On trouve de nombreux récits de ce rapporteur venu de l’espace dans les ouvrages Imâmites, y compris dans les ouvrages les plus authentiques comme le Tahdhîbu-l-Ahkâm du Sheykh at-Tûsî.

Pourquoi ne trouve t-on aucun hadith authentique dans les ouvrages et sources Chiites ?1
Louange à Allâh Seigneur des Univers.

Louange à Allâh qui dit : « Bien au contraire, Nous lançons contre le faux la vérité qui le subjugue, et le voilà qui disparait. Et malheur à vous pour ce que vous attribuez [injustement à Allâh]« 2
Que les bénédictions et la paix soient sur le Messager, miséricorde pour les Univers, ainsi que sur les siens, et ses compagnons et ceux qui les ont suivis de la meilleure des manières jusqu’au jour de la Rétribution.

Ces propos s’adressent à nos chers lecteurs pour leur expliquer qu’il ne se trouve aucun hadith authentique du Prophète dans les ouvrages de référence Imâmites (selon leurs propres standards et règles d’authentification).

I Quelle est la définition du hadith authentique chez les Chiites ?

al-Hassan ibn Zayn al-Din al-Amili :

ما اتصل سنده إلى المعصوم بنقل العدل الضابط عن مثله في جميع الطبقات

Un hadith authentique est un hadith dont « la chaine de transmission est ininterrompue et remonte jusqu’à l’[Imam] Infaillible, en étant composée de rapporteurs droits (‘Adl), précis (Dhâbit) à tous les niveaux [de la chaîne de transmission]3. »

Hussein ibn Abdassamad al-Amilî dit :

ما اتصل سنده بالعدل الإمامي الضابط عن مثله حتّى يصل إلى المعصوم من غير شذوذ ولا علة

Un hadith authentique est un hadith dont « la chaine de transmission est ininterrompue et part d’un Imamite droit (‘Adl) et précis (Dhâbit) rapportant de son semblable et cela jusqu’à l’Infaillible, et sans [que le hadith ne comporte de] de singularité (Chudhudh) ni de défauts cachés, non apparents (‘Illa)4. »

Conclusion (à travers une autre citation) :

وهذا يعني أن الحديث الصحيح هو المسند الذي تتامت فيه سلسلة السند من آخر راو له حتى المعصوم الذي صدر منه الحديث، مع اشتراط أن يكون كل واحد من الرواة في جميع أجيال الرواية إمامياً عادلاً ضابطاً في حفظه للحديث ونقله له
« Tout ceci indique que le hadith authentique (Sahih) est [le hadith dont la] chaîne de transmission débute par le dernier rapporteur jusqu’à l’Infaillible, auteur des paroles (hadith), avec la condition que chaque rapporteur à tous les niveaux (génération) de la chaine soit un imâmite, droit (Adil), précis (Dhâbit) [fiable, n’ayant pas de défaut de mémoire] dans la mémorisation du hadith et dans sa transmission5. »

II Qu’est ce que le [rapporteur/l’homme] droit et qu’est ce que la droiture ?

L’Imam Khomeini dit :

العدالة عبارة عن ملكة راسخة باعثة على ملازمة التقوى مِن ترك المحرّمات وفِعل الواجبات
« Question 28: La droiture est une qualité fermement ancrée (à l’intérieur d’un individu) le poussant à la piété, en abandonnant les interdictions (muharramat) et s’acquittant de ses obligations6.« 

Le savant érudit al-Majlissi dit :

ثم اعلم أن المتأخرين من علمائنا اعتبروا في العدالة الملكة، وهي صفة راسخة في النفس تبعث على ملازمة التقوى والمروة، ولم أجدها في النصوص، ولا في كلام من تقدم على العلامة من علمائنا، ولا وجه لاعتبارها
« Et sache que ceux qui sont venus après parmi nos savants ont établi que la droiture est une qualité, une qualité fermement établie chez l’individu et qui le pousse à rechercher la piété et la moralité [dans ses œuvres]. Et je n’ai trouvé nul texte à ce sujet [sur la notion de droiture] et nul propos de nos savants parmi ceux qui ont précédés al-Allamah et ils ne lui ont accordé aucune considération7. »

Remarque : Al-Allamah ici désigne un savant imamite du 7ème siècle de l’Hégre, Ibn Mutahhar al-Hillî surnommé al-Allamah al-Hilli, contemporain de l’époque d’ibn Taimiyya [ra].  

Observez cette contradiction et ces divergences dans la définition de droiture. Et ce qu’il faut retenir dans tous cela, c’est que les savants Imâmites du hadith n’ont établi (ne se sont prononcés) la droiture que d’une infime minorité de leurs rapporteurs.

La grand savant du hadith al-Hurr al-Amili a dit :

لم ينصوا على عدالة أحد من الرواة، إلا نادراً، وإنما نصوا على التوثيق، وهو لا يستلزم العدالة قطعاً بل بينهما عموم من وجه، كما صرح به الشهيد الثاني وغيره
« Or, [les spécialistes] n’ont que rarement établi la droiture (‘Adâla) d’un transmetteur, ne se prononçant uniquement que sur sa fiabilité (Tawthîq), laquelle n’implique pas nécessairement la droiture. Bien au contraire, puisqu’il y a entre les deux des points de divergence comme l’a attesté le deuxième martyr et d’autres8. »

Remarque : Le « deuxième martyr » (ach-Chahid ath-Thani) est le surnom donné au grand savant imamite al-Hassan ibn Zayn al-Din al-Amili (mort en 965 de l’hégire).

III Question : Est ce que la fiabilité implique la droiture ?

Sayyid Mohyiddin al-Musawi Al-Ghurayfi a dit :

ولا شك في أن هذا التوثيق شهادة منهم بأمانة الموثق، وصدقه في الحديث فحسب، فلا تثبت به عدالته
« Et il ne fait aucun doute que ces témoignage de fiabilité de leurs parts [des savants biographistes Imamites] portent uniquement sur la bonne foi du rapporteur jugé fiable, et sur sa probité (Sidq) dans la transmission du Hadith, c’est tout, mais cela n’établit nullement sa droiture [la droiture du rapporteur)]9. »

La grand savant du hadith al-Hurr al-Amili a dit :

ودعوى بعض المتأخرين: أن (الثقة) بمعنى (العدل، الضابط) ممنوعة، وهو مطالب بدليلها. وكيف؟ وهم مصرحون بخلافها حيث يوثقون من يعتقدون فسقه، وكفره وفساد مذهبه؟!
« Et la prétention de certains modernes comme quoi « fiable » (Thiqa) signifierait « droit – juste » (‘Adl) et « précis »[dans ce qu’il rapporte] (Dhâbit) est irrecevable et il leur incombe d’en fournir la preuve. Comment donc, alors qu’ils disent explicitement le contraire, puisqu’ils jugent [parfois] fiable quelqu’un qu’ils présument coupable d’impiété, de mécréance et d’hérésie ? »10

IV Tout cela signifierait il qu’aucun des hadith imamites ne serait authentique ?

La grand savant du hadith al-Hurr al-Amili a dit :

فيلزم من ذلك ضعف جميع أحاديثنا لعدم العلم بعدالة أحد منهم إلا نادراً
« Et par conséquent, il s’ensuivrait [de tout cela] que nous devrions affaiblir [classer comme faible, da’if] tous nos Hadiths, du fait que l’on n’a que rarement connaissance de la droiture de l’un d’entre eux [rapporteurs Imamites]11. »

Et il (Hurr al-Amili) a dit aussi à un autre passage :

ومن المعلوم – قطعاً – أن الكتب التي أمروا عليهم السلام بها كان كثير من رواتها ضعفاء ومجاهيل وكثير منها مراسيل
« Et il est bien connu et dûment établi que les livres sur lesquels ils [les Imams] nous ont dit de nous baser pour œuvrer, contiennent de nombreux rapporteurs faibles ou inconnus et [contiennent également] de nombreux [Hadith] Marasil12. »

Et il (Hurr al-Amili) a dit aussi à un autre passage :

ومثله يأتي في رواية الثقات، الأجلاء – كأصحاب الإجماع، ونحوهم – عن الضعفاء والكذابين، والمجاهيل، حيث يعلمون حالهم ويروون عنهم ويعملون بحديثهم ويشهدون بصحته. وخصوصا مع العلم بكثرة طرقهم، وكثرة الأصول الصحيحة عندهم.
« Et de la même façon, pour les récits des « Thuqât« , Al-Ajilla’13– comme les Ashab al-Ijma’ ou autres – d’après les faibles, les menteurs et les inconnus, du fait qu’ils connaissent leur situation [de faibles, menteurs ou inconnus] et qu’ils rapportent cependant d’eux, et ils œuvrent d’après les Hadith qu’ils rapportent d’eux et qui cependant témoignent de l’authenticité de ces Hadith. Et ceci d’autant plus qu’ils avaient connaissance de plusieurs [autres] voies [de ces Hadith] et avaient en leur possession de nombreuses sources authentiques [Al-Usul As-Sahiha, les sources primaires des Hadith d’après les Chiites]14. »

Remarque : Ashab al Ijma’ renvoie à un groupe bien précis chez les savants Imamites du Hadith : il s’agit de dix-huit personnes considérées comme Thiqa (le pluriel est Thuqat) et qui sont nommément désignées. Il s’agit de six disciples d’Al-Baqir, de six disciples de Jaafar As-Siddiq et six disciples de Moussa Al-Kadhim. Les Chiites Imamites ont instauré cette règle qui stipule que tous les récits rapportés par ces 18 rapporteurs sont jugés authentiques même si ces derniers les ont rapportés d’après des rapporteurs faibles, menteurs ou même hérétique (Zindiq).

Et pour cette raison, le savant Yussuf Al-Bahrani a dit :

والواجب إما الأخذ بهذه الأخبار، كما هو عليه متقدمو علمائنا الأبرار، أو تحصيل دين غير هذا الدين، وشريعة أخرى غير هذه الشريعة، لنقصانها وعدم تمامها، لعدم الدليل على جملة من أحكامها
« Et de deux choses l’une, soit nous prenons toutes ces informations (Hadith) [en les considérant fiables] comme l’ont fait les prédécesseurs parmi nos savants, soit nous prenons une religion autre que celle-ci [l’Imamisme] et une Voie (Shari’âh) autre que celle-ci, ceci en raison de sa déficience et de son incomplétude, ainsi que de l’absence de preuves sur un ensemble de ses jugements juridiques (Ahkâm)15.’

V En conclusion

Après avoir vu ensemble qu’il ne se trouve aucun hadith authentique (suivant leurs propres règles) chez les Imamites dans leurs livres, le [lecteur] impartial est en droit de s’interroger :

D’où prenez vous votre religion [Ô vous les Chiites Imamites] ?

8) Les règles d’authentification des récits chez les Chiites Imâmites

Étant donné que la quasi totalité des récits Chiites seraient déclarés faibles ou forgés si l’on devait appliquer les règles de la Science du Hadith, notamment ceux sur lesquels se basent les fondements de la doctrine, il fallait impérativement imaginer des nouvelles « règles », synonymes de contorsions, pour réhabiliter ces récits. Les savants Chiites Imâmites redoublèrent donc d’imagination pour inventer des règles qui valideraient de nouveau les récits disqualifiés par les critères de le Science du Hadith qu’ils introduisirent eux-mêmes chez eux. Ces « règles » n’obéissaient à aucune logique ou méthodologie, elles n’avaient pour objectif que de sauver les récits que l’on avaient préalablement déclarés comme Vérité. Yûssuf al-Bahrânî écrit :

ولهذا ترى جملة منهم لضيق الخناق خرجوا من اصطلاحهم في مواضع عديدة ، وتستروا بأعذار غير سديدة
« C’est pour cela que tu vois beaucoup d’entre eux, à cause de la marge de manœuvre très serrée; qui s’écartent de leur [propre] terminologie dans de nombreux cas, et se cachent derrière des prétextes insensés (non solides)1. »

On comprend très clairement que cette Science du Hadith Chiite Imâmite n’était qu’une parade, son objet n’est qu’un artefact destiné à répondre aux critiques des Musulmans Sunnites, sa substance n’ayant jamais fait l’objet d’une sérieuse et conséquente remise en question.

Du jour au lendemain, l’étiquette « Faible » ou « Authentique » ou Bon » s’est vue posée, mais il ne s’agissait que de se donner un semblant de méthodologie, face à la masse Sunnite. Mais en interne on ne change rien : on perpétue la pratique des anciens (al-Mutaqaddimûn).

Ainsi, en dépit du label ou de l’étiquette « Faible » (que l’on expose bien en vue de la masse Sunnite), les savants postérieurs (al-Muta’akh-khirûn) rejetaient souvent les récits authentiques (selon la nouvelle terminologie introduite) et approuvaient les récits faibles, selon cette même terminologie.

La nouveauté est le label « introduit », mais la force d’argumentation du récit reste la même !

Conséquence de cela, comme l’explique al-Hurr al-‘Âmilî, on voit ces propres savants (al-Muta’akh-khirûn), ceux là même qui ont introduit et utilisé la nouvelle terminologie (et Science du Hadith), se baser sur des récits « Faibles » alors qu’ils écartent ou ignorent des récits « Authentiques » dont ils disposaient. Al-Hur al-’Amilî écrit :

رئيس الطائفة في كتابي الأخبار وغيره من علمائنا ، إلى وقت حدوث الاصطلاح الجديد بل بعده كثيرا ما يطرحون الأحاديث الصحيحة عند المتأخرين ويعملون بأحاديث ضعيفة على اصطلاحهم . فلولا ما ذكرناه لما صدر ذلك منهم عادة . وكثيرا ما يعتمدون على طرق ضعيفة مع تمكنهم من طرق أخرى صحيحة
« A de nombreuses occasions, Le Maitre du groupe (al-Tûssî) dans ses deux livres de traditions, et d’autres aussi parmi nos savants, jusqu’à l’apparition (l’institution) de la nouvelle terminologie et même après [cette apparition], rejetaient les récits authentiques du point de vue des contemporains (et adeptes de cette nouvelle terminologie) et œuvraient sur la base des Hadiths [considérés] faibles selon leur terminologie [nouvelle]. Et si ce n’était ce que nous avons cité, ils ne l’auraient pas fait. Et souvent ils se basaient sur des voies (chaînes de transmission) faibles alors qu’ils avaient en leur possession d’autres voies authentiques2. »

Ci-dessous, nous vous exposons un échantillon de quelques règles imaginées par les savants Chiites pour transformer un récit « Faible » et un récit « Authentique » :

a- L’utilisation d’un récit par les anciens savants (al-Mutaqaddimûn) authentifie sa chaîne
Il suffit qu’un ancien savant utilise et œuvre sur la base d’un récit pour que celui-ci devienne automatiquement « Authentique », et ceci sans aucune attention à sa chaîne de transmission, quand bien même serait-il rapporté par un Zindiq (hérétique). Al-Rûhânî dit:

إن عمل المتقدمين من الأصحاب به الذي هو الجابر لضعف السند
« Le fait que les anciens parmi nos compagnons (savants) œuvrent sur [la base du] récit, ceci répare la faiblesse de la chaîne [de ce récit]3. »

b- La non objection des anciens (al-Mutaqaddimûn) à un récit le rend authentique
Muhammed al-‘Amilî dit:

هذه الأخبار مع كثرتها سليمة من المعارض موافقة لفتوى الأصحاب فيتعين العمل بها .
« Ces récits, de par leur grand nombre sont à l’abri des objections et en accord avec les fatwas des savants, il convient donc de les appliquer4. »

Il déclare dans un autre passage :

قال : وهذه الرواية وإن كانت ضعيفة لكنها سليمة من المعارض. ولا بأس به
« Il a dit (al-Hillî): Et ce récit même s’il est faible reste cependant à l’abri de l’objection. Et il n’y a pas de mal [à l’accepter]5. »

Al-Kâdhimî va encore plus loin et selon lui il n’est plus nécessaire que les anciens utilisent le récit ou qu’ils s’y soient opposés pour qu’une chaîne Faible devienne Authentique, mais il suffit simplement qu’ils ne s’en détournèrent pas (de ce récit) ! Il écrit :

ولا نحتاج إلى إحراز عملهم به في المقام بل العبرة في الجبر هو عدم إعراضهم عنه
« Et nous n’avons pas besoin de savoir si les anciens l’appliquaient (œuvraient sur la base de celui-ci) mais l’essentiel dans la réparation [de la faiblesse de la chaîne] c’est plutôt [de savoir] qu’ils ne se détournaient pas de celui-ci (le récit)6. »

c- Le récit Faible non-délaissé devient Authentique (et le récit Authentique délaissé devient Faible)
L’Imamite Hâchim Ma’rûf al-Husseinî dit:

ومع شيوع هذا الاصطلاح بين المتأخرين وبنائهم عليه (أي اصطلاح الصحيح) فالفقهاء في مجاميعهم الفقهية لا يعتمدون على الرواية ولو كانت جامعة لشرائط الصحة حسب الاصطلاح الجديد إذا كانت مهجورة عند المتقدمين… ويعملون بالرواية الضعيفة إذا لم تكن مهجورة عند القدماء
« Et avec la propagation de cette terminologie parmi les contemporains et le fait qu’ils se basent dessus (la terminologie du Sahih), les juristes (Faqîh), dans leurs corpus de jurisprudence, ne se basaient pas sur un récit même s’il remplissait les conditions de l’authenticité selon la nouvelle terminologie si celui-ci était délaissé par les anciens…et ils appliquaient [œuvraient sur la base d’] un récit faible si celui-ci n’était pas délaissé chez les anciens7. »

d- Le récit devient Authentique s’il est compatible avec le Madh-hab (l’Ecole)
Al-Jawâhirî écrit dans son ouvrage Jawâhir al-kalâm :

والرواية وإن كانت ضعيفة إلا أنها مع أن المحكي عن ابن إدريس نفي الخلاف عن صحتها ( مناسبة للمذهب )
« Et le récit même si il est faible – sachant que ce qui est rapporté d’après Ibn Idrîs c’est la négation de la divergence quant à son authenticité – quand il concorde avec le Madh-hab8. »

Autrement dit, contrairement aux Musulmans Sunnites dont les fondements de la croyance (‘Aqida) et la jurisprudence (Fiqh) se basent sur le Hadith Authentique, chez les Imamites ce sont les Hadiths qui sont soumis à la doctrine et à la jurisprudence du Madh-hab. On invente la doctrine, la croyance et la jurisprudence et ensuite on « authentifie » les récits selon la compatibilité ou non à cette doctrine !

e- Le récit devient Authentique si son rapporteur est pardonnable
Âghâ Ridhâ al-Hamadhânî déclare :

فلا داعي لطرح الرواية وإن كانت ضعيفة بعد صحة مضمونها وكون موردها قابلا للمسامحة
« Il n’y a pas de raisons pour rejeter le récit même si celui-ci est faible alors que son contenu est authentique et que son rapporteur est pardonnable9. »

f- Le récit devient Authentique par la simple Fatwa d’un grand savant
al-Khawânsârî écrit dans Jâmi’ al-Madârik :

والرواية وإن كانت ضعيفة بحسب السند لكنها منجبرة بفتوى الأساطين ومن لا يعمل إلا بالقطعيات من الأخبار
« Et le récit, même si celui-ci est faible en raison de [la faiblesse de] sa chaîne de transmission, [et bien] il est réparable par la fatwa des grands savants et de ceux qui n’œuvrent que sur [la base] des récits sûrs et certains10. »

g- De l’Authentification selon le bon goût
Le récit faible devient authentique s’il a une certaine saveur ! Selon le Maître contemporain, sans conteste, de la science du hadith chez les Imamites l’ayatollah al-Khô’î :

. وقد ذكر هذا في جملة من الروايات وهي وإن كانت ضعيفة السند ، ولكن مفهومها موافق للذوق السليم
« Il a cité celui-ci (ce récit) parmi un ensemble d'[autres] récits. Et même si ces récits ont des chaînes faibles, leur sens demeurent en accord avec le bon goût11! »

h- Si al-Mufîd se base sur un récit faible alors ce dernier devient automatiquement Authentique
Alors qu’il se penche sur le cas d’un rapporteur connu comme menteur et escroc, et le déclare en tant que tel, al-Tustarî ne se gène pourtant pas de déclarer authentique un récit rapporté par ce dernier, et cela parce qu’al-Mufîd se basait sur ce récit ! Al-Tustarî écrit :

لكن عبارات الدعاء واعتماد المفيد عليه يصححه.
« Mais le contenu (les termes) de cette invocation [d’une part] et le fait qu’al-Mufîd se soit basé dessus (sur ce récit) [d’autre part], le rendent authentique12. »

i- De la Théorie dite « de la substitution de la chaîne »
Cette règle est sans nulle doute l’une des plus innovantes en la matière. Elle répond à un seul besoin : repêcher le plus grand nombre de récits et les faire passer du statut « Faible » au statut « Authentique », faisant fi de toute méthodologie et démarche scientifique. Il s’agit d’une opération de greffe : greffer un bout de chaîne « sain » à une autre chaîne déficiente.

Voici un exemple :

Si al-Tûssî rapporte un récit dont la chaîne est la suivante : al-Tûssî d’après A d’après B d’après C d’après D d’après l’Imam. Et que dans cette chaîne le rapporteur B est Faible ou menteur ou inconnu et que nous disposons par exemple d’une chaîne Authentique qui va d’al-Najâchî jusqu’aux ouvrages du rapporteur C, ainsi : al-Najâchî d’après X d’âpres Y d’après C. Alors on peut substituer le bout de la chaîne Faible (qui va d’al-Tussî à B) par l’autre segment de la chaîne authentique (d’al-Najachî jusqu’à Y) afin d’obtenir le résultat : al-Najâchî d’après X d’après Y d’après C d’après D d’après l’Imam !

Theorie de la substitution

Kadhim Al-Hâ’irî décrit le principe de cette théorie :

نظرية التعويض في السند : وبما أن نظرية التعويض تنفعنا في كثير من الموارد مما يمكن رفع نقص السند بها
« La théorie de substitution de la chaîne nous est utile pour nombre (beaucoup) de ressources (récits) dont nous pouvons, grâce à cette théorie, lever les imperfections/défauts de la chaîne13. »

Et il donne ensuite un exemple :

أننا نفترض أن الشيخ روى حديثا عن علي بن الحسن بن فضال ، وسند الشيخ إلى علي بن الحسن بن فضال فيه ضعف ، وللنجاشي سند تام إلى علي بن الحسن بن فضال ، فنعوض سند الشيخ بسند النجاشي
« On suppose [d’une part] que le Cheikh [al-Tûssî] a rapporté un Hadith d’après Ali Ibn al-Hassan Ibn Fudhâl, et que la chaîne jusqu’à Ali Ibn al-Hassan Ibn Fudhâl contienne un rapporteur faible et que [d’autre part] al-Najâchî possède une chaîne complète jusqu’à Ali Ibn al-Hassan Ibn Fudhâl, alors on substitue la chaîne d’al-Tûssî par la chaîne d’al-Najâchî14. »

7) Sur les auteurs des ouvrages de référence et les rapporteurs Chiites Imâmites

Nombreux sont les auteurs d’ouvrages de référence Chiites Imâmites ainsi que leurs rapporteurs à avoir été déclarés ou considérés comme Da’if (Faible), Majhûl (Inconnu), Kadh-dhab (Menteur), Fâssiq (Pervers) ou suivant des voies autres que celle du Chiisme Imâmite Duodécimain. Et malgré cela, leurs ouvrages et récits sont approuvés et servent de justification et d’argument ! Le Maître du groupe, Cheikh al-Tâ’ifah al-Tûssî écrit clairement :

كثيرا من مصنفي أصحابنا وأصحاب الأصول ينتحلون المذاهب الفاسدة ، وإن كانت كتبهم معتمدة
« Nombreux sont les auteurs, parmi nos compagnons ou parmi les auteurs des Ussûl (Fondements), qui suivaient des voies/écoles [madhâhib] égaré(e)s, et [pourtant] leurs ouvrages sont approuvés1. »

Plus encore, beaucoup de rapporteurs dans ces ouvrages étaient faibles ou inconnus. Al-Hurr al-’Amilî écrit :

ومن المعلوم – قطعا – أن الكتب التي أمروا عليهم السلام بها كان كثير من رواتها ضعفاء ومجاهيل وكثير منها مراسيل
« Et il est connu et dûment établi que les livres sur lesquels ils [les Imams] nous ont ordonné de nous baser [pour œuvrer], contiennent de nombreux rapporteurs faibles ou inconnus et [contiennent également] de nombreux [Hadith] interrompus (Marâssîl)2. »

Et concernant les rapporteurs considérés comme fiables, nombreux sont ceux qui rapportèrent d’après des rapporteurs menteurs, inconnus et faibles alors qu’ils connaissaient pertinemment leur condition (de menteurs). En dépit de cela, ils acceptaient leurs récits et attestaient même de leur authenticité ! Al-Hurr al-’Amilî écrit :

ومثله يأتي في رواية الثقات، الأجلاء – كأصحاب الإجماع، ونحوهم – عن الضعفاء والكذابين،  والمجاهيل، حيث يعلمون حالهم ويروون عنهم ويعملون بحديثهم ويشهدون بصحته
« Et de la même façon, pour les récits des [rapporteurs] fiables, al-Ajillâ’ comme les Gens du Consensus (Ashâb al-Ijmâ’)3 et d’autres – d’après les faibles, les menteurs et les inconnus, sachant qu’ils connaissent leur condition [de faibles, menteurs ou inconnus] et néanmoins rapportent d’eux, et œuvrent d’après les Hadith qu’ils rapportent et témoignent quand même de l’authenticité de ces Hadith4. »

Al-Charîf al-Murtadhâ fait ce triste constat et rejette tous les récits Chiites en déclarant que les récits rapportés dans les ouvrages des Gens (Ashab) du Hadith Chiites Imâmites ne peuvent pas être considérés comme étant des arguments ! Il écrit :

ودعنا من مصنفات أصحاب الحديث من أصحابنا ، فما في أولئك محتج ، ولا من يعرف الحجة ، ولا كتبهم موضوعة للاحتجاجات
« Et ne nous parle pas des ouvrages des gens du Hadith parmi nos compagnons, car aucun d’eux n’est un argumentateur (expert dans l’argumentation) ni ne connait l’argumentation, et leurs livres ne sont pas appropriés à l’argumentation5. »

Et cela sans compter le fait que l’axe de la « méthodologie » des savants Imamites dans leurs avis et opinions pour juger de la faiblesse ou la fiabilité des rapporteurs se basaient sur l’intuition et la conjecture (al-Dhânn) ! Le savant Imamite al-Wahîd al-Bahbahânî écrit :

والمدار في التعديل على ظنون المجتهد
« L’axe [pour juger] de l’agrément [d’un rapporteur] repose sur les conjectures (Dhanûn) du savant6. »

Alors que la doctrine Chiite interdit pourtant catégoriquement de juger et œuvrer sur la base de conjectures ! L’Ayatollah Al-Khô’î écrit :

قد ثبت بالأدلة الأربعة حرمة العمل بالظن
« Il a été prouvé par les quatre preuves  l’interdiction d’œuvrer par la conjecture (al-Dhann)7. »

Et d’ailleurs, c’est Allah Lui même qui interdit une telle façon de procéder :

۞يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا اجْتَنِبُوا كَثِيرًا مِنَ الظَّنِّ إِنَّ بَعْضَ الظَّنِّ إِثْمٌ۞

۞Ô vous qui avez cru, évitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché8.۞

۞وَمَا لَهُمْ بِهِ مِنْ عِلْمٍ إِنْ يَتَّبِعُونَ إِلَّا الظَّنَّ وَإِنَّ الظَّنَّ لَا يُغْنِي مِنَ الْحَقِّ شَيْئًا۞

۞Alors qu’ils n’en ont aucune science; ils ne suivent que la conjecture alors que la conjecture ne sert à rien contre la vérité9.۞

6) Conséquences de l’introduction de la Science du Hadith

L’application stricte des règles de la Science du Hadith nouvellement introduites aurait frappé de nullité la quasi-totalité des récits Chiites Imamites, il fallait donc « adapter » ce cadre pour qu’il puisse entrer en accord avec les croyances et le référentiel du groupe Chiite. On aboutit donc à un système totalement contradictoire et incohérent. Al-Faydh al-Kachânî décrit l’inextricabilité de la  situation et le malaise :

فإن في الجرح والتعديل وشرائطه اختلافات وتناقضات واشتباهات لا تكاد ترتفع بما تطمئن إليه النفوس كما لا يخفى على الخبير بها
« Il y a dans [la science Imamite] de la critique et de l’agrément (al-Jarh wa al-Ta’dil) et ses conditions, des différences, des contradictions et des ambiguïtés qui ne peuvent être enlevées de telle sorte que les gens puissent avoir la tranquillité d’esprit, et ceci est bien connu de l’expert1. »

Le résultat de l’application de la Science du Hadith sur les récits Chiites Imamites, si elle avait été appliquée rigoureusement, aurait pour conséquences directes d’une part le rejet de tous les récits Chiites Imamites, et d’autre part de considérer que l’ensemble de la secte (Chiite Imamite) était dans l’erreur et le fourvoiement à l’époque des Imams !

C’est ce qu’affirment clairement les savants Chiites Imamites, al-Hurr al-Amilî par exemple, l’écrit explicitement :

الاصطلاح الجديد يستلزم تخطئه جميع الطائفة المحققة في زمن الأئمة عليهم السلام ، وفي زمن الغيبة كما ذكره المحقق في أصوله
« La nouvelle terminologie implique que l’ensemble du groupe (Imamite), aussi bien à l’époque des Imams qu’à l’époque de l’occultation (du Mahdi), étaient dans l’erreur, comme cela a été cité par al-Muhaqqiq (al-Hillî) dans ses fondements (son ouvrage « Les fondements »).2« 

Quant au rejet de tous les récits Chiites Imamites, suite à l’application de ces nouvelles règles, c’est la conséquence directe de la définition même du Hadith authentique chez les Chiites Imamites. En effet, la définition du Hadith authentique pour les Chiites Imamites s’exprime ainsi :

ما اتصل سنده إلى المعصوم بنقل العدل الضابط عن مثله في جميع الطبقات
« [Un hadith authentique est] un hadith dont la chaîne de transmission est ininterrompue et remonte jusqu’à l’[Imam] Infaillible, en étant composée de rapporteurs droits (‘Adl), précis (Dhâbit) à tous les niveaux [de la chaîne de transmission].3« 

Mais voilà, le problème c’est qu’aucun de leurs premiers savants (al-Mutaqaddimun) n’a fait mention de la droiture d’un rapporteur. Pire que cela, ils ne donnaient aucune importance ni considération a cette notion. Résultat : aucun rapporteur n’a fait l’objet d’un jugement ou avis quant à sa droiture par les anciens savants. Et pourtant comme la définition l’indique, la droiture est une condition fondamentale du hadith authentique.

Le savantissime al-Majlissî écrit :

ثم اعلم أن المتأخرين من علمائنا اعتبروا في العدالة الملكة ، وهي صفة راسخة في النفس تبعث على ملازمة التقوى والمروة ، ولم أجدها في النصوص ، ولا في كلام من تقدم على العلامة من علمائنا ، ولا وجه لاعتبارها
« Et sache que les contemporains parmi nos savants ont établi que la droiture est une qualité, une caractéristique fermement établie chez l’individu et qui le pousse à rechercher la piété et la moralité [dans ses œuvres]. Et je n’ai trouvé nul texte à ce sujet [sur la notion de droiture] et nul propos de nos savants parmi ceux qui ont précédés alAllamah (Ibn Mutahar al-Hillî) et ils ne lui ont accordé aucune considération.4« 

Al-Hur al-‘Amilî confirme les propos d’al-Majlissî, il écrit :

 لم ينصوا على عدالة أحد من الرواة، إلا نادرا، وإنما نصوا على التوثيق، وهو لا يستلزم العدالة قطعا بل بينهما عموم من وجه، كما صرح به الشهيد الثاني وغيره
« Or, [les spécialistes] n’ont établi la droiture (‘Adâla) d’aucun rapporteur, sauf dans des cas rares,  ne se prononçant uniquement que sur la fiabilité (Tawthîq), laquelle n’implique en aucun cas la droiture, bien au contraire, puisqu’il y a entre les deux des points de divergence comme l’a attesté al-Chahîd al-Thânî et d’autres.5« 

Face à ce constant accablant, al-Hurr al-‘Âmili fait part des conséquences : L’application de la Science du Hadith sur les récits Chiites implique automatiquement le rejet de tous ces récits !

Il écrit en effet :

فيلزم من ذلك ضعف جميع أحاديثنا لعدم العلم بعدالة أحد منهم إلا نادرا
« Et par conséquent, il s’ensuivrait [de tout cela] que nous devrions affaiblir [classer comme faible, da’îf] tous nos Hadiths, du fait que l’on n’a que rarement connaissance de la droiture de l’un d’entre eux [rapporteurs Imamites].6« 

Yûssuf al-Bahrânî quant à lui, fait  le triste avoeu suivant :

والواجب إما الأخذ بهذه الأخبار – كما هو عليه متقدمو علمائنا الأبرار – أو تحصيل دين غير هذا الدين وشريعة أخرى غير هذه الشريعة لنقصانها وعدم تمامها لعدم الدليل على جملة من أحكامها
« Et de deux choses l’une, soit nous prenons tous ces récits [en les considérant fiables] comme l’ont fait les prédécesseurs parmi nos savants, soit nous prenons une religion (Din) autre que celle-ci [Le Chiisme Imamite] et une Voie (Chari’âh) autre que celle-ci, cela en raison de sa déficience et de son incomplétude, ainsi que de l’absence de preuves sur un ensemble de ses règles juridiques (Ahkâm).7« 

Des savants Chiites Imamites postérieurs (al-Muta’akh-khirun) ont essayé de masquer cette forfaiture en expliquant que le terme fiable désignait à la fois la droiture et la précision (al-Dhâbt). Alors que dans le même temps, ces même savants et les anciens savants (alMutaqaddimûn) n’hésitaient pas à déclarer des rapporteurs comme fiables tout en sachant qu’ils étaient pervers et mécréants ! Des caractéristiques en totale opposition à la notion de droiture !

Al-Hurr al-’Amilî pointe cette incohérence flagrante et déclare :

ودعوى بعض المتأخرين: أن الثقة بمعنى العدل، الضابط  ممنوعة، وهو مطالب بدليلها. وكيف ؟ وهم مصرحون بخلافها حيث يوثقون من يعتقدون فسقه، وكفره وفساد مذهبه
« Et la prétention de certains contemporains sur le fait que « Fiable » (Thiqa) signifierait « Droit » (‘Adl) et « Précis »[dans ce qu’il rapporte] (Dhâbit) est irrecevable et il leur incombe d’en fournir la preuve. Comment donc, alors qu’ils disent explicitement le contraire, puisqu’ils jugent [parfois] fiable quelqu’un tout en connaissant sa perversité, sa mécréance et l’hérésie de son école/ses avis.8« 

Al-Wahîd al-Bahbahânî fait le constat que pas même un centième du Fiqh Imamite ne repose sur des récits authentiques ! Pire encore, les rares hadiths authentiques existants sont contradictoires et présentent de nombreuses déficiences. Il écrit :

لا شبهة في أن عشر معشار الفقه لم يرد فيه حديث صحيح ، و القدر الذي ورد فيه الصحيح لا يخلو ذلك الصحيح من اختلالات كثيرة بحسب السند ، وبحسب المتن ، وبحسب الدلالة ، ومن جهة التعارض بينه وبين الصحيح الاخر ، أو القرآن ، أو الاجماع ، أو غيرهما
« Il ne fait aucun doute que le dixième du dixième (un centième) du Fiqh ne se base sur un hadith authentique9, et [même] le taux du Fiqh qui se baserait sur un hadith authentique ne serait pas épargné par les nombreuses déficiences : sur l’Isnad (la chaîne), sur le Matn (le texte), sur le sens, du point de vue de la contradiction vis-à -vis d’autres Hadiths authentiques ou du Coran ou du consensus (alIjma‘) ou d’autres encore.10« 

5) L’intérêt de la chaîne de transmission chez les Chiites Imamites

Comme nous avons pu le mentionner dans le chapitre précédent, la science du Hadith chez les Chiites Imamites ne fut introduite que par réaction aux critiques des Sunnites vis-à-vis de l’inexistence de la moindre méthodologie pour filtrer les récits. Quand on lit que le savantissime al-Majlissî déclare qu’il ne cite les chaines de transmission que pour imiter les anciens (dans cette pratique) et en tirer la bénédiction… L’on reste perplexe, et cela d’autant plus qu’on le voit dans le même temps faire le Tahqiq1 de l’ouvrage al-Kâfî2 ! Il déclare sans ambages  :

فكما أنّا لا نحتاج إلى سند لهذه الأُصول الأربعة، وإذا أوردنا سنداً فليس إلّا للتيمّن والتبرّك والاقتداء بسنّة السلف
« Comme nous n’avons nul besoin de nous baser sur les chaines de transmission [des récits] dans les quatres ouvrages de référence (al-Kâfî, Man la Yahduruhu al-Faqîh, al-Istibsâr et al-Tahdhîb), et si nous mentionnons ces chaînes de transmission, ce n’est que pour tirer une bénédiction, une bonne augure et suivre la sunnah (pratique) des anciens (à citer les chaines de transmission).3« 

Al-Hurr al-‘Âmilî, élève d’al-Majlissî, confirme les propos de son Maître et écrit :

والفائدة في ذكره مجرد التبرك باتصال سلسلة المخاطبة اللسانيّة ، ودفع تعيير العامة الشيعة بأن أحاديثهم غير معنعنة ، بل منقولة من أصول قدمائهم
« L’intérêt de la citer (la chaine de transmission) ne réside que dans le Tabaruk (la recherche de bénédiction) de la continuité de la chaîne de la conversation orale, et de réfuter les critiques et les railleries des Sunnites envers les Chiites qui disent que leurs Hadiths sont dépourvus de chaînes de transmission, alors qu’ils sont plutôt rapportés des Ussuls (fondements) de leur ancêtres4. »

Le grand Ayatollah al-Khô’î rapporte également les propos de son Cheikh, le grand Ayatollah Na’înî, à propos des chaînes des Hadith de l’ouvrage al-Kâfî :

وقد ذكر غير واحد من الاعلام أن روايات الكافي كلها صحيحة ولا مجال لرمي شئ منها بضعف سندها وسمعت شيخنا الأستاذ الشيخ محمد حسين النائيني قدس سره في مجلس بحثه يقول إن المناقشة في إسناد روايات الكافي حرفة العاجز
« Plus d’un savant a attesté de l’authenticité de toutes les narrations dans al-Kâfî, et il n’y a pas de place pour rejeter le moindre récit contenu dans ce livre en raison d’une faiblesse de sa chaîne de transmission. Et J’ai entendu mon maitre, le professeur, le Cheikh Muhammad Hussain al-Na’înî (qas) dire lors d’une assise : « En vérité, discuter les chaînes de transmission des narrations d’al-Kâfî est le métier de l’incompétent5. »

Al-Cha’rânî, dans son introduction de l’ouvrage d’al-Mazandarânî, affirme que la plupart des Hadiths dans Ussûl al-Kâfî (les deux premiers tomes qui traitent des fondements de la doctrine Imamite : l’Imamat, l’infaillibilité, le Mahdi…) sont faibles du point de vue de leur chaîne, mais étant donné qu’ils sont en accord avec la doctrine Imamite alors il faut les prendre tels quels sans même regarder leurs chaînes. Il écrit :

أكثر أحاديث الأصول في الكافي غير صحيحة الإسناد ومع ذلك أورده الكليني – رحمه الله – معتمدا عليها لاعتبار متونها وموافقتها للعقائد الحقة ولا ينظر في مثلها إلى الإسناد .

« La plupart des Hadiths dans Ussûl al-Kâfî ne sont pas authentiques du point de vue de leurs chaînes, et malgré cela, al-Kulaynî (ra) les a rapportés en se basant sur celles-ci, par considération pour leurs Matns (le texte du Hadith) et pour leur accord avec les croyances véridiques, et on ne regarde pas, pour ce genre [de transmission], la chaîne des rapporteurs [des récits contenus dans leurs ouvrages]6. »

Ce qui se traduit par la logique suivante : Les Chiites Imamites croient d’abord aux 12 Imams puis ils authentifient les récits suivant ce postulat (cette croyance). Ils croient d’abord que Aichâ a trompé le Prophète  puis ils authentifient les récits en accord avec cette « vérité ». Ils croient d’abord que Omar a violenté Fatima et causé la mort de son enfant puis ils authentifient les récits qui corroborent ce mythe qui est pourtant l’un des piliers de leur dogme… d’où, entre autres, l’aversion qu’ils ont pour Omar . Tout cela sans se soucier des chaînes de transmission puisque ces récits sont en accord avec leurs croyances, inventées et prédéfinies par leurs prédécesseurs. C’est le principe de poser d’abord un postulat, puis ensuite d’inventer les « preuves » et « arguments » qui le corroborent.

4) Une vaste entreprise de plagiat

Ce n’est un secret pour personne que de dire que les Imamites ont copié leur Science du Hadith à partir des ouvrages Sunnites puisque eux-même le déclarent ouvertement. Al-Hur al-Amilî dit à propos d’al-Chahîd al-Thânî (Zayn al-Din al-‘Amilî) :

وهو أول من صنف من الإمامية في دراية الحديث ، لكنه نقل الاصطلاحات من كتب العامة ، كما ذكره ولده وغيره
« Et il est le premier à avoir rédigé dans la science du hadith, mais il a copié la terminologie à partir des ouvrages Sunnites comme cela a été révélé par son fils et d’autres1. »

Al-Hurr al-Amilî confirme cette réalité dans un autre ouvrage où il écrit :

طريقة المتقدمين مباينة لطريقة العامة ، والاصطلاح الجديد موافق لاعتقاد العامة واصطلاحهم ، بل هو مأخوذ من كتبهم
« La voie des anciens est différente de celle des Sunnites et la nouvelle terminologie est en accord avec la croyance des Sunnites et leur terminologie, d’ailleurs elle est tirée de leurs ouvrages2. »

Al-Gharawî va même plus loin en avouant que toutes les disciplines du savoir religieux ont été copiées chez les Sunnites, il écrit :

أن المسائل والفروع في تصانيف الشيعة قلدوا بها أهل السنة، وأول من فعل ذلك الطوسي، حينما صنف كتاب المبسوط، والخلاف، والعدة، والتهذيبين، والنهاية وغيرها، وتبعه من جاء بعده
« Certes, les matières (sciences religieuses) et les disciplines dans les ouvrages Chiites sont des imitations [celles des] Sunnites. Al-Tûssî est le premier à l’avoir fait lorsqu’il a rédigé les livres al-Mabsût, al-Khilâf, al-‘uddat, les deux Tahdhîb, al-Nihâya et d’autres encore. Les autres (savants) qui sont venu après lui l’ont suivi3. »

Pourtant dans la doctrine Imamite il est bien connu que c’est un devoir, pour les Imamites, de se différencier des Musulmans Sunnites, en effet selon les Chiites, l’Imam Ja’far al-Sâdiq aurait dit :

عن أبي عبد الله عليه السلام قال : ما أنتم والله على شئ مما هم فيه ، ولا هم على شئ مما أنتم فيه ، فخالفوهم
D’après Abu Abdullah(as) : »Par Allah vous n’avez rien en commun avec eux et ils n’ont rien en commun avec vous, alors différenciez vous d’eux4. »

Al-Hurr al-‘Âmilî rappelle ce principe et fait part de son amertume en critiquant le fait que cette science a été dupliquée des Musulmans Sunnites et écrit :

وقد أمرنا الأئمة عليهم السلام باجتناب طريقة العامة
« Et les Imams nous ont [pourtant] ordonné de nous écarter de la voie des Sunnites (al-‘Amma)5. »

Et pour donner une idée de ce vaste plagiat (des définitions et de la terminologie), nous citerons l’exemple de Ja’far al-Sabhânî qui écrit au sujet de la définition de ‘Ilm al Rijâl :

علم يبحث فيه عن أحوال الرواة من حيث اتصافهم بشرائط قبول أخبارهم وعدمه
« C’est une science qui s’intéresse aux caractéristiques des rapporteurs en ce qui concerne leur qualification à remplir les critères d’acceptabilité de leurs récits ou non6. »

Cette définition a été copiée quasiment mot pour mot à partir des ouvrages Sunnites, al-Khatîb al-Baghdâdî écrivait il y a environ un millénaire :

علم يبحث في أحوال الرواة من حيث قبول رواياتهم أو ردها
« C’est une science qui s’intéresse aux caractéristiques des rapporteurs en ce qui concerne l’acceptabilité de leur récit ou non7. »

3) Pourquoi les Imamites se sont-ils intéressés à la science du Hadith ?

Il est bien connu que les Chiites Imamites ont commencé à investir le champs de la science du Hadith suite aux critiques formulées par les Musulmans Sunnites à leur égard, notamment la critique incisive exprimée par Ibn Taymiyya (ra) dans son ouvrage Minhâj al-Sunnah, où il réfute les allégations de Ibn Mutahir al-Hillî (son contemporain) et son livre Minhâj al-Karâma. Ibn Mutahir al-Hillî, dont nous avons vu précédemment qu’il avait été le premier à évoquer un début de classification du Hadith.

Ibn Taymiyya écrit :

و هذا علم عظيم من اعظم علوم الإسلام و لا ريب أن الرافضة اقل معرفة بهذا الباب و ليس في أهل الأهواء و البدع اجهل منهم
« Et ceci (la science du Hadith) est une science grandiose, parmi les plus grandes sciences de l’Islam, et il ne fait aucun doute que les Rafidhi (les Imamites) sont ceux qui ont le moins de connaissance dans ce domaine et il n’y a pas plus ignorant qu’eux parmi les gens de la passion et de l’innovation1. »

Et il ajoute encore:

بخلاف الرافضة فإنهم من أجهل الطوائف بالمنقول والمعقول
« À l’opposé des Rafidhites qui sont les plus ignorants en matière de transmission (des récits) et de raisonnement (logique) parmi les [autres] groupes2. »

C’est suite à ces critiques qu’Ibn Mutahir al-Hillî imitera la terminologie des Musulmans Sunnites en matière de classification du Hadith. Il classera le Hadith en quatre catégories dans son livre Muntahâ al-Matlab fî Tahqîq al-Madhhab. Le savant Imamite Haydar Hubbullah écrit :

كانت الولادة الرسمية للمصطلح الجديد، والإعلان الرسمي لتقسيم الحديث في كتاب « منتهى المطلب في تحقيق المذهب »  للعلامة الحلي
« La naissance officielle de la nouvelle terminologie et la déclaration officielle de la subdivision du Hadith apparurent dans le livre « Muntahâ al Matlab fi Tahqîq al-Madhhab’’ du savantissime al-Hillî3.

Mais il faut préciser comme nous l’avons déjà dit, que cet ouvrage d’al-Hillî est un traité de jurisprudence et non pas un ouvrage sur la Science du Hadith car comme déjà mentionné auparavant, le premier à avoir rédigé un ouvrage en la matière est al-Chahîd al-Thâni qui est venu trois siècles après al-Hillî. Et al-Hillî n’a fait qu’introduire les notions relatives à la subdivision du Hadith, notions qu’il plagia sur les Musulmans Sunnites en adaptant leurs définitions aux exigences de la doctrine Imamite (par exemple : une condition du Hadith Sahih étant que le rapporteur devait être Chiite Imamite Duodécimain). Cette innovation introduite par al-Hillî provoqua la colère de nombre de ses confrères à son encontre, à tel point qu’il a été dit à son sujet :

هدم الدين مرتين إحداهما يوم ولد العلامة الحلي الذي اخترع هذا الاصطلاح
« La religion a été démolie à deux reprises, l’une d’elles, le jour de la naissance du savantissime al-Hillî qui a inventé cette terminologie4. »

Ce qui était supposé initier une démarche scientifique pour filtrer les récits Imamites, dont un nombre considérable était forgé, ne fut en réalité qu’une tentative de rénovation de façade dont la seule et véritable motivation ne visait que la parade aux critiques et railleries des Musulmans Sunnites.
En effet, alors qu’il fut l’instigateur embryonnaire de cette démarche, al-Hillî lui-même suivait la voie des anciens, les Ikhbarites, qui ne se posaient pas de question et croyaient en l’authenticité de tous les récits rapportés dans les ouvrages de traditions imamites, notamment des quatre ouvrages majeurs5.

Al-Hurr al-‘Âmilî relève ce point :

أن أول من قرر الاصطلاح الجديد العلامة وأنه كثيرا ما يسلك مسلك المتقدمين هو وغيره من المتأخرين
« Le premier qui a introduit la nouvelle terminologie est al-‘Allamah (surnom d’al-Hillî) alors que lui-même suivait dans beaucoup de cas la voie des anciens, lui et d’autres parmi les [savants] plus récents6. »

2) L’apparition de la science du Hadith (‘Ilm al-Dirayah)

Cette science du Hadith et sa terminologie sont apparus très tôt chez les Musulmans Sunnites, mais dans la forme cela était éparpillé dans les ouvrages de Fiqh, de Hadith et autres. A l’exemple d’al-Châfi’î (d 204H) qui dans son ouvrage al-Rissâla évoque les conditions du Hadith authentique et du rapporteur faisant preuve de droiture (‘Âdil) ou évoque l’interruption (Inqitâ’) dans la chaîne de transmission, traite également du hadith Mursal ainsi que duTadlîs. Ou bien l’Imam Muslim (d 261H) dans son ouvrage al-Tamyîz ainsi que dans l’introduction de son Sahîh où il parle de la terminologie du hadith (à titre d’exemple, il évoque le cas du Hadith Munkar) ainsi que de la classification des récits et des générations des rapporteurs. Ou bien encore, al-Tirmidhî (d 279H) dans ses deux ouvrages : al-‘Ilal al Saghir et al-Jâmi’ al-Kabîr, etc…

Mais le premier qui a véritablement formalisé et posé les fondations de cette science et l’a instituée comme une science à part entière, c’est le savant al-Hassan ibn ‘Abdurahman ibn khellâd plus connu sous le nom d’al-Râmahurmuzî (d 360H), à travers son ouvrage al-Muhadith al-Fâssil bayna al-Râwî wa al-Wâ’î.
Il fut suivi en cela par :
– al-Hâkim al-Naysabûrî (d 405H) avec son livre Ma’rifat ‘Ulûm al-Hadith
– al-Khatîb al-Baghdâdî (d 463H) qui a composé plusieurs ouvrages, parmi ceux-ci on retiendra al-Kifâya fi ‘Ilm al-Riwâya
– al-Qâdhî ‘Iyyâdh (d 544H) et son livre al-‘Ilmâ’ fî Dhabt al-Riwâya wa Taqyîd al-Asmâ’
– Ibn al-Salâh (d 643H) et son ouvrage ‘Ulûm al-Hadith plus connu sous le nom de Muqadimat Ibn al-Salâh.

Par contre chez les Chiites Imamites, pour la terminologie relative à la classification du Hadith (Sahih, Hassan, Da’if) il a fallu attendre le 7ème siècle de l’hégire avec [al-Hassan] Ibn Mutahhar al-Hillî (d 726H) et son maitre Jamaluddin Ahmed ibn Tawûs (d 673H) pour qu’elle n’apparaisse.

Tandis que pour la science du Hadith, ‘Ilm al-Dirâya1, il faut atteindre le 10ème siècle (soit il y a moins de 500 ans à peine !) pour voir un savant Chiite Imamite composer un premier ouvrage en la matière ! En effet, le tout premier savant Chiite Imamite à rédiger un tel ouvrage était al-Hassan ibn Zinuddin al-‘Amilî (d 965H) plus connu sous le nom al-Chahîd al-Thânî et son ouvrage Bidâyat al-Dirâyat. Suivi par Hussein Ibn Abdussamad al-‘Amilî (d 984H) et son livre Wussûl al-Akhyâr Ila Ussûl al-Akhbâr, et de son fils Muhammed connu sous le nom al-Cheikh al-Bahâ’î et son ouvrage al-Wajîza fî ‘Ilm al-Dirâya.

Le savant Imamite Hussein al-‘Alami al-Hâ’irî écrit :

ومن المعلومات التي لا يشك فيها أحد أنه لم يصنف في دراية الحديث من علمائنا قبل الشهيد الثاني وإنما هو من علوم العامة

« Parmi les informations dont personne ne doute c’est qu’aucun de nos savants n’a rédigé [un ouvrage] dans la science du Hadith avant al Chahîd al-Thânî, mais plutôt c’est [une science] parmi les sciences [propre] à al-‘Âmah (les Sunnites)2. »

De son côté, al-Hurr al-‘Amilî (d 1104H) écrit :

 أن هذا الاصطلاح مستحدث ، في زمان العلامة ، أو شيخه ، أحمد ابن طاوس ، كما هو معلوم ، وهم معترفون به
« Cette terminologie a été inventée, comme on le sait, à l’époque d’al-Allâmah (Ibn Mutahar al-Hillî) ou à celle de son maitre Ahmed Ibn Tawûs, et eux même (les Usulites Imamites) l’admettent3. »

se connecter

s'inscrire

Reset Your Password